Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville

LA MÉMOIRE BIAYENDA

NEUVAINE MARS 2020

mardi 17 mars 2020

Conseil de Coordination pour la Cause de Béatification et de Canonisation du Cardinal Émile Biayenda

Thème :

Émile Cardinal Biayenda et les béatitudes : une vie donnée.

Neuvaine préparatoire à la célébration du 43ème anniversaire de la mort du Cardinal Émile Biayenda.

Neuvaine dédiée au Seigneur pour la Cause du Bon Cardinal Émile Biayenda DU VENDREDI13 AU SAMEDI 21 MARS 2020


Canevas de la neuvaine

- Chant de rassemblement

- Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

- Introduction de la neuvaine (par le prêtre ou le diacre)

- Prière pénitentielle suivie du kyrie et de l’absolution

- Lecture du témoignage de Mgr Barthélemy BATANTU

- Chant de méditation : « Je crois en toi Mon Dieu »

- Acclamation de l’Évangile (texte du jour suivi d’un bref commentaire)

- Prière universelle (3 intentions)

- Déroulement du Chapelet avec les mystères du jour :

- Quête (A transmettre pour la Cause du Cardinal)

- Annonces

- Prière de béatification et de canonisation du Cardinal Émile Biayenda

- Bénédiction par le prêtre

- Chant de sortie

 


Heureux, dans la surprenante conclusion des béatitudes !

Frères et sœurs,

La neuvaine préparatoire à la célébration du 43ème anniversaire de la mort de notre pasteur, Cardinal Émile Biayenda, se déroulera comme d’habitude du 13 au 21 mars 2020. Le thème retenu par le Secrétariat du Conseil de Coordination de la Cause de béatification et de canonisation du Cardinal Émile Biayenda : « Émile Cardinal Biayenda et les béatitudes : une vie donnée » s’associe à la richesse de celui de cette année pastorale de l’Archidiocèse de Brazzaville, pour nous présenter cette interpelante unité : chrétiens du Congo, comment vis-tu les béatitudes ?

La notion du bonheur, ici condensée par le terme « heureux », fait partie des aspirations fondamentales et des finalités les plus nobles de notre humanité. Pour sa réalisation, tant d’actions sont entreprises. Du politique au social, en passant par l’économique et le religieux, notre combat est visible et concret pour atteindre et vivre cette noble condition de vie.

Face à cette recherche effrénée, il ne serait pas superfétatoire d’ouvrir nos yeux pour reconnaître la présence de nos antivaleurs, sur le chemin de la réalisation de ce bonheur : injustices, crimes, infidélités, vols, viols, détournements de deniers, campagnes de dénigrement et autres méfaits, constituent le misérable cortège de notre manque d’humanité, dans notre course vers un certain genre de bonheur.

C’est à ce niveau que nous rejoint la lumière de l’enseignement du Seigneur. Les béatitudes, en effet, telle une carte d’identité retraçant l’agir du chrétien, constituent une interpellation vibrante. En les méditant au cours de cette neuvaine, avec le Cardinal Émile Biayenda, quelle n’est pas notre joie, celle d’être fortifiés par la force du témoignage que lui rend son successeur, Monseigneur Barthélémy Batantou ! Une façon de nous introduire dans la logique du renouvellement de nos motivations humaines, chrétiennes et spirituelles, pour réellement être heureux, non selon nos égoïsmes corrosifs et primaires, mais concrètement selon les intentions du cœur de Dieu.

Oui, le bonheur authentique et vrai sera au rendez-vous de notre histoire si, redynamisant notre grâce baptismale, avec l’aide de l’Esprit, nous vivons nouvellement le contenu de cette forme de présence au monde, prolongeant notre méditation et notre réflexion personnelle et communautaire :

La récompense du Cardinal Émile Biayenda ne diffère pas de celle que le Seigneur nous réserve, car comme lui, nous sommes destinés à la sainteté de vie, avec ou sans canonisation. Que changent alors notre langage et notre agir. Aidés et encouragés par l’esprit des béatitudes et le bon usage qu’en a fait notre pasteur, nous pourrons faire du Congo et partant, du monde, une nouvelle page d’évangile, au service des valeurs sacro-saintes du Règne de Dieu. C’est possible et cela commence par ta, notre détermination de vie et de foi.

