Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville

LA MÉMOIRE BIAYENDA

Neuvaine Mars 2005

jeudi 17 février 2005

Neuvaine préparatoire au 28e anniversaire de la mort du Cardinal Émile BIAYENDA
Du 13 au 21 Mars 2005

 

Voici le schéma :

1 - Chant de rassemblement :

2 - Invitation à la prière (acte pénitentiel)
- Kyrie
- absolution

3 - Lecture des Paroles prophétiques du jour (voir le fascicule)

4 - Chant de méditation (Je crois en toi mon Dieu ou Nge ni widikila)

5 - Chant d’acclamation

6 - Lecture biblique du jour suivie d’un bref commentaire

7 - Prière universelle (spontanée de 3 ou 4 personnes, ou désignation des 4 membres des différents groupes

8 - Récitation du chapelet (Mystère du jour), terminée par la prière d’intercession du Cardinal Émile BIAYENDA

9 - Quête ( à transmettre à la Procure pour la Cause)

10 - Prière pour la Cause de Béatification et de Canonisation du Cardinal

11 – Bénédiction

12 - Chant de sortie

N.B.  : En ce temps de Carême :

a) – Le vendredi, la neuvaine est incluse dans l’exercice du Chemin de Croix

b) – Le dimanche, lisez la parole prophétiques du jour et réciter trois Ave Maria suivie de la prière de Béatification et de Canonisation du Cardinal Émile BIAYENDA, après le chant d’action de grâce,

c) – Pour la journée du mardi 22 Mars 2005, une messe d’action de grâce sera organisée dans les paroisses.

d) - Pour les autres précisions, voir le fascicule.



 

INTENTIONS DE PRIÈRE

Premier jour, le 13 mars : Prions pour tous nos morts

Deuxième jour, le 14 mars : Prions pour une fin de vie harmonieuse

Troisième jour, le 15 mars : Prions pour la certitude de l’espoir à travers toute mort

Quatrième jour, le 16 mars : Prions pour ceux qui sont persécutés dans leur chaire

Cinquième jour, le 17 mars : Prions pour apprendre à pardonner véritablement et sans retour

Sixième jour, le 18 mars : Prions pour que l’Eucharistie soit l’affaire de tout le peuple

Septième jour, le 19 mars : Prions pour la construction de notre Église particulière du Congo

Huitième jour, le 20 mars : Prions pour apprendre à aller sur les pas du Christ souffrant

Neuvième jour, le 21 mars : Prions pour la paix véritable et durable



 

Prions pour la Société Congolaise

Portons également un regard lucide sur la Société chrétienne et congolaise ... telle qu’elle se vit présentement. Nous serons probablement amenés à changer une bonne part de notre comportement humain et religieux. C’est une exigence de fidélité à notre foi personnelle ... Ensuite, seulement, entreprenons le dialogue avec ceux qui ne partagent pas notre conception du monde et de la Société.

Soyons d’abord les Témoins d’une foi vécue. La réconciliation et la paix commencent toujours par une conversion profonde de chacun. Cela se traduira par un changement d’esprit dans nos familles chrétiennes, dans nos œuvres, dans nos paroisses. Si nous désirons un dialogue sincère entre les croyants et avec tous les hommes de bonne volonté, il nous faut accepter et cette conversion personnelle et cet « esprit nouveau » qui transformeront nos Communautés. Par delà les races, les mentalités, les religions, les fortunes, et les idées qui pourraient nous écarter les uns des autres, nous pourrons alors « rencontrer » les autres au plan de la Fraternité humaine.

Nous vous engageons, chers frères, à vous mettre tout de suite à l’œuvre pour ce travail de longue haleine. N’oubliez pas de le préciser par une réflexion sue les faits ; de le sanctifier par la prière ; l’Évangile et les Documents du Concile seront vos guides. Ainsi se réalisera dans la réconciliation ce monde fraternel tant désiré.

