Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

Le prêtre doit être : Homme de Dieu, de prière, de science et de foi...

Le sacerdoce est fait pour la gloire de Dieu et le salut des hommes. Il a commencé à l’Incarnation. Marie, a accepté en disant fiat. « Oui, je veux ». En Marie, Jésus s’est formé un cœur pour aimer, un sang, lequel il allait répandre pour la rédemption, une nature formée tout exprès, compatissante, douce, innocente, délicate, un tempérament de miséricorde, un cœur, tout d’affection, et de passion sainte. C’est ainsi que Marie a formé tout l’être sacerdotal de Jésus.

Prêtre, vous offrirez des sacrifices. Vous serez une hostie vivante. Marie a aidé le Christ à s’offrir à son Père le jour de la Présentation. Le prophète Siméon inspiré dit à Marie que cette offrande est agréée : « cet enfant est le salut d’Israël et des païens ; il sera la lumière des nations ».

Marie fut avec Jésus au sacrifice du Calvaire. Là se réalisa la prophétie de Siméon : « un glaive de douleurs lui perça le cœur ». Jusqu’à ton autel, la Vierge sera là.

Chers amis, qui cheminez lentement vers l’autel, ou avez déjà été ordonné prêtre. Vous êtes les préférés de Jésus et de la Sainte Vierge. Vous êtes destinés à devenir d’autres Christ, et sachez que nul, mieux que la Sainte Vierge ne pourra jamais former Jésus en vous. Dès maintenant et toujours, ne faites jamais rien sans la Sainte Vierge.

Exemple de faits : imprudence de camionneurs africains en panne de pneus, d’essence, d’huile... Il ne faut pas que nous soyons ainsi de notre sacerdoce ou dans votre montée vers le sacerdoce. Le désir d’entrer au séminaire a pu naître pour l’un de la voix d’un père, ou d’une mère, pour l’autre d’une lecture, d’une cérémonie religieuse, d’une rencontre avec un prêtre. « C’est que la vocation divine dort dans l’âme de beaucoup : il faut l’y éveiller. C’est un souffle imperceptible qu’il faut amplifier ». Mgr Leynaud archevêque d’Alger.

Je voudrais par cet entretien vous dire encore quelque mot du prêtre, afin que chaque jour, chaque mois et chaque année raffermissent notre vocation. Ayons devant les yeux le modèle, nous cherchons à lui ressembler.

J’ai toujours, vous aussi bien sûr, éprouvé du plaisir à entrer dans un grand magasin : (Monoprix ou Paris-Sangha) à cause de l’ordre qui y règne et des prix de marchandises bien affichés. Vous aussi soyez ordonné dans toute chose.

Chers amis, demandons à notre Seigneur Jésus-Christ de nous rendre bien lucide la personne du prêtre, afin que nous ne dispersions point nos efforts et que tout ce que nous faisons tente au perfectionnement de notre vie de plus tard. « Oh si nous avions la foi, disait le curé d’Ars, nous verrions Jésus-Christ dans le prêtre comme on voit la lumière d’un flambeau dans un globe de cristal ». Elle est sublime la dignité sacerdotale et digne de vénération.

L’empereur Constantin, au Concile de Nicée, refusant de siéger sur son trône, alla s’asseoir aux pieds des Évêques, par respect pour leur caractère sacré.

Saint Wenceslas, roi de Bohême, avait la coutume de se tenir toujours debout devant les prêtres.

Saint François d’Assise ne voulut jamais se laisser ordonner prêtre, se jugeant indigne d’un si grand honneur.

On raconte dans la vie de Saint François de Salles qu’un jeune prêtre était favorisé de la vision de son Ange gardien : avant son ordination, son bon Ange marchait devant lui ; après l’ordination, il ne voulut aller qu’après lui.

Chers amis, on n’improvise rien dans la vie, mais encore moins les vertus sacerdotales. Commençons dès maintenant à nous revêtir des pensées, des sentiments et des vertus de Jésus, en attendant le jour où chacun de nous aura le droit de s’écrier : « Je suis prêtre pour l’éternité, je suis un autre Jésus-Christ, sacerdos alter Christus  ».

Le prêtre est un homme de Dieu. Un ami de science. Il vit de foi, d’obéissance et de charité.

A/ Homme de Dieu : il est certain qu’aucune créature n’échappe à Dieu et que tous les hommes sont à lui. Mais le prêtre par vocation et grâce spéciale reçue pour cet état le devient d’avantage. Le prêtre a fait profession d’aimer Dieu, de servir Dieu, d’être plus exclusivement aux affaires du Seigneur. Dominus pers...

Il l’est par son esprit de prière, opposé à celui du monde qui vit de jouissance et de dissipation. Le prêtre, c’est le héraut de toute la création à dire à Dieu sa reconnaissance. L’Église prie par lui en liminaire, aux offices. Et vous dès maintenant dore et déjà par la fidélité au règlement : l’ordre prie a dit Saint Thomas. Tout acte bon est rien.

La régularité aux exercices de piété en est aussi. Disons notre chapelet, gardons l’esprit de piété : alors nous ferons tout avec dévotion.

Veillez et priez pour que vous ne tombiez pas en tentation (Mt 36, 48). Demandez et il vous sera donné (Mt 7,7) quiconque demande obtient (Lc 9,10). Les jours de générosité, du bon travail sont ceux où l’on prie.

B/ Le prêtre est un homme de science. C’est au milieu de la prière que nous nous livrons à l’étude. Vos efforts doivent être constants dans ce domaine. Le collégien travaille pour le diplôme et la bonne situation, toi tu travailles pour être à la hauteur de ton sacerdoce et pour être utile un jour à l’Église, aux âmes de toutes conditions et de toutes cultures. « Je me suis fait tout à tous, pour les gagner tous à Jésus-Christ  », disait Saint Paul.

C/ Tu profites de tes jeunes années du séminaire pour cultiver et développer en toi l’esprit de foi. Ainsi se changera pour toi la vision de tous les événements de ta vie. A beaucoup de tes actes tu donneras un sens surnaturel. Et au lieu connu tu fais de te plaindre, de critiquer, de te révolter, tu comprendras que c’est bien dommage, car de la sorte tu as empêché le divin Maître de travailler avec toi et que tu as dispersé un trésor avec lequel tu aurais un jour racheté des milliers d’âmes.

Abbé Émile Biayenda
Retraite aux Grands Séminaristes
1970

 

 


 
 
 
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