Bonne dévotion et union de prière à tous !

Abbé kelly Michael Milongo

 


PREMIER JOUR

Vendredi 13 mars 2020

Introduction

Heureux les pauvres en esprit car le royaume des cieux est à eux :

Notre esprit a-t-il encore ces dispositions de pauvreté et d’humilité, au cœur de ce monde où chacun veut faire ressentir sa valeur et son autorité ? Cupidité, violence, vengeance, ne sont-ils pas, parmi tant d’autres appétits de la chair, nos épées de chevet ?

En ouvrant notre neuvaine, frères et sœurs, recueillons-nous en nous reconnaissant pécheurs ?

Témoignage de Mgr Barthélemy BATANTU

Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux.

Chers frères et sœurs,

Notre bien-aimé, le Cardinal Émile Biayenda, de son vivant, n’a pas accumulé des richesses. Mais, il savait plutôt partager le peu qu’il possédait. De même, il ne s’est pas laissé griser par les honneurs d’un si haut rang : le Cardinalat.

Paraphrasant, le Cardinal Agré, nous disons avec lui : «  Émile Biayenda, tu avais tout de grand leader. Personne ne s’est donc étonné, parmi tes amis Émile, tu avais tout du grand leader… Personne ne s’est donc étonné, parmi ses amis de te voir nommé évêque puis Cardinal de la Sainte Église. La pourpre cardinalice t’a trouvé égal à toi-même.

Cette haute distinction ne t’a pas élevé de barrières entre toi et tes amitiés. Victime de ton dévouement aux grandes causes de ton peuple. A peine nous en croyions nos oreilles, tant atroce était la réalité ».

 


DEUXIÈME JOUR

Samedi 14 mars 2020

Introduction

Heureux les doux, car ils auront la terre en héritage  :

La violence a-t-elle une couronne ou une distinction d’honneur ? Ceux qui incarnent la douceur ne sont-ils pas les plus nobles et les plus grands ? Face aux multiples richesses de la terre, nos propres réactions de guerre, de violence, de destruction et de manipulation ne nous aveuglent-elles pas ?. L’histoire ne couronne pas les tyrans, les violents et les malfaiteurs.

Témoignage de Mgr Barthélemy BATANTU

Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.

Mes bien-aimés,

Émile Biayenda, était doux au sens plein du terme. Dans son langage, il ne froissait et ne jugeait personne ; il était conciliant avec tout le monde.

Un exemple palpable, lorsque nous étions encore tout jeunes séminaristes de Mbamou, l’établissement avait une équipe de football avec comme gardien de but, Antoine Létembet-Ambily (d’heureuse mémoire) et bien d’autres. Tous les matchs livrés étaient remportés sans problèmes. Mais, un jour notre équipe du petit séminaire est allée jouer à Kinkala, et à la fi n de la rencontre, le Père Directeur refusa au chauffeur de venir nous chercher. Les encadreurs nous demandèrent donc de regagner Mbamou à pied. Très furieux, nous étions tous. Mais le jeune Émile Biayenda de nous dire : « Mes chers frères, peut-être, c’est pour notre éducation que le Père Directeur s’est comporté ainsi ». Tout le monde le regardait sans mot dire. « N’est-ce pas belle morale aux amis ».

 


TROISIÈME JOUR

Dimanche 15 mars 2020

Introduction

Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés  :
Avons-nous encore le sens des vraies larmes causées par notre désir et notre soif de conversion ? Pour quelles réalités pleurons-nous aujourd’hui ? Quand devant les situations qui devraient interpeller nos cœurs, nous manifestons notre animosité et notre indifférence ?

Témoignage de Mgr Barthélemy BATANTU

Heureux les affligés, car ils seront consolés.

