Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

« Béni sois-tu, Seigneur, de nous avoir donné Émile BIAYENDA, ce fils de la Nation Congolaise »

Le Pape Jean Paul II aux Évêques, Prêtres, Religieux et aux Fidèles Chrétiens du Congo, le 5 Mai 1980

Chers frères dans l’épiscopat et vous qui avez consacré votre vie au Seigneur, et vous les fidèles au Congo.

Recevez le salut paternel et affectueux du Vicaire du Christ, venu vous voir en pèlerin de l’Évangile, pour vous dire, comme l’Apôtre Paul : « Je me rappelle la part que vous avez prise à l’Évangile, depuis le premier jour jusqu’à maintenant, j’en suis sûr d’ailleurs. Celui qui a commencé en vous cette œuvre excellente en poursuivra l’accomplissement jusqu’au jour du Christ Jésus... Oui, Dieu m’est témoin que je vous aime tendrement dans le cœur du Christ Jésus ! »(Ph 1,5-6.8).

Cette sollicitude constante que j’éprouve à votre sujet, j’ai voulu vous l’exprimer personnellement, tant était grand mon désir de vous voir, de vous encourager tous et de vous bénir.

Pape Jean Paule II

Vous-mêmes souhaitiez pouvoir donner au pape, au cours de son voyage en Afrique, le témoignage de votre foi et de votre fidélité à l’Église. En répondant avec joie à votre invitation, j’ai conscience que nous nous trouvons, les uns et les autres, à un moment tout à fait particulier, et que le Seigneur nous demande de le rendre fécond. Au-delà de la joie humaine et spirituelle de cette rencontre entre frères en Jésus-Christ, c’est la présence même du Christ qui nous saisit en ce lieu vénérable, le premier siège épiscopal du Congo.

Vers lui, qui fut envoyé dans le monde « afin que nous vivions par Lui » (1Jn 4,9), tournons ensemble notre regard en prière d’action de grâce et de supplication.

Une prière d’action de grâce pour tout ce qu’il a réalisé déjà en vous et avec vous, vous tous qu’il a appelés pour que vous alliez et que vous portiez du fruit. N’est-ce point du fait de vos efforts persévérants que la semence jetée par les premiers missionnaires a pu produire largement ?...

Le courage, la loyauté, l’enthousiasme de posséder un trésor et le désir de le partager, telles sont bien les qualités de l’apôtre, et vous avez à les cultiver. Aux yeux des hommes, ce trésor est impalpable ; il ne peut être que mystérieux. Mais vous connaissez vous-mêmes et, d’une certaine façon, vous vivez ces paroles profondes que l’Écriture met dans la bouche de Pierre : « De l’argent et de l’or, je n’en ai pas, mais ce que j’ai, je te le donne, au nom de Jésus-Christ, le Nazaréen, marche » (Ac.3,6).

Dans l’histoire du Congo se sont dressé déjà des témoins fidèles, fidèles à leur Dieu, fidèles au message évangélique, fidèles à l’Église universelle et à l’enseignement du Pape. Je veux rendre grâce aussi pour eux tous, et spécialement pour l’exemple laissé par le cher et vénéré Cardinal Émile Biayenda. Sa disparition tragique vous a fait pleurer un père, j’ai pleuré moi-même un frère très aimé. Je viens le pleurer et prier ici, sur sa tombe, au milieu de vous, avec vous, sûr que si le Christ a désiré qu’il fût désormais auprès de lui, c’est que sa place était prête pour l’éternité (cf Jn.14,2-3), et qu’il peut ainsi mieux encore intercéder pour vous et pour sa patrie. En ce sens, son ministère pastoral se poursuit à votre service.

Béni sois-tu, Seigneur, de nous avoir donné ce Pasteur, ce fils de la Nation Congolaise et de l’Église, le Cardinal BIAYENDA.

Et maintenant, Seigneur, je te supplie pour mes frères et sœurs les catholiques du Congo. Je Te les confie, puisque Tu m’as permis de les visiter chez eux. Je te recommande leur foi, jeune mais combien pleine de vitalité, pour qu’elle grandisse, qu’elle soit pure et belle, et communicative, qu’elle continue à pouvoir s’exprimer et être proclamée librement, «  car la vie éternelle c’est qu’ils connaissent le seul véritable Dieu et son envoyé Jésus-Christ  » (cf Jn 17,3). Je les confie également à Ta Sainte Mère, la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Église.

Qu’elle les prenne sous sa protection toute maternelle et veille sur eux dans les difficultés ! Qu’elle leur apprenne à se tenir au pied de la Croix et à se tenir autour d’Elle dans l’attente de Ta venue, quand les temps seront accomplis.

Avec eux, je Te prie pour leur unité, qui puise sa source en Toi, et sans laquelle leur témoignage serait affaibli : unité du corps épiscopal, unité dans le clergé et dans les diocèses, capacité de collaboration au-delà de toute diversité ethnique ou sociale, unité aussi avec le Siège de Pierre et l’ensemble de l’Église. Tu ne peux fermer l’oreille à cette prière. Toi qui t’es livré pour rassembler les enfants de Dieu.

Écoute encore l’invocation que nous T’adressons, en ce jour, pour la sanctification des prêtres, des religieux, des religieuses et de tous ceux qui, dans les divers centres de formation, se préparent à Te consacrer leur vie. Répondant à ton appel, qu’ils sachent renoncer aux choses de ce monde pour Toi, à toute recherche d’une gloire matérielle ou humaine, et se montrent disponibles aux urgences de l’Église en quelque mission qui leur sera confiée (Cf Ad Gentes, p.20). Heureux de leur don, heureux de leur célibat, puissent-ils approfondir, eux dont l’eucharistie marque le sommet de toutes les journées, ce que signifie offrir sa vie en sacrifice pour le salut des hommes....

Pape Jean Paul II
Extrait de son allocation aux Évêques, Prêtres, Religieux et aux fidèles chrétiens,
le 5 mai 1980 en la Cathédrale Sacré-Cœur de Brazzaville.

 


 
 
 
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