Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville

LA MÉMOIRE BIAYENDA

Neuvaine Mars 2004

jeudi 26 février 2004

Neuvaine préparatoire au 27e anniversaire de la mort du Cardinal Émile Biayenda
du 13 au 21 Mars 2004

Directives :

- Commencer l’exercice de la neuvaine dans l’après-midi à l’heure qui convient à chaque paroisse.

- A chaque jour, une intention de prière est suggérée en rapport avec les Paroles prophétiques du Cardinal Émile Biayenda choisies comme première lecture.

- Le 22 mars 2004, au cours de la messe, prendre les textes du jour.

- En guise de deuxième lecture, prendre une des paroles prophétiques du Cardinal Émile Biayenda, au choix du célébrant.

- Étant donné que cette activité est diocésaine, il est demandé à toute la communauté paroissiale de participer à la neuvaine. Aucune autre activité ne peut être programmée à la même heure.

- Le vendredi, la neuvaine est incluse dans l’exercice du chemin de Croix. Avant le chemin de croix, lire la parole prophétique du jour et à la fin réciter trois Ave Maria, suivie de la prière pour la Cause du Cardinal.

- Le dimanche, après le chant d’action de grâce, lire les paroles prophétiques du jour, réciter trois Ave Maria suivie de la prière pour la Béatification et la Canonisation du Cardinal Émile Biayenda.

 
Voici le schéma :

1- Chant de rassemblement

2- Invitation à la prière (acte pénitentiel)

4- Lecture de la Parole prophétique du jour

5- Chant de méditation : Dernier chant exécuté par le Cardinal peu avant son enlèvement)

(N’ge ni wididila Tata ni ngé)
(Je crois en Toi mon Dieu, je crois en Toi)


 

6- Chant d’acclamation

7- Lecture biblique (texte du jour), suivie d’un bref commentaire

8- Prière Universelle. (3 personnes : Papa, maman, un jeune)

9- Récitation du chapelet (Mystères du jour)

10- Quête (à transmettre à la Procure pour la Cause)

11- Prière pour la Cause de béatification et de canonisation du Cardinal Émile BIAYENDA.

12- Bénédiction par le Prêtre.

13- Chant de sortie

 

INTENTIONS DE PRIÈRE

Premier jour, le 13 : Le chrétien dans la communauté nationale.

Deuxième jour, le 14 : La vraie dignité de l’homme : « Aimez-vous les uns les autres ».

Troisième jour, le 15 : Le chrétien doit vivre sa foi en participant à l’effort de construction nationale.

Quatrième jour, le 16 : Le chrétien et le partage équitable de la richesse nationale.

Cinquième jour, le 17 : La famille est la cellule de base de la société nationale.

Sixième jour, le 18 : Prions pour les obstacles qui entravent l’unité.

Septième jour, le 19 : Prions pour que l’homme congolais change son cœur.

Huitième jour, le 20 : Prions pour l’unité dans les foyers.

Neuvième jour, le 21 : Prions pour ceux qui gaspillent la paix, en répandant le sang de leur frère et Chef.

 



 

Premier jour : Samedi 13 Mars 2004

Le Chrétien dans la communauté nationale.

On ne peut pas être authentiquement chrétien sans participer activement au Développement et à cet effort pour plus de paix dont nous sentons tous l’urgence. Ce devoir est une composante même de notre foi. Évangéliser, c’est aussi participer au développement.

Il est vrai, promouvoir et organiser le développement pour construire un monde plus juste et plus fraternel n’est pas directement la tâche de l’Église. S’il lui est arrivé de prendre, parfois directement en mains, cette responsabilité, c’était parce qu’il ne se trouvait personne d’autre pour l’assurer. Normalement cette tâche revient directement à ceux qui sont responsables du gouvernement des peuples.

Mais les chrétiens ont le devoir d’être préoccupés par cette tâche ; ils doivent être parmi les premiers à participer au développement. Ils ne pourront le faire qu’en vivant intensément leur vie chrétienne dans leur communauté nationale.