Mes très chers frères et sœurs,

Émile Biayenda que nous aimons appeler affectueusement le bon Cardinal a pleuré, non pas à cause des souffrances qu’on lui a infligées de février à mars 1965, mais, il compatissait avec ceux qui souffraient, connaissant ce qu’est effectivement la souffrance. Il partageait les peines des gens pour mieux les aider à les supporter, surtout les veuves et les orphelins à qui la société a toujours fait subir toutes les vicissitudes du monde.

Après sa mort, plusieurs témoignages furent envoyés de la part de ses amis ou connaissances, des prêtres missionnaires. Tous ont été unanimes de dire : « Émile Biayenda, nous l’aimions à cause de sa douceur, sa bonté, sa simplicité, son humilité, sa foi toute simple, sa piété, sa discrétion, son respect, son écoute, sa charité, sa fermeté, sa patience, son attention à l’autre, son union profonde avec son Seigneur, bref toutes les vertus qui rendent une personne bonne, aimante et attirante ».

 


QUATRIÈME JOUR

Lundi 16 mars 2020

Introduction :

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés  :

La justice ne consiste pas dans l’imposition de la logique du plus fort ou de celui qui a l’autorité, faisant du droit un instrument utilisé par les puissants pour assujettir les plus faibles (Thrasymaque). Rendant à chacun son dû, elle est aussi une valeur à laquelle nous devons tous participer dans la fi délité à l’accomplissement de notre devoir.

Témoignage de Mgr Barthélemy BATANTU

Heureux les affamés et assoiffés de la justice, car ils seront rassasiés.

Peuple de Dieu,

Émile Biayenda, notre archevêque de 1970 à 1977 avait faim et soif de la justice. Il se conformait à tout ce que le Seigneur attendait de lui ; à compatir et lutter en faveur de tous ceux qui subissent des injustices. Voilà pourquoi, il accepta la sollicitation des religieuses de Saint Joseph de Cluny, pour les accompagner le 18 mars 1977, voir le président de la République (pour qu’une solution définitive soit trouvée sur le terrain des sœurs de Javouhey, convoité par l’Armée Populaire Nationale).

Ce dernier les reçoit de 13h00 à 13h30, heures à laquelle, le Cardinal quitta l’État-major.

Affamé et assoiffé des causes justes, le Cardinal Émile Biayenda a aussi prêché la Bonne Nouvelle de l’unité du pays en partant par l’unité des foyers et des familles, l’unité des confessions religieuses chrétiennes. Il s’activa à affermir la communion des ouvriers apostoliques du Congo, missionnaires et autochtones, la collaboration apostolique dans la sous-région d’Afrique Centrale, la communion entre l’Église locale du Congo et l’Église universelle.

Il se fit le défenseur infatigable de la place des chrétiens dans la société congolaise et son développement ; de l’éducation de la jeunesse aux valeurs évangéliques et humanistes dans une société congolaise aux prises avec la modernité et le communisme. Il mena un combat courageux pour l’intégrité de la doctrine chrétienne, par une pastorale ouverte aux réalités du moment, une évangélisation de proximité et de sincère inculturation, une approche attentive du monde des intellectuels par le Centre d’Études et de Recherches Chrétiennes et le maintien de l’évangélisation par les mass-médias (La Semaine, les émissions radiodiffusées, etc.).

Il subit aussi le conflit, la violence et la mort pour son combat en faveur de la justice sociale, des droits de l’homme, des handicapés, des vieilles personnes, des veuves et des orphelins.

Il a promu un dialogue franc et sans compromis entre les États de l’Afrique Centrale, notamment pour les réfugiés Cabindais.

Il se fit le serviteur obéissant, doux et humble, d’une Église au service des personnes et des pays.

 


CINQUIÈME JOUR

Mardi 17 mars 2020

Introduction :

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde  :

Où et comment pratiquer la miséricorde sinon dans la vie et la personne du prochain, en qui le Seigneur se rend présent et visible. Aujourd’hui les antivaleurs telles la haine, la vengeance et l’injustice, prévalent à la place de la justice et du pardon dans l’agir des gens. Notre foi chrétienne nous exhorte à être les artisans des œuvres de miséricorde (Mt 25).