C’est une tâche exaltante, à laquelle je vous convie aujourd’hui. Elle est proposée à tous et à toutes sans exception. Aussi nous vous demandons, chers frères : prêtres, religieux, religieuses, responsables des mouvements, vous les jeunes et vous tous Fils et Filles de la grande famille chrétienne, unissez-vous à notre plan d’action. Ce renouveau des esprits et des cœurs que nous vous proposons trouvera son aboutissement au cours de nombreux pèlerinages qui seront autant de manifestation solennelles de notre Foi. En réponse à tous nos efforts pour nous réconcilier à Dieu notre Père et à nos frères les hommes, nous bénéficions ensemble de l’indulgence Plénière accordée à l’occasion de l’Année jubilaire...

+ Émile, Cardinal Biayenda, Archevêque de Brazzaville
le 6 novembre 1973



 

Prions pour nos enfants

Devant ce phénomène, quelles sont nos réactions à nous les adultes ? Tout au long de cette année, en vous écoutant avec bienveillance les uns et les autres, j’ai été frappé d’entendre très souvent les mêmes mots : « Nous sommes débordés ; les enfants n’obéissent plus ; les enfants ne travaillent plus, les enfants n’écoutent plus personne ; nous ne savons que faire... ». Si c’est la voix des enseignants, c’est la même chose :« De notre temps les études, c’était quelque chose, maintenant les élèves ne savent plus rien, ne travaillent plus, n’obéissent plus ». Et tous, nous rejetons la faute sur l’autre : « C’est la faute des enseignants », disent les parents. « C’est la faute des parents », disent les enseignants ; et tous, à bout d’argument : « C’est la faute de l’État ».

Vous comprendrez facilement que c’est trop facile de rejeter la faute sur un autre. Aurions-nous oublié cette sagesse ancestrale : « Wa kuma kilawuki, luata m’lelé » ; que Jésus lui-même a repris dans son Évangile : « Lorsque tu veux enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère, commence par enlever la poutre qui est dans le tien ». (Mt. 7, 3-5).

Véritable marée des jeunes, enfants livrés à eux-mêmes sans discipline ni cadres, rejet de la responsabilité les uns sur les autres, les conséquences d’un tel état de fait sont graves. Monseigneur Théophile MBEMBA, peu de temps avant sa mort, nous mettait en garde contre la généralisation de l’avortement. Combien de jeunes cherchent dans les premiers mois de la conception à faire disparaître la vie qu’ils portent ? Combien de jeunes galvaudent, trahissent le don merveilleux que Dieu nous a donné : celui de transmettre la vie ! Vous comprenez pourquoi cela ne peut durer, qu’il nous faut nous arrêter et ensemble réfléchir et chercher les solutions pratiques que nous pouvons tout de suite apporter. Aussi, vous invité-je à vous asseoir, simplement, calmement, sans esprit de parti pris ou de polémique, je vous invite à réfléchir et à faire la lumière. Quelles sont les causes de tous ces faits ? Que pouvons-nous faire ? Quelles consignes votre Évêque peut-il vous donner ?...

+ Émile, Cardinal Biayenda, Archevêque de Brazzaville
Lettre pastorale du 6 novembre 1973



 

Prions la jeunesse congolaise

Nous voudrions nous adresser aux jeunes eux-mêmes, pour leur dire de ne pas se laisser entraîner par la facilité : en tant que chrétiens, n’oubliez pas que vous devez réussir votre vie par l’étude et le travail ainsi que par le dépassement de vous-mêmes, selon les valeurs de l’Évangile. Il ne suffit pas de décrocher un diplôme, il faut aussi grandir votre cœur. Même si vous avez fait plus d’études que vos parents, vous devez leur garder le respect et la soumission qui conviennent : ils vous ont donné la vie et se sont sacrifiés pour vous. Ainsi seulement vous vous préparerez à réussir votre vie devant les hommes et devant Dieu.