C’est pourquoi nous vous invitons, aujourd’hui, à réfléchir sur notre place de chrétien dans la communauté nationale et sur le devoir que nous avons de participer à la construction de notre pays et du monde, dans la justice, la paix et le progrès.

Le chrétien est membre du Peuple de Dieu, mais il n’en est pas moins membre de sa communauté nationale. Le fait d’être chrétien ne peut pas diminuer la valeur du citoyen. Au contraire, le vrai chrétien veut être parmi ceux qui travaillent le plus pour le bien de leur pays. C’est ainsi qu’il accomplit la loi du Christ qui lui demande d’aimer son prochain.

Cardinal Émile Biayenda
Extrait : Lettre Pastorale 1972

 



 

Deuxième jour : Dimanche 14 Mars 2004.

La vraie dignité de l’homme
« Aimez-vous les uns les autres »

Notre grande préoccupation doit être de vivre cette loi nouvelle du Christ. Nous devons la vivre chaque jour, dans notre famille, à notre lieu de travail, en toute circonstance. Bien faire son devoir d’état, c’est aimer, selon la loi du Christ : Notre travail quotidien est, en effet, un service que nous rendons dans notre société nationale ; il profite aussi aux membres de la famille avec qui nous partageons ce que nous avons gagné.

Cette loi nouvelle du Christ nous poussera aussi à contribuer courageusement au développement de notre pays et à l’établissement des relations plus justes et plus fraternelles entre les hommes.

Par contre, nous ne pouvons, en aucun cas, renier, par principe, la loi d’amour du Christ. Nous devons renoncer à toute pratique et à toute méthode qui mépriseraient la dignité de l’homme. Ainsi nous devons rejeter tout système bâti sur l’exploitation de l’homme par l’homme ; tout système qui écraserait l’homme en lui refusant les libertés élémentaires de la personne humaine ; tout système qui prône le racisme, la violence et le mensonge. En aucun cas, un chrétien ne doit recourir à la vengeance, aux règlements des comptes privés ou approuver la torture. Nous devons renoncer aux méthodes qui tenteraient d’instaurer une atmosphère de haine entre individus ou couches d’un même peuple.

Par là, nous ne renonçons nullement à lutter pour la justice et l’égalité entre les hommes. Nous refusons seulement certaines manières d’agir incompatibles avec la loi d’amour du Christ et la dignité humaine. Employer ces méthodes serait nous diminuer nous-mêmes. Jésus a dit à ses disciples : « Vous êtes la lumière du monde ». Pour être cette lumière, au milieu de notre communauté nationale, nous devons donc donner le témoignage d’une vie de charité au service de tous, dans le respect de la vraie dignité de l’homme et dans l’adoration filiale de Dieu, notre Père.

Cardinal Émile Biayenda
Extrait : Lettre Pastorale 1972

 



 

Troisième jour : Lundi 15 Mars 2004.

Le chrétien doit vivre sa foi en participant à l’effort de construction nationale

Si le chrétien ne peut, en aucun cas, accepter l’athéisme et une conception de l’homme sans référence à Dieu ou des méthodes découlant directement de ces positions théoriques, il doit, par contre, s’engager loyalement et généreusement dans l’œuvre de progrès entreprise par son pays. Il serait faux de croire que du fait de sa foi, le chrétien est un mauvais citoyen. Au nom même de sa foi, il est engagé à militer pour la justice, l’égalité et la paix entre tous ; au nom même de sa foi, il s’adonne au travail pour conquérir le plus et le mieux-être pour lui-même et ses concitoyens. C’est être mal informé que de penser que notre foi, dans la vie éternelle, nous détourne des tâches de la vie présente.

