Mgr Bienvenu MANAMIKa Archevêque de Brazzaville

samedi 18 avril 2026


L'église Ste Anne


Mgr THÉOPHILE MBÉMBA


Mgr BARTHÉLÉMY BATANTU


L'église St Pierre Claver


Mgr ANATOLE MILANDOU


Mgr BIENVENU MANAMIKA BAFOUAKOUAHOU

LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

Émile Cardinal Biayenda : le pasteur attentif

Durant son épiscopat, le Cardinal Émile Biayenda fait montre d’une grande sollicitude pour l’éveil et l’entretien des vocations sacerdotales et religieuses, les maisons de formation des serviteurs et servantes de Dieu. Il insiste incessamment sur la prière pour les vocations.

Le premier à qui et avec qui nous devons parler des vocations, c’est le Seigneur lui-même, lui, le Maître de la moisson. C’est lui-même qui nous le demande et il nous indique comment nous y prendre. Le Seigneur le sait et nous le savons : c’est lui Dieu qui appelle qui il veut et quand il veut, bref en temps opportun. Mais lui-même Dieu nous fait comprendre qu’il ne veut pas choisir sans nous : par respect de notre liberté, Dieu a voulu avoir besoin des hommes. Jésus insiste fermement : « Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson » (Lc 10,2).

Notre prière n’a pas pour but de diriger le choix de Dieu et de faire choisir à Dieu. Elle nous obtient d’avoir la lumière pour discerner et aussi bien accueillir ceux que Dieu a choisis et qui sont là, peut-être au milieu de nous, au milieu de nos paroissiens, attendant l’heure et le signal de Dieu ; ils sont dans la main du Seigneur, Esprit-Saint présent dans sa moisson.

Il ordonne des campagnes de prière pour les vocations, il visite régulièrement les maisons de formation (Séminaires, juvénats, noviciats), et y passe la direction spirituelle individuelle ou prêche lui-même les retraites. Il publie une lettre circulaire ( N° 9/72/EB) sur les recrutements et instaure la mise en place obligatoire des commissions chargées des vocations, au niveau de la paroisse, du doyenné et du diocèse. En 1975, une autre lettre circulaire va revenir sur la pastorale des vocations.

Les ouvriers apostoliques

Le Cardinal Émile Biayenda est un évêque délicat et plein de bienveillance pour les ouvriers apostoliques. Il partage avec eux les joies et les peines de la mission évangélique. Par des sessions, des prédications, des exhortations de toutes sortes, il approfondit avec eux l’identité du prêtre, l’essentiel de la vie religieuse, l’exigence de l’engagement : « Cet engagement est exigeant : il demande aux prêtres de ressembler le plus possible au Christ que nous représentons dans la communauté, et au nom de qui nous agissons… ». Ou encore : «  Le secret de la vie sacerdotale (comme doit l’être celui de la vie consacrée et de la vie chrétienne…), c’est d’avoir cru à l’amour de Jésus-Christ, et d’y avoir répondu pour en vivre toujours… Le secret de la vie de Jésus lui-même, c’est son amour pour son Père : le Père est tout pour lui. « Le Père est en moi, et je suis dans le Père. Le Père et moi, nous sommes Un ». Partout, dans la vie du Christ, depuis l’enfance jusqu’à la mort sur la croix, c’est la quête de la volonté de Dieu.

Cardinal Émile Biayenda

Devenu Supérieur des deux Congrégations religieuses laissées par Mgr Théophile Mbemba, les Frères de St Joseph et les Religieuses Congolaises du Rosaire, il va se dédier, avec générosité, à leur promotion spirituelle et matérielle. Les autres familles religieuses bénéficient de la même sollicitude quand les nécessités l’exigent ; les parents des missionnaires sont accueillis ou visités avec prédilection. De nouvelles familles religieuses arrivent aussi dans l’Archidiocèse : les Pères Salésiens ? à la Paroisse Charles Lwanga de Makelekele, les Petites Sœurs des Pauvres à « Notre Maison » pour les personnes âgées, à la Cathédrale ; les Sœurs Carmélites, pour le Monastère Notre-Dame. Celles qui sont déjà sur place apprécient également l’esprit de franche collaboration de l’Archevêque Émile Biayenda :