Témoignage de Mgr Barthélemy BATANTU

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde : Avant de subir la mort, Émile Cardinal Biayenda a pardonné à ceux qui l’ont assassiné dans la nuit du 21 au 22 mars 1977. « Père pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (silence).

Le phénomène des mains du Cardinal Biayenda, décrit lors de ses obsèques par l’abbé Michel Kouaya-Kombo, avait touché tant de personnes, suite à cette présence paisible du Cardinal. Au cimetière d’Itatolo, durant l’exhumation jusqu’à la morgue de l’Hôpital Général, le Cardinal a continué de serrer sa croix pectorale avec la main gauche, tandis que la main droite ouverte s’est, chaque fois, relevée pour bénir et demander aux chrétiens du Nord, du Centre et du Sud de faire la paix avec tout le monde.

Oui ! J’abonde dans le même sens que les paroles du Cardinal Bernard Agré, qui affirmait qu’Émile Cardinal Biayenda était vraiment un homme de Dieu au sens réel du terme.

Son martyre n’a pas été vain, il est une semence de chrétiens, un stimulant irrésistible pour ses compatriotes que nous sommes, accablés, pour que nous tenions debout.

Pour les générations d’aujourd’hui et de demain, le Cardinal Émile Biayenda est, et sera un modèle qui ne laisse personne indifférent. Sa vie et sa mort poussent et pousseront notre pays, pourquoi pas notre Afrique, en avant dans le sens du bien et de la sérénité.

 


SIXIÈME JOUR

Mercredi 18 mars 2020

Introduction :

Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu  :

La purification de nos cœurs s’opère dans la recherche de « la paix avec tous et la sanctification, sans laquelle personne ne verra Dieu » ( Héb 12, 14). Sur ce chemin de rencontre, le Seigneur nous donne ses sacrements surtout l’Eucharistie, Célébration par excellence de la Communion avec Dieu et les autres membres du corps du Christ, l’Église. C’est en vous approchant de lui, pierre vivante... que vous aussi êtes édifiés en maison spirituelle (1 Pierre 2,4).

Témoignage de Mgr Barthélemy BATANTU

Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

Le Cardinal Émile Biayenda avait un cœur pur. Il savait vivre pleinement la droiture et la chasteté. Très calme, sans réaction apparente. C’est vraiment un modèle. Le témoignage du pape Jean Paul II à Brazzaville le 5 mai 1980, en dit long : « Dans l’histoire du Congo se sont dressés déjà des témoins fidèles, fidèles à leur Dieu, fidèles au message évangélique, fidèles à l’Église universelle et à l’enseignement du Pape. Je veux rendre grâce aussi pour eux tous, et spécialement pour l’exemple laissé par le cher et vénéré Cardinal Émile Biayenda. Sa disparition tragique vous a fait pleurer un père. J’ai pleuré moi-même un frère très aimé. Je viens le pleurer et prier ici, sur sa tombe, au milieu de vous, avec vous, sûr que si le Christ a désiré qu’il fût désormais auprès de lui, c’est que sa place était prête pour l’éternité, et qu’il peut ainsi mieux encore intercéder pour vous et pour sa patrie. En ce sens, son ministère pastoral se poursuit à votre service. Béni sois-tu, Seigneur, de nous avoir donné ce Pasteur, ce fils de la Nation Congolaise et de l’Église, le Cardinal Biayenda !  »

 


SEPTIÈME JOUR

Jeudi 19 mars 2020

Introduction :

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu  :

C’est dans notre combat au quotidien, pour le triomphe de la sacralité et de l’inviolabilité de la dignité humaine, pour le triomphe de la paix véritable, que se confirme notre identité de fils de Dieu. Cette paix n’est pas le fruit du silence des armes, mais le don par excellence de la présence du Christ au milieu de nous, Lui qui transforme nos champs de bataille en terres fertiles de fraternité sans frontières.

Témoignage de Mgr Barthélemy BATANTU

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

Durant toute sa vie de prêtre, Émile Biayenda a œuvré pour la paix. Ses Différentes homélies, ses interventions multiples ont servi à prôner l’amour du prochain.

