Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

Les anges gardiens chez le bon Cardinal

La foi en Dieu est une garantie sans délai pour le bon pasteur qui parcourt le champ du Seigneur et y sème le réconfort du Maître. Quand il lui arrive d’affronter des situations difficiles, le Seigneur ne dément ses promesses : « Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28,20). Le récit des deux enfants venus au secours de Monseigneur Émile Biayenda est fait par M. Boniface Malanda, un de ses chauffeurs.

« Nous sommes partis au nombre de cinq, de Mbanza-Nganga vers Mbanza-Baka, pour assister aux obsèques de Monsieur Mouyanzi, un catéchiste décédé. Nous étions : Mgr Émile Biayenda, messieurs les Abbés Maurice Mbindi et Denis Ngambanou, Madame Hélène et moi.

La camionnette Land-Rover s’est embourbée quelque part sur la route. Il était 10 ou 11 heures. Nous avons travaillé à la dégager. Mgr Biayenda a travaillé aussi, coupant les herbes et plaçant les branchages avec nous. Hélas ! tous nos efforts sont restés sans succès. Nous étions vraiment dans les ennuis et les regrets ; les heures défilaient… C’est alors que deux garçons, d’environ 12 ans, sont sortis de la forêt voisine. Ils étaient habillés de culottes et petits boubous, les cheveux assez crépus. Ils sont venus jusqu’à nous ; ils nous ont regardé et ont dit le proverbe suivant : « Nianzi za singui ka si naata ka tuvi ko, ce qui veut dire « Plusieurs mouches n’ont jamais réussi à transporter un tas d’excréments », autrement dit : « Il est des choses dont le bon résultat ne dépend pas du nombre des acteurs ».

Monseigneur a demandé leur nom. Ils n’ont rien dit. Ils m’ont demandé de monter dans le véhicule et de mettre le moteur en marche. Puis, à notre grand étonnement, à deux ils ont poussé et dégagé la Land-Rover du bourbier.

Monseigneur leur a dit merci en leur tendant 500 frs Cfa. Ils ont refusé en disant : « Nous ne touchons pas à l’argent ». Ils ont avancé vers la forêt, puis avant d’y pénétrer, ils ont encore regardé vers nous. Il y a eu comme un vent léger et ils ont disparu avant même d’atteindre la forêt. Nous avons demandé à Mgr Biayenda : « qui sont ces enfants ? ». Il a répondu : « des anges sont venus à notre secours ». Il a pris son Bréviaire et il s’est mis à prier pendant quelques minutes en regardant vers la forêt. Puis, nous avons repris notre voyage.

Au retour de l’enterrement, Monseigneur m’a demandé d’arrêter le véhicule à cet endroit et il a encore prié. Chaque fois que nous allions de Brazzaville à Mbanza-Nganga ou au retour, Monseigneur me demandait toujours d’arrêter à cet endroit. Il faisait une prière.

Quelques années après, lorsque Monseigneur Émile Biayenda soit élevé au rang du Cardinalat, ces deux enfants, qui n’avaient pas changé, ni de taille ni d’aspect, sont venus à l’Archevêché de Brazzaville. Ils ont demandé à voir le Cardinal Biayenda, mais le cuisinier ; Monsieur Marc Nkazi, qui était là, les a empêchés. Eux ont insisté et ils ont répété plus d’une fois et à haute voix : « Le chef est à nous ! ». Ils sont ressortis de l’Archevêché fâchés et se sont allés s’asseoir devant la Cathédrale sous la statue de St Pierre.

Le Cardinal Biayenda avait une course en ville. Au moment où nous sortions de l’Archevêché, il a regardé vers la Cathédrale et les aperçus. Il m’a immédiatement dit d’arrêter. « Dynamique (mon sobriquet), est-ce que tu reconnaît ses deux enfants ? ». Du premier coup, je ne me suis pas souvenu. Il m’a dit de repartir à la résidence. Il les a fait chercher et les a reçus. Ils sont restés longtemps causer avec le Cardinal Émile Biayenda avant qu’ils repartent je ne sais où, à pied comment !.

Après leur rencontre, le Cardinal a ensuite fait des vifs reproches Monsieur Marc Nkazi, le cuisinier qui ne les avait pas bien reçus auparavant. A nous tous qui travaillons à l’Archevêché, le Cardinal nous a intimé l’ordre en déclarant, je le cite : « Il ne faut pas empêcher les gens qui veulent me voir. et surtout les enfants ! ».

A.A.NK

 


 
 
 
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