Le récent Synode de Rome nous engage dans cette voie : « Les membres de l’Église, comme membres de la Société civile, ont le droit et le devoir de poursuivre le bien commun comme les autres citoyens. Les chrétiens doivent remplir, avec fidélité et compétence leurs tâches terrestres. Ils doivent agir comme levain dans leur vie familiale, professionnelle, sociale, culturelle et politique... Ils témoignent ainsi de la puissance de l’Esprit-Saint dans l’action au service de leurs frères, aux points où se jouent leur existence et leur avenir »…

Dans la phase actuelle de l’évolution de notre pays, le travail se présente comme le chemin obligé pour atteindre au progrès et à la prospérité. Il est « le seul facteur capable de sortir rapidement notre pays de la domination économique et de la domination tout court » (Discours du Chef de l’État, à l’occasion du Nouvel An). Le travail permettra à chacun d’atteindre, sans s’abaisser à tendre la main, le bien-être plus grand auquel nous aspirons tous.

Que chaque chrétien s’engage donc généreusement aux côtés de ses autres frères Congolais dans le travail. Qu’il se signale par son sens de l’effort et sa conscience professionnelle.

Que ceux qui possèdent la compétence requise s’offrent à coopérer, chacun à son niveau, avec ceux qui sont responsables pour chercher toutes les solutions, voies et moyens pour régler les problèmes de la misère du peuple.

Qu’aucun chrétien n’ait à être condamné pour manque de conscience professionnelle, pour détournement de fonds ou autres malversations commises au détriment de la communauté nationale. Il faut louer les efforts qui sont faits pour multiplier les emplois et procurer à chacun les moyens de gagner sa vie, en s’assurant la dignité que donne le travail.

Cardinal Émile Biayenda
Extrait : Lettre Pastorale 1972

 



 

Quatrième jour : Mardi 16 Mars 2004.

Le chrétien et le partage équitable de la richesse nationale

L’Église connaît la valeur du partage. Il est tout à fait conforme à son message que la société soit organisée de telle manière que les biens possédés ou produits par le pays profitent équitablement à tous les membres de la nation.

La propriété collective des moyens de production peut être une bonne manière d’organiser le partage équitable, à condition que tout soit mis en œuvre pour que cette propriété collective profite effectivement au bien-être de tout le peuple. Il faut aussi que l’organisation de la propriété collective soit démocratique. Comme le souligne Paul VI, « les groupes humains se transforment peu à peu en communauté de partage et de vie, dans la mesure où chacun a la possibilité de s’informer et de s’exprimer, tout en s’engageant dans la responsabilité commune ». (Lettre au card. Roy, n° 47).

De toute façon, les chrétiens doivent avoir le sens du partage et de la communauté ; c’est une exigence de l’Évangile et une qualité authentique de notre culture. Nos ancêtres ont eu et nous ont laissé le sens du partage familial et de l’hospitalité. Nous devons maintenant élargir cet héritage aux dimensions nouvelles de notre communauté nationale.

Cardinal Émile Biayenda
Extrait : Lettre Pastorale 1972

 



 

Cinquième jour : Mercredi 17 Mars 2004.

La famille doit faire découvre aux jeunes gens le sérieux et la grandeur de l’amour humain

La famille est la cellule de base de la société nationale et, pour les chrétiens, elle est aussi la cellule de base de l’Église. L’évolution rapide de notre société pose de graves problèmes concernant la famille. Il faut qu’à cet égard les chrétiens donnent un exemple de maturité. Nous encourageons les groupes de foyers qui s’organisent dans les paroisses, pour réfléchir aux problèmes qui se posent du fait de la mise en question des coutumes et du fait de l’influence de la vie moderne souvent dissolvante.

Il faut que les jeunes gens et les jeunes filles découvrent le sérieux et la grandeur de l’amour humain, pour que cessent le dévergondage et la multiplication inquiétante des avortements qui s’ensuit. Ces avortements prouvent le peu d’emprise que gardent les parents sur les jeunes ; ils montrent que les jeunes acquièrent de plus en plus difficilement le sens du sérieux de la vie, malgré les études poussées qu’ils peuvent faire. Ceci est inquiétant pour l’avenir de notre peuple, sans même qu’il soit besoin de parler des conséquences néfastes qu’entraînent les pratiques abortives clandestines : maladies, stérilité. Il faut, avant tout, que les jeunes acquièrent le sens du sérieux de la vie.