Vous, jeunes des classes terminales, de l’École primaire, des CEG et des Lycées, des Facultés, vous commencez à prendre vos responsabilités, vous cherchez à affirmer votre personnalité, vous voulez être respectés et être reconnus comme jeunes ayant une place, un rôle à remplir dans la vie de votre famille, de votre pays, de votre mouvement, de votre Paroisse. De telles aspirations se résument en un mot : vous voulez être des hommes libres et responsables. Vous voulez être libres et responsables ; eh bien, rendez les autres tels : vos frères, vos sœurs, vos aînés.

Comment ? En partageant. En partageant votre intelligence et les dons que vous avez reçus. Dans vos classes, il y a des jeunes qui sont faibles, qui n’ont pas de livres, de cahiers : aidez-les dans toute la mesure de vos moyens, travaillez avec eux. En les aidant à se développer, vous vous apercevrez que du même coup c’est vous aussi qui vous êtes développés. Dans vos villages, il y a des cours du soir d’alphabétisation, participez à ces cours, offrez vos services, votre temps, votre compétence. Vous rendez des femmes et des hommes heureux, vous aussi, par le fait même.

Dans vos villages, dans vos CEG ; il y a des travaux à faire ; n’attendez pas que le professeur ou le directeur vous oblige à travailler et par punition ; transporter les pierres qui aideront à la construction d’une classe, participez aux opérations de " retroussons les manches " qui se font autour de vous ; vous aiderez vos aînés à développer notre pays ; c’est vous aussi qui en profiterez.

Si tous et chacun d’entre nous, mettons tout de suite et sans tarder ces quelques conséquences en pratique, croyez-moi, il y aura quelque chose de changé dans notre pays, il y aura un pas de fait et nos enfants trouveront auprès de nous l’aide et le soutien qu’ils sont en droit d’attendre.

+ Émile, Cardinal Biayenda, Archevêque de Brazzaville
Lettre pastorale du 22 février 1972



 

Prions les chrétiens engagés dans la politique

Il arrive parfois que certains voudraient que l’Église, par ses responsables, donne des directives précises, en matière politique. L’Église ne se reconnaît aucune compétence pour donner de pareilles directives aux chrétiens. La seule compétence qu’elle se reconnaisse consiste à dire quelles sont les exigences de l’Évangile et quelles sont les limites en dehors desquelles personne ne peut prétendre agir, en tant que chrétien. Ces limites, nous les avons indiquées dans la première partie de notre lettre.

Pour le reste, il appartient à la responsabilité de chaque chrétien de découvrir la meilleure action qu’il convient de mener dans les circonstances où il se trouve. Même dans des structures qui sont d’une inspiration différente de la sienne, un chrétien peut contribuer à la construction de son pays, dans toute la mesure du moins où n’est pas exigé de lui qu’il se renie lui-même dans sa foi.

Notre pays a d’ailleurs tout à gagner de la contribution d’un chacun, sans qu’il y ait des discriminations en raison de la foi religieuse. Comme nous l’avons largement montré, un chrétien n’est pas un mauvais citoyen, en raison de sa foi. Il souffre généralement autant que les autres de la misère du peuple et aspire autant qu’eux à plus de justice et de prospérité. En raison de sa foi, il possède même un dynamisme qui le pousse à s’engager et à travailler de toutes ses forces pour le bien de son pays. L’Évangile comporte une authentique exigence de justice et de promotion humaine. Le progrès de notre pays exige que l’on ne divise pas les forces vives en laissant certains citoyens sur la touche en raison de leur foi.

Nous reconnaissons donc à tout chrétien le droit de s’engager selon sa compétence dans les structures existantes, à condition qu’il n’ait pas à renier sa foi. Qu’il donne le meilleur de lui-même pour collaborer au développement, à la justice et à la paix...

