


samedi 2 mai 2026






déclare le couple Maouly, venu de Moanda (Gabon)
Mr Maouly Joseph et son épouse Augustine née Sadouma, présidente de la Fraternité Cardinal Émile Biayenda à Moanda au Gabon sont venus au Congo d’abord pour participer au bicentenaire de Anne Marie Javouhey et ensuite faire un pèlerinage à la tombe du Cardinal Émile Biayenda. Conduits à nos bureaux par Sœur Séraphine Tsimba, de la Congrégation des religieuses de Saint Joseph de Cluny, le couple Maouly s’est prêté à nos questions.
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La Mémoire BIAYENDA : M. et Mme Maouly, peut-on connaître le but de votre présence au Congo Brazzaville ? Nous commencerons d’abord par Maman présidente de la fraternité.
Mme Maouly née Sadouma Augustine : Nous n’avons pas pu être ici avec vous lors de la célébration du 30e anniversaire de la mort du Cardinal Émile Biayenda. Cette fois-ci, une occasion nous a été offerte à l’occasion du bicentenaire de Anne Marie Javouhey et nous nous sommes dits, mon mari et moi-même, qu’il fallait venir à Brazzaville et profiter aussi de faire un pèlerinage à la tombe, à la montagne où il a subi le martyre et enfin dans l’appartement où notre vénéré pasteur le Cardinal Émile Biayenda a vécu.
La M.B. : Le Cardinal de son vivant a effectué plusieurs tournées au Gabon, plus précisément à Mouanda. Avez-vous eu l’occasion de le rencontrer ?
Mme M.S.A. : Non, je l’ai connu par l’intermédiaire de la religieuse de St Joseph de Cluny, la sœur Séraphine, qui nous a parlé de lui.
La M.B. : Depuis que vous l’avez connu que ressentez-vous ?
Mme M.S.A. : Depuis que j’ai fait sa connaissance, j’ai intégré la fraternité qui porte son nom. Mon mari, bien que n’étant pas membre, a été fasciné par la documentation du Cardinal, surtout le livre de l’Abbé Adolphe Tsiakaka, « La grandeur d’un humble », le journal « La Mémoire » n° 30 où l’on a relaté ses 44 jours de prison. Depuis lors, mon mari avait manifesté le désir de se rendre à Brazzaville pour toucher du doigt les réalités de la vie du vénéré pasteur.
La M.B. : Cette fois-ci, nous allons nous tourner vers votre mari. Alors M. Maouly Joseph, dites-nous ce que vous pensez du cardinal Émile Biayenda ?
M. Maouly Joseph : Déjà, une grande personnalité de l’Église que j’ai connue à travers les médias, mais principalement, j’ai connu le Cardinal Biayenda à travers, le livre écrit sur lui et auquel mon épouse a fait allusion. Ce bouquin m’a épaté de fond en comble, son enfance, sa vie scolaire, tous ses grades multiples de son ministère sacerdotal, épiscopal jusqu’au cardinalat. Je vous dis que ce livre m’a séduit.
Ayant donc appris qu’il y avait la fête de Anne Marie Javouhey à Brazzaville, j’ai dit à mon épouse, qu’on va faire d’une pierre deux coups. Nous allons nous déplacer pour Brazzaville, toucher du doigt et voir la réalité du Cardinal sur place. Je pense que sur place, nous aurons des témoignages plus émouvants, plus palpant par rapport à ceux qui ont vécu l’action. Et, la sœur nous disait toujours, là-bas à Brazzaville, vous verrez des choses plus expressives, réalisées par le Cardinal et vous aurez aussi beaucoup de témoignages. Voilà, ce qui a motivé notre déplacement sur Brazzaville.
La M.B. : Maintenant que vous êtes sur place quel est votre sentiment ?
M.M.J. : Arrivés au Congo, nous sommes très contents. Déjà en partant de chez nous, nous avons confié le voyage au Cardinal. Tout au long du trajet, je vous signale que nous sommes venus par route, nous avons senti que le vénéré pasteur, le Cardinal Émile Biayenda était avec nous.
Au départ de chez nous, nous avons eu beaucoup de tractations, nos membres de familles étaient malades, hospitalisés en réanimation.
Et le jour que l’on devait quitter Moanda, nous nous sommes dits : on va à l’hôpital, si ça ne va pas parmi nos malades, on revient et on dépose les bagages, mais si ça va, on continue notre route et c’est de cette manière que nous sommes allés à l’hôpital où nous avons trouvé les malades et signé quelques décharges, après avoir demandé à nos malades comment allaient-ils, qui nous ont rassuré qu’ils se portaient mieux, voilà comment nous avons quitté le pays.
La M.B. : Je reviens à vous maman Augustine. Je voudrais savoir combien de membres compte votre fraternité ?