Il est déplorable, à cet égard que ce soient souvent des adultes, et parfois même des responsables de l’éducation, qui donnent le mauvais exemple. Que les parents chrétiens usent de toute leur autorité pour inculquer à leurs enfants le sens de la vie et pour faire en sorte que ces enfants gardent le contact avec la communauté chrétienne. Il importe que les parents soient aidés dans leur responsabilité par l’application des lois en vigueur dans notre pays en ce qui concerne la délinquance juvénile, le vagabondage et le détournement des mineurs.

Nous voudrions nous adresser aux jeunes eux-mêmes, pour leur dire de ne pas se laisser entraîner par la facilité : en tant que chrétiens, n’oubliez pas que vous devez réussir votre vie par l’étude et le travail ainsi que par le dépassement de vous-mêmes, selon les valeurs de l’Évangile. Il ne suffit pas de décrocher un diplôme, il faut aussi grandir votre cœur. Même si vous avez fait plus d’études que vos parents, vous devez leur garder le respect et la soumission qui conviennent : ils vous ont donné la vie et se sont sacrifiés pour vous. Ainsi seulement vous vous préparerez à réussir votre vie devant les hommes et devant Dieu.

Un autre problème qui se pose au sein de la famille est celui de la place et du rôle de la femme dans notre société. Dans leur complémentarité réciproque et avec leurs qualités propres, la femme et l’homme sont égaux ; ils sont l’un et l’autre créés à l’image et à la ressemblance de Dieu ; ils sont l’un et l’autre appelés à être membres de la famille de Dieu. Il faut que cette vérité chrétienne s’inscrive progressivement, et d’une manière harmonieuse, dans notre société : par l’abolition de la polygamie et par le renouvellement des coutumes concernant le mariage, la vie de famille, l’organisation de notre société et le veuvage. Sur ce dernier point, nous rappelons la lettre pastorale de Mgr Théophile MBEMBA, à l’occasion du carême 1971. Il ne faut pas que ses paroles restent lettre morte.

Progressivement, il doit s’opérer, dans nos communautés, un changement de mentalité. Alors l’esprit chrétien pourra aussi profiter à toute la communauté nationale. La santé de la famille est la santé du pays.

Cardinal Émile Biayenda
Extrait : Lettre Pastorale 1972

 



 

Sixième jour : Jeudi 18 Mars 2004.

La réconciliation et la paix commencent toujours par une conversion profonde de chacun

Nous voulons, avec vous d’abord, comme Pasteur et comme Père, utiliser tous les moyens dont nous disposons pour réaliser une vraie réconciliation avec Dieu notre Père. Ensuite, dans toute la mesure du possible, nous chercherons à nous réconcilier entre nous, entre Congolais, avec les hommes de toutes races, nations, religions, et ceux-là même qui ont des opinions différentes.

La société de consommation envahit nos vies. Nous sommes cependant héritiers de coutumes très belles, malheureusement souvent déformées. Vivant dans l’État congolais, examinons notre vie dans notre manière de penser et d’agir, au regard de notre mentalité propre et de nos habitudes religieuses. Entreprenons ce travail courageusement à la Lumière de l’Évangile et en suivant les enseignements du Concile Vatican II. L’heure est à l’interpellation personnelle. Cherchons à savoir ce que le Seigneur attend de nous, aujourd’hui.

Cette œuvre est grande et belle. N’hésitons pas à demander l’aide de Marie, Notre-Dame du Congo. Supplions l’Esprit-Saint de nous assister et de nous donner Lumière et Force. Tout cela exigera de nous de grands efforts, c’est certain. Il faut du courage pour modifier certaines habitudes de vie. Ne manquons pas de répondre à cet appel de notre Père Céleste que nous transmet, en ce jour, notre Pasteur Universel le Pape Paul VI.

