Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

« Il ne suffit pas de commémorer le souvenir d’un saint homme. Il faut plutôt continuer son œuvre »

Abbé Michel Bernard Bouaye, dans le diocèse de Chartres (France)

M. l’Abbé Michel Bernard Bouaye, prêtre de l’Archidiocèse de Brazzaville, cheville ouvrière de la commission mise en place par Mgr l’Archevêque lors des festivités marquant le 30e anniversaire de la mort du Cardinal Émile Biayenda. Aujourd’hui, il est aux études à Chartres en France. Grâce à l’Internet, nous avons pu réaliser l’interview que voici.

La Mémoire Biayenda : M. l’Abbé Michel Bernard Bouaye, vous voilà aux études en Europe dans le diocèse de Chartres, surtout que vous êtes partis au moment où nous célébrions l’année cardinal Émile Biayenda. Dites-nous comment l’avez-vous terminée ?

Abbé Michel Bernard Bouaye : Merci Ya Gré, le Seigneur m’a donné une fois l’occasion de dire un mot dans les colonnes de votre journal. Oui, c’est vrai que je suis parti du Congo alors le diocèse préparait l’année du cardinal. Et je peux vous affirmer que cette décision n’était pas facile pour moi ; mais il fallait le faire. C’est donc en terre française que j’ai terminé cette année du Cardinal. J’étais invité à partager une méditation de la liturgie de la Parole avec toute la communauté congolaise de Paris. C’était le 29 mars dernier en l’Église Saint Charles à Blanc-Mesnil. Ce fut au cours d’une messe présidée par l’abbé Abraham Okoko et co-présidée par l’abbé Barthel Ganao.

Abbé Michel Bernard Bouaye

C’est avec les mots de l’Apôtre Paul que j’ai voulu commencer mon intervention : « La grâce de Jésus Christ notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soit toujours avec vous ». En effet, depuis que je suis arrivé en France, dans le diocèse de Chartres, tous les jours, je ne cesse de prier le Seigneur, d’implorer sa grâce et sa miséricorde, pour la paix dans notre pays le Congo, tel est, je pense le vœux de chacun des fils et filles de ce pays, à l’orée de l’élection présidentielle de 2009.

Je suis parti quelques mois avant la clôture marquant la fin de l’année Émile Biayenda, décrétée dans l’archidiocèse de Brazzaville sous le thème « Comment la personne du cardinal Émile Biayenda et le témoignage de sa vie peuvent-ils devenir ferment d’unité et de réconciliation pour notre pays le Congo ? ». De manière spécifique, il s’agissait de faire de cette année, "une année du cardinal" et en tirer le maximum de bénéfice spirituel, par l’organisation des pèlerinages et des journées de réflexion sur la vie, le témoignage et l’œuvre du cardinal Émile Biayenda.

C’est donc en terre française que j’ai terminé cette année du Cardinal. J’étais invité à partager une méditation de la liturgie de la Parole avec toute la communauté congolaise de Paris, réunie sous l’égide de l’ACEB, les Textes liturgiques étaient les suivants : Actes 2,42-47 ; Psaume 117 ; 1Pierre 1, 3-9 ; Jean 20, 19-31

La M.B. : Faites-nous un peu le résumé de ce colloque tenu à Paris ?

A.M.B.B. : Le Congo notre pays a connu des moments de grande tristesse, de grande angoisse et de grande douleur. Parmi ces évènements, il y en a eu un, mieux c’était un double évènement qui a marqué à jamais la mémoire de tous les congolais. Le 18 mars 1977, alors que le peuple souffrait de la disparition tragique du Président de la république Marien Ngouabi, Le 23 mars, soit cinq jours après, la communauté chrétienne apprenait une fois de plus la mort du Cardinal Émile BIAYENDA, assassiné la veille, c’est à dire le 22 mars.

Après avoir suivi les 14 et 15 février 2008, à l’Institut Catholique de Paris, un colloque sous le thème : « Le Congo-Brazzaville à la lumière de la figure du Cardinal Émile Biayenda », co-organisé par notre Association (l’Association Cardinal Émile Biayenda -France), l’Institut de Sciences et de Théologie de Religions et le Centre d’Études Africaines de l’EHESS de Paris, dans le cadre des manifestations marquant le 30ème anniversaire de l’assassinat du Cardinal Émile Biayenda (22 mars 1977 – 22 mars 2007), nous sommes rassemblés pour rendre grâce à Dieu. Rendre grâce à Dieu parce que non seulement ce colloque a été un haut lieu pour une meilleure intelligence du contexte d’émergence de la persécution des hommes d’Église, de la vie et de l’œuvre de BIAYENDA ; mais surtout par ce que ce colloque je l’avoue a reculé au loin les frontières de l’ignorance de plusieurs d’entre nous, car il y avait là une grande connaissance de l’histoire de notre pays.

La M.B. : Pour vous, qui était le vénéré Cardinal Émile Biayenda ?

A.M.B.B. : Un Grand homme. Le Cardinal Émile BIAYENDA l’a été. Vicaire en paroisse, Curé de paroisse, vicaire épiscopal, évêque coadjuteur, archevêque et cardinal. Biayenda a marqué à jamais la vie chrétienne de notre pays, car sa vie entière a été un programme de consécration totale et plénière au service de l’Église et du prochain. J’ai dit que sa vie est un programme puisqu’en faisant une bonne herméneutique de celle-ci, il nous faut retenir trois choses essentielles et fondamentales de cette vie.

La M.B. : Quel vœu formulez-vous à l’endroit de nos lecteurs ?

A.M.B.B. : Pour terminer ce partage, je voudrais formuler le vœu suivant : Comme à Thomas, le Christ Jésus nous dit « La paix soit avec vous » (Jean 20, 20+26) ; que cette paix soit donc transmise à jamais à tous les facteurs de la Mémoire Biayenda, à tous les dévots ainsi qu’à tous les fils et filles de notre pays, car notre Bon Cardinal Émile Biayenda a sacrifié sa vie pour que la Paix règne dans notre pays le Congo.

Propos recueillis par
Grégoire YENGO DIATSANA


 
 
 
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