Peu avant sa mort, Émile Cardinal Biayenda se réunit avec les autres membres du Conseil œcuménique des églises chrétiennes du Congo. Au cours de cette rencontre du 22 mars 1977, travaillant à la rédaction d’un message de condoléances adressé au Comité Militaire du Parti (CMP), à l’occasion du décès du président de la République, le commandant Marien Ngouabi, le Cardinal écrivait entre-autres :

« A tous nos frères croyants, du nord, du centre et du sud, en mémoire du président Marien Ngouabi, nous demandons beaucoup de calme, de fraternité et de confiance en Dieu, Père de toutes races et de toutes tribus, afin qu’aucun geste déraisonnable ne puisse compromettre un climat de paix que nous souhaitons tous ».

La paix du Christ est le message de notre Cardinal. De cette paix intérieure, vraie, dense, prend naissance la fraternité entre les hommes, l’unité entre nous, la concorde et la tolérance.

Animé par cette paix de l’Esprit du Christ, comprenez-vous pourquoi Monseigneur Biayenda était un pasteur accueillant, disponible et aimant ?

Dans les moments obscurs de sa vie, il sut dire, dans sa simplicité : « Seigneur Jésus, reste avec moi, reste avec nous, car il se fait tard ». Il savait que la vraie rupture dramatique de l’homme n’est pas sa mort physique mais sa séparation de l’amour du Christ. Il sut vivre cette confiance totale dans le danger, dans la persécution, dans l’angoisse.

 


HUITIÈME JOUR

Vendredi 20 mars 2020

Introduction :

Heureux les persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux  :

Ceux qui contredisent et étouffent la justice pensent avoir triomphé au cœur de ce monde qui passe. Au contraire, le Seigneur oppose son temps aux calculs du cœur de l’homme. Par fi délité à sa loi, tant d’hommes et de femmes ont accepté de donner totalement leur vie, même jusqu’à en mourir. Hier comme aujourd’hui, le Seigneur se fait proche de ceux et celles qui œuvrent sincèrement pour l’avènement des cieux nouveaux et d’une terre nouvelle (Ap.21). Le Cardinal Émile Biayenda, y trouve sa place et sa figure interpelle nos élans de foi et d’action.

Témoignage de Mgr Barthélemy BATANTU

Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux.

Émile Cardinal Biayenda, a souffert dans sa chair. Cette souffrance que les chrétiens et les hommes de bonne volonté doivent apprendre à endurer à la suite du Christ, comme lui.

Encore jeune séminariste, il a été persécuté par les siens. Voici ce qu’il écrit de sa main à sa sœur cadette Françoise : « Dès que tu m’avais révélé que tu te sentais appelée à la vie religieuse, tu avais dû remarquer que je suis resté un moment silencieux avant de te répondre : je bénissais le Bon Dieu de cette grâce insigne car j’ai toujours demandé à la sainte Vierge de faire de toi ce qui lui était bon, et me représentant aussitôt la famille et leurs oppositions. Je me consolais en cette pensée de St Paul qui dit : " je peux tout en celui me fortifie" ».

Pendant son séjour au grand Séminaire Régional Libermann, Émile va traîner cette profonde souffrance et subir les coups de colère des siens, à cause de la vocation à la vie religieuse de sa sœur cadette ; benjamine et unique fille des enfants de Tâ Semo et de Mâ Biyela, Lozi Marie Françoise. « Tout en te recommandant la fi délité à la voix de ton cœur », écrit-il à sa sœur cadette, « je ne t’ai point caché la somme des difficultés que cela représentait » et tu m’as répondu : « tu ne le céderais en rien si vraiment c’est l’appel de Dieu ». Ce de quoi tu as fait montre jusqu’ici.

En dehors de cet extrait de courrier, le Cardinal Émile Biayenda aussi vécut dans sa chair et dans son âme tous les outrages, les persécutions et les fausses accusations, dans la période qui a suivi le 18 mars 1977.