Ceci nous obligera à nous regarder les uns les autres. Enfants du même Père, nous verrons mieux ce qui nous unit et nous divise. Reconnaissons les obstacles qui entravent l’unité intérieure de notre Église, l’unité entre les chrétiens, l’unité et l’harmonie entre citoyens de notre nation. Que cette réflexion soit faite d’abord sur notre propre vie. Développons-la ensuite en commun avec nos frères. Ne craignons pas de nous mettre en question, c’est-à-dire de reconnaître nos propres torts. Les divisions qui nous éloignent ou nous opposent à nos frères se révéleront à nous. Ne serait-ce pas à cause de notre manque de largeur de vue, à cause de notre manque de foi ? Ne nous manque-t-il pas surtout un vrai désir de vivre selon l’Esprit du Christ ? A nous de répondre.

Portons également un regard lucide sur la Société chrétienne et congolaise... telle qu’elle se vit présentement. Nous serons probablement amenés à changer une bonne part de notre comportement humain et religieux. C’est une exigence de fidélité à notre foi personnelle ... Ensuite, seulement, entreprenons le dialogue avec ceux qui ne partagent pas notre conception du monde et de la Société. Soyons d’abord les Témoins d’une foi vécue. La réconciliation et la paix commencent toujours par une conversion profonde de chacun. Cela se traduira par un changement d’esprit dans nos familles chrétiennes, dans nos œuvres, dans nos paroisses. Si nous désirons un dialogue sincère entre les croyants et avec tous les hommes de bonne volonté, il nous faut accepter et cette conversion personnelle et cet « esprit nouveau » qui transformeront nos Communautés. Par-delà les races, les mentalités, les religions, les fortunes, et les idées qui pourraient nous écarter les uns des autres, nous pourrons alors « rencontrer » les autres au plan de la Fraternité humaine.

Nous vous engageons, chers frères, à vous mettre tout de suite à l’œuvre pour ce travail de longue haleine. N’oubliez pas de le préciser par une réflexion sur les faits ; de le sanctifier par la prière ; l’Évangile et les Documents du Concile seront vos guides. Ainsi se réalisera dans la réconciliation ce monde fraternel tant désiré.

C’est une tâche exaltante, à laquelle je vous convie aujourd’hui. Elle est proposée à tous et à toutes sans exception. Aussi nous vous demandons, chers frères : prêtres, religieux, religieuses, responsables des mouvements, vous les jeunes et vous tous Fils et Filles de la grande famille chrétienne, unissez-vous à notre plan d’action. Ce renouveau des esprits et des cœurs que nous vous proposons trouvera son aboutissement au cours de nombreux pèlerinages qui seront autant de manifestations solennelles de notre Foi. En réponse à tous nos efforts pour nous réconcilier à Dieu notre Père et à nos frères les hommes, nous bénéficions ensemble de l’indulgence Plénière accordée à l’occasion de l’Année jubilaire.

Cardinal Émile Biayenda
Extrait : Lettre Pastorale du 6 novembre 1973

 



 

Septième jour : Vendredi 19 Mars 2004.

L’homme Congolais doit changer son cœur

Chers frères, chères sœurs ;
Vous Jeunes gens et Jeunes filles,

Il vous est arrivé sans doute de croire que, pour développer notre monde et notre pays, il suffit seulement d’apprendre la technique. Non, il faut encore que l’homme change son cœur vis-à-vis des autres hommes. Pour que les hommes ne gardent pas leur vie égoïstement pour eux-mêmes, mais pour leurs frères les hommes, il faut des hommes spécialisés, des prêtres, des religieux, des religieuses, des catéchistes, des responsables engagés pour leur enseigner qu’ils sont tous frères. Qui parmi vous acceptera d’aller enseigner aux jeunes congolais que le Mbochi est frère du Kouyou, que le Kouyou est frère du Lari, que le Téké est frère du Vili, que tous les hommes doivent s’aimer comme des frères et que Dieu notre Père demandera à chacun ce qu’il aura fait aux autres. Voilà le travail qui fait défaut à la base de notre monde.