+ Émile, Cardinal Biayenda, Archevêque de Brazzaville
le 6 novembre 1973



 

Prions pour notre Église

L’Église, en tant que peuple de Dieu, est un peuple catholique, c’est-à-dire universel. Pour autant les chrétiens ne cessent pas de vivre en pleine solidarité avec leur communauté nationale. Ils partagent, en tout, dans les réussites comme dans les difficultés et l’effort, le sort de leurs concitoyens.

Il a pu arriver dans le passé que dans une partie du monde donnée, l’Église ait paru liée aux classes et aux puissances dominantes ; il est possible aussi que le religion ait pu faire figure d’aliénation, par la suite d’une mauvaise interprétation de la doctrine de l’au-delà. Mais dans quel système ou dans quel peuple n’arrive-t-il pas qu’il y ait des hésitations et même des défaillances ? Ce n’est pas une raison pour que, dans un pays neuf comme le nôtre, l’Église soit assimilée aux forces anti progressistes, sans que l’on prenne en considération tout le progrès qui est arrivé par elle.

L’Évangile dont nous vivons est un dynamisme de renouvellement. Ce dynamisme n’est pas d’importation, il sort de notre propre peuple. Nos Églises sœurs d’Occident nous ont apporté l’Évangile qui est la Parole de Dieu pour tous les hommes. Cet Évangile a pris racine chez nous et maintenant il germe et il fructifie à partir de nous-mêmes. Il ne détruit pas les valeurs propres de notre peuple, mais leur donne une dimension et un nouveau... Nous pouvons donc être authentiquement Congolais et chrétiens.

Que chacun s’efforce donc d’être fidèle au Seigneur Jésus et de s’engager à la construction de notre pays, en pleine solidarité avec ses frères.

Émile Cardinal BIAYENDA
Lettre Pastorale Carême 1974



 

Prions pour que les enfants prennent conscience

Frères et Sœurs dans le Christ, l’époque que nous vivons est passionnante !

Tous, nous assistons à des transformations des conditions de vie, à des possibilités inouïes pour l’homme de maîtriser l’univers, à un progrès immense de la science et des techniques qui font notre admiration et nous portent à l’enthousiasme.

Avec cette évolution du monde, rapide, extraordinaire, se développent des faits nouveaux : les moyens de communication, par exemple, qui font prendre conscience à l’homme de sa dimension universelle ; les possibilités inouïes révélées par la conquête de la lune. Toutefois, ces faits nouveaux demandent à l’homme de s’asseoir et de réfléchir, car ils comportent un danger, un risque dont nous devons mieux prendre conscience, pour pouvoir le dominer.

Parmi tous ces nouveaux faits, il en est qui s’impose à nous, Congolais, avec force et netteté : celui de l’éducation des enfants et des jeunes. Il n’est pas trop fort de dire que nous assistons, ici dans notre pays, comme dans beaucoup d’autres pays, à une " véritable marée des jeunes ". Je pense que c’est notre devoir à tous : évêques, prêtres, religieux et religieuses, éducateurs, enseignants, responsables des mouvements de jeunes, laïcs, de nous asseoir calmement et durant tout ce temps de Carême, temps de prière, de lumière, de conversion, de faire le point, de prendre ce problème à bras le corps et d’y apporter, chacun à sa place et selon sa mesure, la solution ou des solutions simples, pratiques, efficaces qui s’imposent.

C’est dans ce but que je m’adresse à vous tous qui avez une part importante dans l’éducation des enfants, à vous aussi les jeunes des CEG et des Lycées, pour que cette lettre de Carême soit lue, discutée, méditée, non pas comme une simple parole humaine, mais comme cette Parole de Dieu...

Émile Cardinal BIAYENDA
Lettre Pastorale Carême 1974



 

Prions pour tous les parents

Vous, parents, votre tâche immédiate, urgente, primordiale est de faire de votre foyer ce " mbongui ", cette âme où vos enfants se développeront, s’éduqueront, se formeront. Un certain nombre d’entre vous se réunissent régulièrement en groupe de foyers pour discuter ensemble de leur problème de foyer.

