Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

« Le Seigneur t’appelle, n’aie pas peur : Il te récompensera largement de tout ce que tu abandonneras à cause de Lui »

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Le Seigneur chérissait les petits enfants par les bonnes qualités de leur âme silencieusement épanouie. Il aimait tout particulièrement aussi les jeunes gens qui continuaient à grandir parmi de durs combats.

Un jour un riche jeune homme, plein de bonnes intentions, rendit visite au Seigneur. Il ne suffisait plus à son âme de garder seulement les commandements strictement nécessaires ; il voulait davantage... Maître quel bien dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? (Mt 19,16).

Le Seigneur lui rappela les commandements. La réponse fut celle-ci : « Seigneur j’ai observé tous ces commandements depuis mon enfance. Que me manque-t-il encore ? » Si tu veux... Mais hélas ! C’était trop pour le jeune homme. Il était riche et ne voulut pas sacrifier sa richesse... Et avec tristesse, le cœur aimant du Seigneur le regarda s’éloigner.

Avec combien de jeunes gens cette scène se répète-t-elle aujourd’hui ! Jusqu’à 10 ans, 12 ans, beaucoup pourraient dire : Seigneur jusqu’ici j’ai observé tout vouloir. Mais ensuite... ensuite, viennent les années de l’adolescence, les impétuosités, les tentations alléchantes de la seizième, de la dix septième année.

Le jeune homme de l’Évangile à cette période était venu trouver le Seigneur.

Seigneur, je voudrais demeurer à vous encore, que dois-je faire ? Et le Seigneur lui fait cette demande : « Délie-toi des séduisants attraits du monde et de la chair. N’écoute pas les séductions mensongères des instincts qui s’éveillent. Évite toute tentation qui s’accompagne de l’excitation des sens : mauvais amis, cinéma, images, livres. Sois sévère pour toi-même, sois discipliné, sois plein d’abnégation ! »

Devant ces nouvelles exigences, le jeune homme de l’Évangile abdiqua et s’en alla. Jusque-là, il avait vécu honnêtement, mais le voilà désormais qui a posé le pied sur le chemin séduisant du péché et des sensualités. Et l’œil aimant du Seigneur avec tristesse le regarda s’éloigner.

Mais c’est chose entendue pour toi sur lequel le Seigneur veut réaliser des desseins sublimes. Il t’appelle à être son collaborateur intime, son prêtre ! Lui tourneras-tu le dos un jour comme le jeune homme riche ? Le Seigneur t’appelle, n’aie pas peur : Il te récompensera largement de tout ce que tu abandonneras à cause de Lui.

Saint Pierre, un jour parlait ainsi au Seigneur Jésus-Christ : « Voici que nous avons tout quitté pour vous suivre ; qu’avons nous donc à attendre ? » Et Jésus répondit : « Je vous le dis en vérité, lorsqu’au jour du jugement dernier, le Fils de l’Homme sera assis sur le trône de sa gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez aussi sur les 12 trônes pour les 12 tribus d’Israël. Et quiconque aura quitté une maison, ou des frères, ou des sœurs, ou un père, ou une mère, ou une femme, ou des enfants, ou des champs à cause de mon Nom, recevra le centuple et possédera la vie éternelle » (Mt 19,27-29).

Cela ne va donc pas sans peine. La vie est dure ; les soucis consument et refroidissent d’année en année l’enthousiasme idéal de votre jeune cœur. Que feras-tu alors ? Personne ne saura verser dans ton âme la fumée et la chaleur suffisante pour ta vie entière, si ce n’est le Seigneur Jésus-Christ. Lui qui a dit : « Ayez confiance ; j’ai vaincu le monde ».

On parle d’un célèbre peintre Hongrois Benczur qui a fait un beau et émouvant tableau, conçu comme suit : Une mer déchaînée vient battre une faible barque que des hommes robustes tentent de l’extérieur de renverser. Dans la barque un homme seul tient solidement la rame, et, avec énergie, lutte contre l’orage. Le titre du tableau : Homme lutte. Ce doit être aussi le résumé de ta vie au séminaire. Les soucis, la lutte pour la vie matérielle, les tentations grondantes, bouillonnements et vagues fougueuses de la vie surnaturelle viendront, mais tu ne dois pas t’éloigner du Christ ! Tu ne devras pas trahir ton idéal.

Il est dit : Lorsqu’une mère spartiate faisait ses adieux à son fils qui partait pour la guerre, elle lui donnait son bouclier, en disant « avec lui ou sur lui ! » Ce avec lui rentre victorieux ou qu’on te rapporte sur lui. Ça devrait être mon adieu.

Mais il est bon de dire encore quelque chose de tes rapports avec le Christ. Aime ce bon Maître, laisse établir son règne en tout ton être. Vis d’amour de Dieu et de grâce sanctifiante. Ne croupis jamais longtemps dans le mal. Que la confession que le Christ institua le soir de sa résurrection soit aussi la source constante de ta vie. Garde continuels ton trésor et ta candeur d’enfants.

Apprends du Christ le véritable sens de la vie. D’après l’opinion du monde, celui qui est sage se suffit à lui-même. Mais, d’après la conception chrétienne, le sage est celui à qui sauf Dieu rien ne suffit.

Que le Seigneur Jésus soit ta force, ta joie et ta consolation ! Toujours !

Émile Cardinal Biayenda

 


 
 
 
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