Puisse le Seigneur susciter des jeunes gens comme pour annoncer l’amour fraternel et l’unité des hommes en Jésus-Christ.

Amen !

Cardinal Émile Biayenda
Extrait de l’homélie ; Ordination de l’Abbé Anatole Milandou
Kinkala, le 23 Juin 1974

 



 

Huitième jour : Samedi 20 Mars 2004.

La paix dans le foyer
« L’homme quittera son père et sa mère »
(Genèse 2, 24)

Fonder une famille, c’est d’abord quitter une autre famille à laquelle on appartenait et qui nous a conduits à l’âge adulte, non pour nous garder égoïstement à son service, mais pour nous permettre de réaliser le plan de Dieu. Certes, on ne pourra jamais oublier ses parents, ni même ses frères et sœurs, et plus les membres de sa famille.

Dieu l’a rappelé par Moïse dans ses Commandements : « Honore ton père et ta mère ... » (Exode 20,12). Mais le lien conjugal contracté par le mariage doit prévaloir sur le lien familial. Par le mariage, l’homme et la femme s’appartiennent d’abord l’un à l’autre et à leurs enfants, avant d’appartenir chacun à sa propre famille. Faute de quoi, l’amour est partagé, il n’est pas total, et le foyer est déjà menacé de division. C’est là un enseignement du Seigneur que nous oublions trop.

«  Il s’attachera à sa femme et à deux, ils feront plus qu’un  »
(Genèse 2, 24)

 
« Il s’attachera à sa femme » : l’amour ne peut être partagé entre plusieurs épouses, car l’amour tend à faire l’unité entre deux êtres. La polygamie n’a jamais été inscrite dans le plan de Dieu.

« A deux, ils ne feront plus qu’un » : rester deux tout en étant un, voilà bien la grande richesse de l’amour.

Il y a des foyers où l’on est « deux » mais on n’est plus « un » : chacun vit de son côté, sans dialogue ; chacun gagne et utilise son argent ; chacun a ses activités, ses amis ; chacun conserve bien sa personnalité, mais il n’y a plus d’unité.

Il y a par contre des foyers où l’on est « un », mais on n’est plus « deux ». Le mari commande et la femme obéit ; le mari ne demande jamais l’avis de son épouse, il décide tout par lui-même, et la femme n’a aucune initiative, elle reste comme un enfant qui ne devient jamais adulte. L’unité du foyer existe, mais il y a un des époux, qui pour ainsi dire, a disparu.

Il faut rester deux : accepter que l’autre soit différent, n’aie pas les mêmes goûts, les mêmes désirs, les mêmes manières de voir les choses ; respecter sa personnalité différente de celle de son conjoint.

Tout en étant un : de ces deux personnalités différentes par le sexe, l’éducation, le tempérament, il faut faire un unique foyer. C’est dans l’amour et par le dialogue que se fait cette unité : l’amour qui fait découvrir toutes les richesses de l’autre, toutes ses qualités, parce que dans la confiance, l’autre se révèle, livre ses secrets ; l’amour qui fait prendre conscience de la manière dont les deux époux peuvent se compléter l’un l’autre ; l’amour qui fait chercher le bonheur de l’autre, qui veut le faire grandir ; le dialogue qui, à partir de deux points de vue différents, aboutit à une idée commune qui dévient la pensée du foyer.

Cardinal Émile BIAYENDA
Extrait de la Lettre Pastorale du 12 Février 1975

 



 

Neuvième jour : Dimanche 21 Mars 2004.

La violence et le sang versé sont-ils une solution à nos difficultés d’aujourd’hui ?

Chers frères et Sœurs,

La mort brutale du Président Marien-Ngouabi nous a bouleversés et profondément attristés. Il est difficile, aujourd’hui, d’être un conducteur de peuple, dans un monde exigeant et inquiet, qui cherche des solutions à la justice pour les hommes et au bonheur des peuples. La violence et le sang versé sont-ils une solution à nos difficultés d’aujourd’hui ? Nous ne le pensons pas.