Que ces groupes se multiplient, se développent. Il ne peut y avoir d’éducation sans ce " mbongui " familial qui rassemble parents et enfants dans une même case, pour vivre une même vie. Avons-nous suffisamment compris que la disparition de nos " mbongui " de village était de la part de Dieu une invitation pressante à les recréer au sein de nos foyers ... ? Tout effort entrepris pour rester au foyer au lieu de rendre visite aux amis, au lieu de traîner dans les bars, tout effort entrepris pour discuter en foyer de l’éducation des enfants, tout effort entrepris pour réunir souvent les enfants, tout cela qui coûte et nous oblige à changer nos habitudes, tout cela, ce sont nos enfants qui en seront les premiers bénéficiaires. Tout cela est possible, réalisable aujourd’hui, tout de suite.

N’oubliez pas aussi que vous devez de collaborer avec ceux qui sont responsables de la formation de vos enfants : les enseignants, les responsables des mouvements de pionniers, les responsables des jeunes, les catéchistes, les responsables de vos paroisses. Sachez discuter avec eux, ne leur refusez jamais une collaboration lorsqu’ils vous la demandent. Je pense, par exemple, aux associations de parent d’élèves, à la construction de la classes, ou à toute autre activité qui nous oblige à travailler ensemble.

N’oubliez pas enfin de prier, de prier souvent, de prier en foyer, de prier avec vos enfants. Un père, une mère qui oublie ou néglige de prier souvent pour ses enfants manque gravement à son devoir....

+ Émile, Cardinal Biayenda, Archevêque de Brazzaville
Extrait de la lettre pastorale du 22 février 1972



 

Prions pour notre société qui manque des " Mbongui "

C’est au " mbongui " que l’enfant recevait conseils et avis. Tous, vous en avez le souvenir, quelquefois nostalgique, de cette ambiance extraordinaire qui régnait au " mbongui ". Depuis notre plus petite enfance, nous restons marqués par ce que nous avons appris, découvert, vu, écouté au " mbongui où nos parents se rassemblaient et où arrivaient et étaient discutées toutes les nouvelles de la famille, de la ville et même du monde. Le " mbongui ", c’était " l’âme " du village et c’est au " mbongui " que l’enfant recevait la plus grande part de son éducation.

Que nous le regrettions ou non, nous sommes bien obligés de constater que le " mbongui " a disparu. De temps en temps, il revit à l’occasion de grands événements (matanga), ou bien à l’occasion de maladies ou de difficultés familiales pour la confession, mais ce n’est plus cet endroit privilégié où le jeune apprenait des anciens, des chefs ce qu’il devait savoir pour être un homme. Avec le " mbongui " disparu, c’est aussi toute une méthode d’éducation, c’est un certain nombre de coutumes qui disparaissent aussi.

Le " mbongui " est mort... mais par quoi a-t-il été remplacé ?

Nous sommes bien obligés de reconnaître que jusqu’à présent rien n’a été mis en place pour faire revivre, sous une forme nouvelle, ce lieu privilégié où l’enfant pouvait grandir et se développer.

Il y a l’école, avec tout l’effort entrepris pour adapter programmes et horaires, et à notre civilisation propre de bantou et au monde moderne, scientifique.

Il y a nos mouvements de jeunesse : pionniers et UJEC où les jeunes peuvent développer leur sens de l’effort, leur soif d’amitié et leur goût de l’entreprise.

Il y a nos communautés paroissiales qui cherchent à créer, développer ce sens de l’amitié, de la confiance et de la réflexion dont les jeunes ont besoin.

Mais il y a aussi les bars, le cinéma, la presse (les médias en bref), les livres, les revues, toute chose bonne, mais comme toute entreprise humaine marquée par le mal et qui bien souvent détruisent ce que l’école, le mouvement de jeunesse, la communauté paroissiale ou le foyer essaye d’inculquer à l’enfant.

