Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
Accueil > JOURNAL LA MÉMOIRE > 204 > UNE ANNÉE JUBILAIRE EN MÉMOIRE DE MGR BARTHÉLEMY BATANTU

LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

UNE ANNÉE JUBILAIRE EN MÉMOIRE DE MGR BARTHÉLEMY BATANTU

Archidiocèse de Brazzaville

Le 27 avril 2019, à la Place mariale de la Cathédrale Sacré-Cœur, Mgr Anatole Milandou, Archidiocèse de Brazzaville a lancé une année jubilaire en mémoire de Mgr Barthélemy Batantu, ce vénérable pasteur qui a marqué l’Église du Congo vingt-cinq ans durant. C’est au cours d’une célébration eucharistique concélébrée par Mgr Louis Portella-Mbuyu, évêque de Kinkala et de nombreux prêtres que l’ordinaire du lieu a officiellement lancé ladite année jubilaire. Devant une foulée clairsemée, on y a noté la présence du couple présidentiel ainsi que de quelques personnalités politiques et administratives.

La consécration de l’année Mgr Barthélemy Batantu qui a démarré le 27 avril 2019 s’achèvera le 25 avril 2020. Cet événement précédé d’un concert de chants religieux et d’une conférence-débat sur son œuvre sacerdotale animée par M. Ange Marie Bayaloula et M. l’Abbé Mesmin Propser Massengo.

Parlant de l’homme, nous pouvons noter que : Mgr Barthélemy Batantu fut un pasteur bienveillant et plein de sollicitude pour notre Église. Les chrétiens catholiques et mêmes les confessions religieuses membres du Conseil œcuménique sont unanimes pour reconnaître qu’il fut un grand conciliateur. L’Église du Congo en général et de Brazzaville en particulier se souviendront toujours de ce pasteur infatigable qui connaissait par cœur des familles, socles des communautés de base. Pasteur zélé, Mgr Barthélemy le fut. À cet effet, il a fondé de nombreux mouvements d’apostolat dont la schola populaire qui fut une incursion dans l’optique de l’inculturation. À travers le chant, les fidèles pouvaient s’approprier le message évangélique et le véhiculer lors des célébrations eucharistiques mais aussi dans les veillées funèbres et autres manifestations comme les retraits de deuil ou les cérémonies de relevailles.

Pasteur courageux, il le fut. Les chrétiens en général, les hommes de bonne volonté et même l’homme politique retiendront son courage pour affronter les velléités expansionnistes des Révolutionnaires de l’époque. En effet, les Communistes convoitaient, à l’époque, l’espace paroissial qu’ils jugeaient trop grand. Ils avaient préconisé construire un parking devant l’église paroissiale. Car ces révolutionnaires qui habitaient le quartier ne savaient pas où garer leurs voitures. La cour paroissiale était donc dans le collimateur. Il découragea leur élan expansionniste en démarrant la construction d’un bâtiment sur la fameuse cour.

Homme de foi

S’il nous est demandé de dresser un portrait de Mgr Batantu, nous dirions sans hésiter, qu’il fut un homme de foi. A Libermann, il tombe sur le livre d’un grand mystique dont le titre est : « Pour moi, vivre, c’est le Christ ». Il en fait son livre de chevet, s’en inspire pour choisir une devise d’ordination. Une devise qu’il met au-dessus de tout et qui lui permet d’annoncer les merveilles au monde dans les chansons chrétiennes. « Scio enim cui credidi », «  Je sais en qui, j’ai mis ma foi  », lui donne des ailes pour aimer Dieu plus que tout, aimer l’homme en lui donnant la possibilité d’acquérir les réflexes de foi qui vont le porter vers le salut. Il ne prêche pas dans le désert lorsqu’il valorise la foi en Christ. Il part d’un témoignage particulier et concret pour susciter chez les gens un nouvel élan de dynamisme intérieur et parvenir à la connaissance de Dieu. Quand il enrichit le répertoire liturgique avec le chant « Me na siami kuani mu luwilukulu », c’est-à-dire « je tiens fermement dans la foi  », Barthélemy Batantu montre la route à suivre, propose une démarche intérieure en faveur de l’affirmation de notre foi en Dieu, Père, Fils et Esprit et de notre engagement.

Mgr Barthélemy Batantu durant ses 25 ans d’épiscopats comme 3ème archevêque de Brazzaville, ne s’est jamais lassé d’affirmer la foi malgré les douloureux événements qui ont rythmé sa vie de prêtrise et d’évêque. Témoin de longue date des troubles ayant déchiré notre pays et des coups d’État qui ont caractérisé sa vie politique, ni la mort, ni la violence n’ont pas réussi à prendre le dessus sur sa foi en christ. Lors de la nationalisation de l’enseignement, il s’est plié en quatre pour tenter de sauver l’école catholique. Dieu sait qu’il n’a pas eu la vie facile. Beaucoup se souviennent que des menaces de toutes sortes pesaient sur l’équipe pastorale de Notre-Dame du Rosaire à propos du centre d’études catholiques baptisé Mi-Mbemba en signe de reconnaissance de Mgr Mbemba, curé de l’époque et promoteur de l’œuvre.

Savoir en qui l’on croit signifie que notre foi est sûre, profonde. Une foi sûre suppose des liens solides avec Dieu qui l’inspire, la traduit en actes concrets. St Jacques dit que la foi, la vraie est celle qui agit, qui produit des couvres de lumière. Signalons que l’ouverture de cet événement coïncidera avec les ordinations des Pères trinitaires le 27 avril 2019, à la Cathédrale Sacré-Cœur de Brazzaville.

 

Ya Grey

 

 


 
 
 
Haut de page