C’est pourquoi nous condamnons fermement ceux qui gaspillent la paix, en répandant le sang de leur frère et Chef. Nous, Chefs Spirituels des Églises Catholique, Évangélique, Salutiste, Kimbanguiste du Congo, tenons à rendre un hommage à la mémoire de Celui que Dieu avait placé devant nous et que le peuple avait choisi pour conduire la nation congolaise sur le chemin de la justice, de la fraternité et du partage de la richesse commune.

Nous ne pouvons pas oublier, qu’au-delà de ses convictions personnelles et sincères, il fut toujours accueillant à tout ce qu’il y avait de généreux dans la pensée et le cœur de ceux qui croyaient en Dieu. Il respectait profondément la liberté religieuse.

« A tous nos frères croyants, du Nord, du Centre et du Sud, en souvenir du Président Marien-Ngouabi, nous demandons beaucoup de calme, de fraternité et de confiance en Dieu, Père de toutes races et de toutes tribus, afin qu’aucun geste déraisonnable ne puisse compromettre un climat de paix, que nous souhaitons tous ».

En confiant aujourd’hui, nos sentiments de tristesse à la famille du disparu et aux Responsables du Comité Militaire du Parti, nous supplions le Seigneur Dieu d’être accueillant envers notre frère et Chef, le Président Marien-Ngouabi, et de le recevoir dans sa Maison, avec cette même délicatesse qu’il mettait à recevoir chez lui les Chefs Spirituels des Églises Chrétiennes du Congo.

Émile Cardinal BIAYENDA
Mardi 22 Mars 1977 à 16hoo

 



 

PRIÈRE POUR LA CAUSE DU CARDINAL ÉMILE BIAYENDA

Seigneur Dieu, notre Père, qui as révélé aux hommes par ton Fils

Jésus-Christ, les voies du Royaume des cieux et de l’éternité bien heureuse : accorde à ton Serviteur, le Cardinal Émile Biayenda, la grâce d’être glorifié parmi tes élus du ciel, lui qui, par ses vertus et le sacrifice de sa vie, a témoigné sur terre, du véritable amour de Dieu et du prochain.

Par Jésus-Christ, Notre Seigneur.

Amen

 



 

M’SAMBU MU YAWUDILA NZANGULU YA TATA KARDINALE ÉMILE BIAYENDA GA KATI DIA BASANTU

Mfumu Nzambi, Tatêto, Nge wa songele bântu nzila ya Kimfumu

kia zulu, na ya zingu kia kinkululu, mu Muanâku Yezu-Kriste.

Gâna sadi kiâku, Tâta Kardinale Émile Biayenda,bueso bu ka zângulu mu nsângu, gâ kati dia basântu bâku kû zulu.

Yandi wa têle kimbângi gâ nsi, kia ngudia luzolo lua Nzambi na lua bampuanêto, Mu ndiatulu’andi na mu m’kayulu wa zingu kiândi.

Mu nkûmbu ya Yêzu Kriste Mfumu’êto.

Amen

 



 

LOSAMBO MPO NA KOBONDELA BOTOMBWAMI BWA KARDINALE ÉMILE BIAYENDA O KATI YA BASEMBA O LIKOLO

Mokonzi Nzambe, Tata wa biso, Olakisaki na bato na Mwâna wa yo Yezu-Kristu, nzela ya Bokonzi bwa likolo mpe ya bomoi bwa lobiko ;

Opesa na Mosaleli wa yo, Kardinale Émile Biayenda, gracya ya kotombwama, o kati ya basemba ba yo o likolo,

Na bikela bya ye mpe na libonza lya bomoi bwa ye, Azalaki motatoli awa o nse, mwa bolingo bwa solo bwa Nzambe mpe bwa baninga.

O nkombo ya Yezu Kristu, Mokonzi wa biso.

Amen

 


 
 
 
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