Où le jeune a-t-il appris à jeter une branche à la tête de sa maman qui lui demande un service ... ?

Où le jeune a-t-il appris à se vêtir d’une façon scandaleuse...?

Où le jeune a-t-il appris à refuser d’aller chercher des médicaments pour son père gravement malade parce qu’il lui faut faire quelques kilomètres à pied... ?

Où, dans nos mouvements de jeunes ? dans nos écoles ?, dans nos paroisses ?, dans nos foyers ? : Non !, nous le savons très bien. Où ... ?, Si ce n’est dans tous ces lieux où le jeune livré à lui-même laisse s’épanouir tous ses penchants à la haine, à la violence, à l’immoralité qui existe depuis que le monde est monde et que l’éducation cherche justement à corriger, à canaliser, à dominer, à rejeter.

La disparition du " mbongui " me semble être une des causes les plus importantes de ces difficultés rencontrées pour éduquer nos enfants. Il y en a d’autres : psychologiques, économiques ou sociales. Je ne chercherai pas à les passer toutes en revue, je veux simplement en faire ressortir quelques-unes qui nous aideront à faire la lumière et à mieux comprendre...

+ Émile, Cardinal Biayenda, Archevêque de Brazzaville
Extrait de la Lettre pastorale du 22 février 1974



 

Prions pour la famille congolaise en pleine évolution

Vous constatez comme moi, l’évolution profonde que subit actuellement la famille dans notre pays.

Les parents se plaignent : « Nos enfants nous échappent ...Ils n’écoutent plus personne ... Ils ne travaillent plus... ». Les cas de jeunes filles enceintes avant le mariage se multiplient, qui aboutissent souvent à des avortements et à des stérilités, quand ce n’est pas à des suicides. Les infidélités et les mésententes sont de plus en plus nombreuses dans les foyers, qui aboutissent au divorce, même après un mariage religieux. Divorce dont les enfants sont les premières victimes : tiraillés entre des parents séparés et vivant dans l’insécurité. Abandonnés à eux-mêmes, quel foyer pourront-ils fonder plus tard. Tout cela s’accompagne d’une diminution du nombre des mariages religieux, par crainte de s’engager définitivement dans la situation du mariage que l’on sent instable et par manque de compréhension de la valeur du sacrement et des richesses qu’il apporte au foyer.

Cet ébranlement des valeurs familiales a ses causes dans l’évolution que subit notre société tout entière. La famille n’est plus groupée au village autour du " mbongui ", où les anciens étaient les gardiens des traditions et où le mariage avait pour but essentiel la prolongation de la race. Les jeunes, de plus en plus nombreux, sont venus habiter en ville. Le lien avec le village où demeure la grande famille, sans disparaître pour autant, s’est quelque peu relâché.

Le travail salarié et en particulier le travail salarié de la femme, l’accès des jeunes à la culture, qui se sentent de ce fait supérieurs à leurs parents, les voyages, les lectures, la radio, le cinéma qui apportent les exemples bons et mauvais des cultures étrangères... tout cela a profondément marqué la conception et le mode de vie de la famille, les relations entre conjoints, ainsi qu’entre parents et enfants. Même si au village se maintient la conception traditionnelle de la famille, celle-ci n’en est pas moins marquée par cette évolution.

Et pourtant la famille est et restera toujours la cellule de base de toute société. Ceux qui - à certains époques - l’ont oubliée, y sont vite revenus devant les conséquences graves de cette méconnaissance. Elle est et restera le lieu où se réalise et s’épanouit l’amour des conjoints, lequel aboutit au don de la vie et le lien où s’épanouira l’enfant dans l’affection et l’éducation de ses parents.

Il nous appartient de guider cette évolution et non la subir ; de sauvegarder les valeurs traditionnelles et de promouvoir celles qui étaient méconnues.

+ Émile, Cardinal Biayenda, Archevêque de Brazzaville
Extrait de la Lettre pastorale du 12 février 1975

 


 
 
 
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