 


NEUVIÈME JOUR

Samedi 21 mars 2020

Introduction :

Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux  :

Avec le Cardinal Émile Biayenda, nous embrassons la surprenante conclusion des béatitudes, qui nous résume le bonheur selon le cœur de Dieu. En nous dépouillant de tout, cette conclusion nous invite à la mystique de l’abaissement et de l’oubli de nous-mêmes, dans notre lutte pour l’instauration et l’incarnation du Règne de Dieu :

Témoignage de Mgr Barthélemy BATANTU

Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

Émile Cardinal Biayenda a connu cela. Il a beaucoup souffert particulièrement du comportement de ses confrères dans le sacerdoce. Le plus frappant c’est la calomnie dont il avait été l’objet pendant la période transitoire après la démission de Mgr Jean-Baptiste Forret, évêque de Pointe-Noire.

En raison de son état de santé, Mgr Jean-Baptiste Fauret avait obtenu sa démission en octobre 1974. Depuis le 28 octobre, voire un peu avant, le Père Guy Pannier assurait l’administration du diocèse, en attendant la nomination d’un nouvel évêque pour Pointe-Noire. Durant cette période d’attente, des propos très calomnieux envers l’Archevêque de Brazzaville et son Vicaire général.

Son cahier-journal en porte la cicatrice : « Nous en sommes navrés, car nous y sommes calomniés, l’Abbé Louis et moi ». Le Cardinal Biayenda ne répondra jamais à cette agitation, mais il acceptera que son Vicaire Général le fasse officiellement par écrit. M. l’Abbé Louis Badila s’y mit avec l’intelligence et la magie du verbe qu’on lui reconnaissait. La conclusion en appelle à la prière, la patience, et la fraternité dans le Christ : « Dans l’histoire des nominations épiscopales, on a vu des candidats se porter des coups... mais les ambitions et les passions gisent dans tous les cœurs humains. Faites taire vos oppositions. Mais attendons tous, dans la prière, la patience, l’avènement du Christ et le choix du Saint Père  ».

 


Chant de méditation

Je crois en Toi mon Dieu

1. Je crois en toi, mon Dieu, Je crois en toi.
Vivant, mystérieux, si près de moi.
Dans tous les désarrois, Tu garderas ma foi.
Je crois en toi, mon Dieu, Je crois en toi.

2. J‛espère en toi, mon Dieu. J‛espère en toi Ta main du haut des cieux, Prend soin de moi.
Quand sous l‛effort je ploie ; Quand sombre toute joie ; J‛espère en toi, mon Dieu, J‛espère en toi.

3. N‛aimez que toi, mon Dieu, N‛aimer que toi, :
Les saints d‛un cœur joyeux, ont fait ce choix.
Ils ont tracé pour moi, la route vers la croix, Je veux aussi, mon Dieu, n‛aimer que toi.

4. Plus près de toi, mon Dieu, Plus près de toi, Pour que Je serve mieux, Reste avec moi.
Fais-moi de jour en jour, Grandir, en ton amour.
Plus près de toi, mon Dieu, Plus près de toi.

 


DÉROULEMENT DU CHAPELET

Début du chapelet communautaire

* Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.

Je crois en Dieu Le Père Tout-puissant

1 Pater Noster + 3 Ave Maria + 1 Gloria Patri

Prions (Tous ensemble) :

Seigneur Jésus, Tu es notre paix, et Tu veux la paix pour tous.

Nous T’implorons : mets la paix dans nos cœurs.

Nous Te supplions : convertis le cœur de ceux qui sont tentés par la violence.

Nous Te le demandons : fais de nous tous à l’image du bon Cardinal Émile Biayenda des artisans de paix, partout où nous vivons.

Nous nous souvenons de la parole de la Vierge Marie dans le petit village de Pontmain : « Priez, mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon fils se laisse toucher. »

En écoutant Sainte Marie, Mère de Dieu, Reine de la paix et Mère de Miséricorde, nous Te prions pour que Tu donnes au monde plus particulièrement au Congo notre pays, le bien si précieux de la paix.

Merci d’écouter notre prière qui monte vers Toi avec espérance en cette neuvaine dédiée au bon Cardinal Émile Biayenda, notre bon Pasteur.

