Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
Accueil > JOURNAL LA MÉMOIRE > 111 > Benoît XVI autorise la promulgation d’un décret concernant un miracle attribué (...)

LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

Benoît XVI autorise la promulgation d’un décret concernant un miracle attribué à Jeanne Jugan

Le samedi 6 décembre 2008, le Saint Père Benoît XVI a reçu en Audience privée Mgr. Angelo Amato, S.D.B., Préfet de la Congrégation des Causes des Saints. Au cours de l’Audience le Saint Père a autorisé la Congrégation à promulguer plusieurs décrets notamment celui concernant Jeanne Jugan :

Le besoin de vénérer des personnes dont la vie semble avoir mérité le partage de la sainteté divine est presque aussi vieux que l’Église elle-même, dès les premiers martyrs.

Jeanne Jugan, le « vœu d’hospitalité » au service des pauvres

Le Vatican reconnaît un deuxième miracle attribué à l’intercession de la bienheureuse Jeanne Jugan, qui a ajouté le « vœu d’hospitalité » à celui d’obéissance de chasteté et de pauvreté.

Un premier miracle avait été reconnu en 1982, avant sa béatification par le Pape Jean-Paul II et Benoît XVI a autorisé ce samedi 6 décembre la publication d’un décret de la Congrégation pour les causes des saints reconnaissant un second miracle.

« Soyez petites, bien petites, aimait-elle dire à ses sœurs. Gardez l’esprit d’humilité et de simplicité ! Si nous venions à nous croire quelque chose, nous tomberions... C’est si beau de tout attendre du Bon Dieu ».

Sœur Marie de la Croix, son nom de religion, exprime sa volonté de demeurer plongée dans le mystère du Christ Rédempteur.

Lettre de la Bienheureuse Jeanne Jugan

Les Petites Sœurs des Pauvres travaillent à Bruxelles depuis 150 ans.

Leur vocation : aider les personnes âgées à terminer leur vie dans un esprit familial. Les Petites Sœurs des Pauvres travaillent à Bruxelles depuis tout juste 150 ans.

Installées à la rue Haute dans les Marolles, elles tiennent une maison de retraite pour les plus démunis. « Ceux qui le peuvent payent 25 euro par jour. Mais nous vivons surtout des dons », explique la Mère supérieure.

Si dans le passé, la maison accueillait 200 seniors, logés dans des dortoirs, le lieu s’est aujourd’hui modernisé : « Les habitants ont chacun leur chambre et leurs sanitaires. Nous avons également l’aide de laïcs afin de servir à table, soigner, organiser les activités ». Pour s’occuper des 96 pensionnaires, âgés de 66 à 99 ans, vingt-cinq sœurs travaillent et prient à la rue Haute. « Elles viennent de partout : Chine, Hongrie, Espagne..., raconte la Mère supérieure. En Belgique, il y a peu de jeunes qui s’engagent, contrairement à d’autres pays comme la Corée. Ce sont donc des sœurs étrangères qui viennent chez nous ».

Le 24 avril 2009, les Petites Sœurs des Pauvres fêteront leurs 150 ans. Un âge respectable pour une œuvre fondée par Jeanne Jugan. Un soir de l’hiver 1839, celle-ci ouvrit sa porte à une vieille femme aveugle et à moitié paralysée.


L’importance de la renommée de sainteté

(Par le Pape Benoît XVI)

... Le martyre, don de l’Esprit et patrimoine de l’Église de toute époque (cf. Lumen gentium, 42).

Le vénéré Pontife Jean-Paul II, dans sa Lettre apostolique « Tertio millennio adveniente », a observé que, l’Église étant devenue une nouvelle fois une Église des martyrs, « autant que possible, leurs témoignages... ne doivent pas être perdus (n. 37) (6).

Les martyrs d’hier et ceux de notre temps ont donné leur vie (effusio sanguinis [sang versé] librement et consciemment, dans un suprême acte de charité, pour témoigner de leur fidélité à l’Église, à l’Évangile, à l’Église. Si le motif qui pousse au martyre reste inchangé, car il a dans le Christ sa source et son modèle, au contraire ont changé les contextes culturels du martyre et les stratégies « ex parte persecutoris » [de la part du persécuteur], qui cherche toujours moins à mettre explicitement en évidence son aversion pour la foi chrétienne ou pour un comportement en lien avec les vertus chrétiennes, mais simule différentes raisons, par exemple de nature politique ou sociale.

Il est, certes, nécessaire d’arriver à trouver des preuves irréfutables de la disponibilité au martyre, comme effusion du sang, et sur son acceptation de la part de la victime, mais il est par ailleurs nécessaire que paraisse directement ou indirectement, mais toujours d’une manière moralement certaine, l’« odium fidei » [la haine de la foi] du persécuteur.

Si cet élément fait défaut, on n’aura pas un vrai martyr selon la doctrine pérenne, théologique, et juridique, de l’Église. Le concept de « martyr », rapporté aux Saints et aux Bienheureux martyrs, doit être compris, conformément à l’enseignement de Benoît XIV, comme « voluntaria mortis perpessio sive tolerantia propter Fidem Christi, vel alium virtutis actum in Deum relatum » (De Servorum Dei beatificatione et Beatorum canonizazione, Prato 1839-1841, Livre III, ch. 11. 1) [action d’endurer volontairement la mort ou constance à la supporter à cause de la foi dans le Christ, ou d’un autre acte de vertu se rapportant à Dieu]. C’est là l’enseignement constant de l’Église.

Les sujets à l’étude de votre Session plénière sont sans aucun doute de grand intérêt et les réflexions, avec les éventuelles propositions qui en sortiront, offriront un précieux apport à la poursuite des objectifs indiqués par Jean-Paul II dans la Constitution apostolique « Divinus perfectionis Magister », où il affirme : « Il nous a semblé très opportun de réviser encore la procédure d’instruction et de réorganiser cette Congrégation pour les Causes des Saints afin de répondre aux exigences des savants et aux désirs de nos Frères dans l’épiscopat qui ont plusieurs fois demandé que soit allégée la procédure, tout en conservant la solidité des enquêtes dans un domaine si important

Nous pensons aussi, à la lumière de l’enseignement sur la collégialité du Concile Vatican II, qu’il convient vraiment d’associer davantage les évêques au Siège apostolique pour l’étude des Causes des Saints ». En cohérence avec ces indications, après avoir été élu au Siège de Pierre, j’ai volontiers acquiescé au souhait assez répandu que l’on souligne davantage, dans les modalités de célébration, la différence substantielle entre béatification et canonisation, et que, dans les rites de béatification, les Églises particulières soient plus visiblement impliquées, restant ferme qu’il appartient au seul Pontife romain de concéder le culte d’un Serviteur de Dieu.


 
 
 
Haut de page