Mme M.S.A. : Au début, nous étions un peu plus de la quarantaine, avec le mouvement scolaire, certains membres ont voyagé et quelques uns aussi se sont désistés. Actuellement, je peux donc reconnaître que nous avons moins de membres actives.
La M.B. : Depuis l’implantation de votre fraternité avez-vous déjà eu des contradictions au sein de la paroisse ?
Mme M.S.A. : Oh oui ! Il y a eu beaucoup de problèmes je vous dis. Il y a eu des mouvements qui ne voulaient pas nous voir au sein de la paroisse, parce que le Cardinal Biayenda n’était pas du pays. Étant donné que nous avions la foi en ce que nous entreprenions, nous avons espéré. Parmi ceux qui nous menaient la guerre, nombreux nous ont rejoints. L’effigie du Cardinal, nous la remettons à qui la veut. Je voudrais livrer une confidence, le Curé de notre paroisse au départ doutait de lui, mais à notre grande surprise, quand nous fêtions le 30e anniversaire à la paroisse, il a été même la cheville ouvrière de cette fête. Je peux dire que lui-même le Cardinal l’avait touché. Le mardi, journée du Cardinal, à la messe que nous animions, le prêtre ne fait plus d’homélies. A la place, on lit un extrait de l’historique du Cardinal et on continue la célébration eucharistique. Voilà pourquoi, on avait jugé bon de venir au Congo pour nous ressourcer.
La M.B. : Partout, des échos nous parviennent que le Seigneur est en train de réaliser des merveilles par l’intercession du bon Cardinal. Avez-vous déjà rencontré les personnes qui ont reçu ses faveurs ?
Mme M.S.A. : Oui, le Cardinal se manifeste. D’abord nous mêmes, comme mon mari venait de le dire, on avait deux graves malades. Aussitôt, j’ai appelé la sœur Séraphine pour lui dire : « est-ce que nous irons encore à Brazzaville » : mon oncle avait un problème de poumons. En le voyant, on ne pouvait plus espérer. Dieu merci, lui-même va me dire, ça ira, ça va ma fille. Et nous sommes partis.
Arrivés à Brazzaville, nous avons appelé le malade, celui-ci va me rassurer qu’il se portait mieux. Du côté de mon mari, c’est son cadet, un arbre est tombé sur lui, il rendait du sang et l’on pensait que lui aussi allait trépasser. Mais, nos deux malades, nous les avions confiés au bon Cardinal, nous lui avons dit : « Papa Cardinal Biayenda, nous voulons aller te visiter là où tu es à Brazzaville, fais quelque chose pour que nos malades ne puissent pas nous empêcher de partir ». Je crois le Seigneur a exaucé nos prières par son intercession, nous voilà devant vous.
La M.B. : M. Joseph, la Cause du Cardinal suscite quelquefois des débats entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas ?
M.M.J. : Disons qu’à travers tous ces actes-là, il y a toujours des incrédules. Je ne vous apprends rien sur la vie de Jésus-Christ, déjà à cette époque, il y a eu un incrédule qui avait dit, si je ne mets pas les mains dans les plaies, je ne pourrais pas croire que Jésus est ressuscité. Donc partout, il y a des incrédules. Dans cela, il va de la conversion. Que les gens se convertissent et seulement après suivront, les actes de bienfaisance. Voyez-vous quand on est incrédule, on ne peut pas percevoir le message et croire à ce genre de situation. Je pense que le peuple congolais et les chrétiens en particulier doivent en fait remercier le Cardinal. A mon avis et certainement, c’est ce qui s’est dit quelque part, si le Cardinal n’avait pas donné sa vie et son sang pour le peuple congolais, je pense qu’il devait y avoir ici... (excusez-moi, imaginez ce que je veux dire). Heureusement qu’il a donné sa vie ! Donc, l’Homme congolais doit le comprendre.
La M.B. : Maman Présidente, un dernier mot ?
Mme M.S.A. : De tout cœur, je remercie d’abord Mgr l’Archevêque qui a consacré quelques temps pour nous recevoir, alors que notre présence à sa résidence n’était pas au programme, pour cela nous lui disons, merci. Ensuite grand merci à la sœur Séraphine qui nous a fait connaître le Cardinal, ainsi qu’à toutes les sœurs qui nous ont reçus, le groupe de Maman Charlotte, la fraternité Émile Biayenda d’ici, la Confrérie Cardinal Biayenda et la fraternité Maria-Goretti. Nous ne savions pas au départ que nous devions recevoir un accueil chaleureux, cela nous a touché au plus profond de nos cœurs.
S’il y a un message que je pourrais lancer aux uns et aux autres, « Soyez unis ! Que votre foi soit bien affermie afin d’œuvrer ensemble pour que le Cardinal soit béatifié et canonisé ».
Propos recueillis par
Grégoire YENGO-DIATSANA

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