Nous avons confiance en Toi, le Sauveur du monde.

Amen

Première dizaine :

1 Pater Noster + 10 Ave Maria + 1 Gloria Patri

Prions (Tous ensemble) :

« Père, nous nous tournons vers toi et te rendons grâce pour toutes les familles et pour leurs enfants, pour le don de la vie et pour l’amour dont tu les aimes chacun personnellement. Nous voulons te dire notre confiance que tu es auprès d’eux en ce moment de grande souffrance et que tu les assistes d’une manière que nous ne connaissons pas.

Seigneur Jésus, que ton sang mélangé à celui du bon Cardinal Émile Biayenda bénisse lave, purifie et restaure toutes les relations brisées et abîmées. Guéris nos mémoires de toutes nos paroles dures et injustes et nos cœurs de tout sentiment d’insécurité, d’abandon et de trahison.

Esprit-Saint, conduis chacun sur un chemin de vérité, de liberté et d’amour.

Nous te demandons d’agir avec puissance dans chacune de nos vies.

Notre-Dame des tout-petits, toi qui veilles avec tendresses sur nos familles, nous te demandons aujourd’hui encore de prier pour toutes nos familles.

Soyez proche de ceux qui en ont le plus besoin, en particulier de moi-même et de mes enfants. Amen. »

Deuxième dizaine :

1 Pater Noster + 10 Ave Maria + 1 Gloria Patri

Prions (Tous ensemble) :

« Entends ma voix, Seigneur, car c’est celle des victimes de toutes les guerres et de toutes les violences entre les individus et les peuples.

Entends ma voix, car c’est celle de tous les enfants qui souffrent et qui souffriront tant que les gens mettront leur confiance dans les armes et la guerre.

Entends ma voix, quand je te prie d’insuffler dans le cœur de tous les humains la sagesse de la paix, la force de la justice et la joie de l’amitié.

Entends ma voix, car je te parle pour les multitudes qui, dans tous les pays et particulièrement notre pays, en tous les temps, ne veulent pas la guerre et sont prêtes à parcourir la route de la paix.

Entends ma voix et donne-nous la force de savoir répondre toujours à la haine par l’amour, à l’injustice par un total engagement pour la justice, à la misère par le partage.

Entends ma voix, en cette neuvaine dédiée au Seigneur par l’intercession du bon Cardinal Émile Biayenda, notre bon Pasteur et accorde-lui ; ô Dieu, les grâces que nous te demandons avec confiance, particulièrement celle de sa béatification.

Amen ! »

Troisième dizaine :

1 Pater Noster + 10 Ave Maria + 1 Gloria Patri

Prions (Tous ensemble) :

Dieu notre Père, ce qu’il y a de meilleur dans ta création, c’est l’homme. Tu l’as créé à ton image, afin qu’après le temps de sa vie terrestre, il jouisse d’un bonheur éternel auprès de toi.

Pour que nos pays soient les milieux de vie où nous obtenions cet unique nécessaire qu’est la vie éternelle, nous t’adressons cette prière : accorde particulièrement à notre pays le Congo le bien-être, la liberté et la paix : accorde-lui avant tout, des autorités religieuses et civiles qui se laissent guider par l’Esprit Saint ; afin qu’elles exercent leurs charges selon la justice et dans le seul souci du bien de tous.

Nous te le demandons par ton Fils, Jésus-Christ notre Seigneur.

- Très Sainte Vierge Marie, priez pour nous.

- Notre-Dame du Congo, protégez notre pays

- Bon Cardinal Émile Biayenda, intercédez pour nous. Amen !

Quatrième dizaine :

1 Pater Noster + 10 Ave Maria + 1 Gloria Patri

Prions (Tous ensemble) :

Ô ma Souveraine, si vous priez pour moi je serai sauvé ; car vous obtenez par vos prières tout ce que vous voulez ; priez donc pour moi, auguste Mère de Dieu, puisque votre divin Fils vous écoute et vous accorde tout ce que vous lui demandez.