« J’ai rencontré Émile Biayenda à l’occasion de chacune de mes visites aux communautés de Voka, de Mouléké, et de Ouenzé. J’ai été, chaque fois, impressionnée par son écoute intense, son humilité si sincère qu’elle paraissait toute naturelle. Je garde aussi le souvenir de quelques mots de remerciement qui m’ont bouleversée. Je suis heureuse que sa Cause soit en bonne voie et je demande au Seigneur d’honorer son serviteur pour sa plus grande gloire et le bonheur de son peuple ».

Sœur Marie-Rénée Le Gal exprime les mêmes appréciations, quand elle confie : « Je suis arrivée à Brazzaville le 3 mars 1976, suite à la demande du Cardinal Émile Biayenda à la Supérieure Générale de la Compagnie des Filles de la Charité, à Paris, pour aider les Sœurs Congolaises de Notre-Dame du Rosaire. J’ai été très bien reçue par le Cardinal. Je puis témoigner que c’était un homme de foi, d’amour de son peuple et de tous. Toujours égal dans sa bonté sans aucune restriction. Assez longtemps avant sa mort, qu’il pressentait, son attitude a été la même. La veille de sa mort, il est venu me rendre visite comme d’ordinaire : toujours bon, calme, un véritable « Homme de Dieu », dans toute la force du terme. Notre peine a été immense : la certitude que c’était un Saint qui nous a aidé dans l’épreuve ».

Pour le reste, le Cardinal Biayenda a beaucoup encouragé et il a toujours participé aux sessions de formation permanente, aux retraites spirituelles des ouvriers apostoliques de son diocèse. Il a été bien récompensé par le nombre croissant des ordinations sacerdotales et épiscopales, des professions religieuses, qu’il a présidées ou concélébrées.

Les ouvriers apostoliques laïcs, en particulier les catéchistes méritent la même attention du bon pasteur. Il sait les exhorter à la formation, les réconforter dans leur deuil, ou les engager à participer à des pèlerinages ou aux travaux des Institutions de l’Église universelle. C’est ainsi qu’il a fermement soutenu M. Paul Kaya, membre du Conseil de l’Entente, lorsqu’il est nommé membre de la Commission Pontificale « Justice et Paix », le 17 juillet 1972.

La Pastorale

L’Évangélisation de proximité qu’il a toujours pratiquée sera appuyée au niveau de son Magistère épiscopal par des Lettres circulaires multiples, des lettres pastorales, qui l’ont rendu éducateur et ami de tous, des prédications inoubliables, profondes et prophétiques. Voici les principales Lettres pastorales :

- Le Chrétien dans la communauté nationale (Carême 1972), en commun avec les autres Évêques du Congo.

- Sur le problème de l’éducation des enfants (Carême 1973).

- Sur l’Année Sainte (1974-1975).

- Sur la Famille (Carême 1975).

Ces Lettres, étant diffusées et travaillées en sessions dans les paroisses et les groupes d’apostolat, vont servir à susciter le dynamisme de l’apostolat des laïcs, la naissance des Fraternités Féminines chrétiennes, la création des groupes pour l’évangélisation de l’Enfance « les Yamboté », des jeunes « Kisito » et « jeunes Témoins du christ », etc. Il va, sans cesse, veiller à maintenir l’existence du Centre d’Études et de Recherches Chrétiennes (C.R.E.C.).

Pour enraciner le renouveau catéchétique dans les zones de campagne, le Cardinal Biayenda va faire construire un Centre catéchétique à la paroisse Ste Monique de Kinkala. Le projet ne sera fini qu’après lui, au temps de Mgr Bathélemy Batantu. A Brazzaville et dans les zones rurales, plusieurs paroisses et communautés religieuses vont également connaître leur implantation ou leur rénovation grâce au dynamisme pastoral du Bon Cardinal.

Abbé A. Nkoumbou
« Ya Sourire »

 

 




 
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