Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

« Le cheminement de sainteté, la page d’évangile écrite par le Cardinal Biayenda doit interpeller chacun de nous »

Déclare Mgr Laurent Mossengwo Passinya, nouvel Archevêque de Kinshasa

Le jeudi 10 janvier dernier, quelques jours avant la prise de possession canonique de son nouveau siège, Mgr Laurent Mossengwo Passinya est venu rendre une visite de courtoisie à son frère, Mgr Anatole Milandou, Archevêque de Brazzaville. L’Archevêque de Kinshasa, qui était rejoint par Mgr Louis Portella Mbuyu, était porteur des lettres d’invitation à la cérémonie qui aura lieu le 2 février prochain à Kinshasa.
A la fin de leur rencontre, l’hôte de marque s’est prêté à nos questions.

Monseigneur Laurent Mossengo Passinya

La Mémoire BIAYENDA : Père Évêque, vous venez d’effectuer une visite de courtoisie auprès de Mgr l’Archevêque de Brazzaville, qui avait à ses côtés le Président de la Conférence Épiscopale du Congo, peut-on connaître le motif de cette visite ?

Monseigneur Laurent Mossengo Passinya : Tout d’abord, je tiens à vous signaler que je viens régulièrement à Brazzaville, parce que nous sommes dans l’Église Catholique des frères et les Évêques du Congo sont la plupart mes amis. Mgr Anatole Milandou, c’est lui que j’ai connu le premier parmi tous les autres évêques. C’est toujours un plaisir de venir étant donné que le 2 février prochain, je prendrai possession canonique de l’Archidiocèse de Kinshasa, je suis venu leur porter mon invitation et essayer de m’enquérir de leur avis, s’ils avaient l’intention de venir à ladite cérémonie. Je suis heureux d’apprendre de vive voix qu’ils ont l’intention de venir, ceci pour manifester la communion ecclésiale et manifester la fraternité sacramentelle entre les évêques.

La M.B. : Effectivement, il y a quelques jours, vous venez d’être nommé par le Saint Père, nouvel Archevêque de Kinshasa. Peut-on avoir vos sentiments avant même votre prise de possession canonique ?

Mgr L.M.P. : Je dois vous dire comme sentiments, dès que le Saint Siège me l’a annoncé, je me trouvais à Rome, en tout cas cela vous ébranle que vous le vouliez ou non. Pourquoi ? Mais parce que Kinshasa compte près de huit millions d’habitants et être évêque d’une telle ville et d’un tel diocèse, c’est avoir sur soi la responsabilité spirituelle du salut éternel de près de huit millions de personnes. Quand on pèse cela, tel que cela est en réalité, on ne peut qu’être ébranlé. Mais après avoir prié, après avoir réfléchi longuement sur ce que cette mission peut représenter, je me suis rasséréné par ce que je ne serais pas seul appelé à accomplir cette mission, car il y a trois évêques auxiliaires, il y a des prêtres diocésains et missionnaires, il y a des religieux et religieuses, il y a des bakambis et puis il y a toute une tradition dans notre pays et dans l’Archidiocèse de Kinshasa à partir de son synode qui fait que le travail est en train de se faire et on continue quelque chose qui a été déjà fait et pour peu que l’on soit un peu sage et que l’on ne bouscule pas tout, même si l’on doit renouveler certaines choses. On ne peut qu’être confiant d’autant que cette mission n’est pas la mienne, c’est la mission de Jésus-Christ. Il est suffisamment puissant pour nous aider et nous donner les énergies spirituelles et physiques pour accomplir ce travail.

La M.B. : Comme on le dit souvent, Kinshasa et Brazzaville sont les deux villes capitales les plus rapprochées du monde. Que peut attendre l’Église Catholique qui est au Congo-Brazzaville de vous, surtout que l’on sait, votre prédécesseur a été de beaucoup dans la constitution du dossier pour la Cause de Béatification et de Canonisation du Cardinal Émile Biayenda ?

Mgr L.M.P. : Non, je crois que nos deux Églises sœurs ne peuvent que travailler ensemble. On se connaît, il y a deux conférences épiscopales et beaucoup de problèmes qui se passent à Kinshasa ont un impact sur Brazzaville et inversement. Le dialogue entre nous, la volonté de travailler ensemble peut nous aider tous à aller de l’avant et à évangéliser conjointement nos deux peuples pour que la lumière de l’Évangile puisse briller sur nos deux pays.

La M.B. : Père Évêque, avez-vous connu le Cardinal Émile Biayenda, si oui que retenez-vous des circonstances de votre première rencontre, et quel souvenir gardez-vous de lui ?

Mgr L.M.P. : J’ai connu le Cardinal Émile Biayenda à la 3e Assemblée plénière des Évêques du Synode de 1974 à Rome. Il était là pour le compte de la Conférence Épiscopale du Congo et moi j’y ai été comme expert nommé par le Saint Père à cette assemblée. Je l’ai connu dans nos rencontres de S.C.E.A.M.

Parce que nous y allions tous. Il m’a fait l’impression d’un homme très spirituel, un homme engagé pastoralement et d’un homme qui avait la volonté de faire avancer, ce que nous appelons actuellement beaucoup mieux qu’à l’époque, « l’inculturation » du message de la foi.

Malheureusement après, je ne l’ai plus revu. Je dois vous dire que je suis à Brazzaville la première fois, lors de l’installation de Mgr Barthélemy Batantu. Avant, je ne connaissais pas Brazzaville et je n’ai pas pu revoir le Cardinal Biayenda, Mais, il m’avait fait l’impression d’un grand pasteur.

La M.B. : En ce moment l’Église du Congo-Brazzaville célèbre une Année Sainte en souvenir de leur vénéré pasteur, le bon Cardinal Émile Biayenda, quel message pourriez-vous leur transmettre ?

Mgr L.M.P. : Je crois savoir que la Cause de Béatification et de Canonisation du Cardinal Biayenda est en cours. Or, quand il y a une cause de ce genre, cela devra nous rappeler que nous sommes un peuple qui est appelé à la sainteté, comme Saint Paul l’appelle dans l’épître aux Romains, chapitre 1 verset 7 : « Nous sommes des saints par vocation ». Donc, le fait qu’il y ait cette année sainte qui nous rappelle le cheminement de sainteté, la page d’évangile écrite par le Cardinal Biayenda doit interpeller chacun de nous et celle-ci nous dit : nous aussi sommes appelés à la sainteté et que nous devons être une lumière qui reflète la lumière de Jésus-Christ dans la société et nous devons être le sel de la terre comme le Seigneur nous l’a demandé, c’est-à-dire, une communauté qui empêche la société humaine de se corrompre. C’est donc réellement une interpellation qui est vigoureuse pour chacun de nous et nous devons la prendre très au sérieux.

La M.B. : Votre dernier mot Mgr ?

Mgr L.M.P. : Mon dernier message va à l’endroit de tout le monde. Ceux qui veulent venir à mon installation à Kinshasa, les membres de ma famille, les amis qui sont ici à Brazzaville, sont tous invités, avec les Évêques et nous seront heureux de manifester ensemble notre foi et que tous ensemble, nous allons nous engager pour porter toujours plus avant les valeurs évangéliques dans nos deux pays et dans nos deux Églises.

Propos recueillis par
Grégoire YENGO-DIATSANA

 


 
 
 
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