Il est vrai que je suis indigne de votre protection ; mais vous n’avez jamais abandonné aucun de ceux qui ont eu recours à vous.

O Marie ! Je vous confie mon âme, c’est à vous de la sauver.

Obtenez-nous la persévérance dans la grâce de Dieu et l’amour envers votre Fils et envers vous pour la cause de béatification du bon Cardinal Émile Biayenda.

Je vous aime, ô ma Reine ! Et j’espère vous aimer toujours ; aimez-moi aussi, recevez-moi près de vous et ayez pitié de moi ; faites-le pour l’amour que vous portez à Jésus.

Considérez la confiance que j’ai en votre miséricorde et ne cessez pas de m’aider dans toutes mes peines. Je sais que vous ne manquerez pas de me secourir, quand je me recommanderai à vous ; mais vous devez m’obtenir encore cette grâce, de recourir toujours à vous dans les tentations et au moment où je pourrais perdre la grâce de Dieu. Amen !

Cinquième dizaine :

1 Pater Noster + 10 Ave Maria + 1 Gloria Patri

Prions (Tous ensemble) :

Pour la paix de notre terre le Congo, douce Vierge Marie, la paix de la terre est malade à mourir.
Aide là, douce Vierge Marie, aide-nous à dire qu’à notre pauvre monde soit la paix.
Toi qui fus saluée par l’Esprit de la Paix, obtiens-nous la paix.
Toi qui reçus en toi le Verbe de la Paix, obtiens-nous la paix.
Toi qui donnas enfin le Saint Enfant de Paix, obtiens-nous la paix.
Pour l’angoisse des humains, nous te demandons la paix.
Pour les petits-enfants dormant dans leur berceau, nous te demandons la paix.
Pour les vieillards qui veulent tant mourir chez eux, nous te demandons la paix.
Toi la mère des sans appui, Toi, l’ennemie des cœurs de pierre, brillante Étoile dans les nuits du désarroi, nous te demandons d’intercéder auprès de votre fils Jésus Christ en faveur de l’aboutissement heureux du processus de la Cause de béatification et de canonisation de notre vénéré pasteur le bon Cardinal Émile Biayenda.

 


QUELQUES DIRECTIVES

1- Étant donné que cette activité a lieu dans chaque diocèse, il est demandé à toute la communauté paroissiale de participer à la neuvaine. Aucune autre activité ne peut être programmée à la même heure.

2- Commencer l’exercice de la neuvaine dans l’après-midi, à l’heure qui convient à chaque paroisse.

3- Le vendredi, la neuvaine est incluse dans l’exercice du chemin de Croix. A la fi n de cet exercice, lire le témoignage de Mgr Barthélemy BATANTU et réciter trois Ave Maria, suivie de la prière pour la Cause du Cardinal.

4- Le dimanche, après le chant d’action de grâce, lire le témoignage de Mgr Barthélemy BATANTU, réciter trois Ave Maria suivie de la prière pour la Cause de Béatification et de Canonisation du Cardinal Émile Biayenda.

5- Le 22 mars de cette année tombe un dimanche. A cet effet, une intention de prière en mémoire du Cardinal sera dite dans chacune de nos célébrations. Quant à la messe de clôture de la neuvaine, elle sera célébrée le mardi 24 mars dans toutes les paroisses à une heure convenable. Monseigneur l’Archevêque, présidera le même jour, à 16h30, une messe pontificale dans la Cathédrale Sacré-Cœur de Brazzaville.

 


PRIÈRE POUR LA CAUSE DU CARDINAL ÉMILE BIAYENDA

Seigneur Dieu, notre Père, qui as révélé aux hommes par ton Fils Jésus-Christ, les voies du Royaume des cieux et de l‛éternité bienheureuse : accorde à ton Serviteur, le Cardinal Émile Biayenda, la grâce d‛être glorifié parmi tes élus du ciel, lui qui, par ses vertus et le sacrifice de sa vie, a témoigné sur terre, du véritable amour de Dieu et du prochain. Par Jésus-Christ, Notre Seigneur. Amen

 


 
 
 
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