Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

« Mes frères, ces jeunes entendent se consacrer au Seigneur non pour eux seuls, mais au nom de nous tous pour le service de tous »

Mes Frères, notre joie est à son comble de nous retrouver ce dimanche à Saint Pierre-Claver et pour cette cérémonie Eucharistique au cours de laquelle nos chers Frères : Maurice Nicolet et Anselme Kitéholo, émettront leurs vœux perpétuels, après les avoir vécus année par année pendant sept ans.

Les deux sont de la famille religieuse des Frères de Saint Gabriel, fondée par Saint Louis Marie-Grignon de Montfort. Le frère Maurice Nicolet a voué sa vie dans les rangs des Frères, dans le service de l’enseignement si délicat, mais très exaltant de nos enfants, les sourds et muets. Cette école, unique et inédite dans notre pays et en Afrique Centrale, fonctionne à Brazzaville, dans les locaux des Sœurs de Saint Joseph de Cluny, depuis deux ans déjà. Quant au frère Anselme Kitéholo, originaire de Goma-Tsétsé, est fils de "tâta" Kitéholo Théophile et de "mâma" Clémentine Miénandi. Il totalise sept ans de vie d’études et de formation spirituelle en France et en Suisse.

Je profite de l’occasion qui nous est donnée pour féliciter et remercier tous ceux qui ont aidé à l’éclosion, à l’épanouissement et au soutien moral, spirituel et matériel jusqu’à ce seuil, la vocation de nos chers Frères : Le Seigneur lui-même, les chers parents, la famille religieuse des moines de la Bouenza, des Frères de Saint Gabriel (vivants et défunts), toutes les âmes de bonne volonté ayant soif des choses de Dieu, car ce sont elles la force des âmes consacrées.

Aujourd’hui, les Frères Maurice et Anselme demandent à l’Église par l’intermédiaire de leurs Supérieurs, de consacrer à Notre Seigneur le Tout-Puissant, pour toujours leur vie et leur liberté, leurs activités, tout leur être à son service et au service de tous les hommes leurs frères. Cela, avec la grâce de Dieu, dans la fidélité et la pratique quotidienne et continuelle des conseils évangéliques dictés par Notre Seigneur Jésus-Christ : Pauvreté, Chasteté, Obéissance.

  1. Stabilité
  2. Conversion des Mœurs
  3. Obéissance

C’est l’essentiel de la vie des âmes consacrées en religion. C’est-à-dire : abandonner tous les biens de la triple concupiscence autant qu’il est possible, totalement et pour toujours, renoncer aux richesses par la pauvreté, aux délices de la chair par la chasteté perpétuelle, à l’orgueil de la vie par la servitude de l’obéissance, constitue l’état de perfection.

« Ceux-là méritent ce nom de religieux qui se consacrent tout entier au service divin, offrant ainsi leur vie comme un holocauste ». C’est un état permanent de vie en commun, dans lequel les fidèles, outre les préceptes, s’engagent à observer aussi les conseils évangéliques, par les vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Cet état doit être honoré par tous. (D.C.)

A Notre-Dame du Rosaire, le Cardinal Biayenda ordonne prêtre, le Père Émile Bitsindou

Le Frère Jean Missongo émet ses vœux perpétuels solennels non plus au sein tout simplement de leur communauté restreinte, mais au milieu de cette nombreuse famille des croyants que nous constituons ici. C’est qu’ils veulent nous prendre à témoins, de ce qu’ils vont faire et vivre avec la grâce de Dieu. C’est qu’ils veulent nous associer à leur joie de donation et compter sur notre prière. C’est qu’ils entendent se consacrer au Seigneur non pour eux seuls, mais au nom de nous tous pour le service de tous. C’est qu’ils veulent nous interpeller petits et grands, hommes et femmes, baptisés ou catéchumènes, sur notre comportement vis-à-vis du projet de Dieu sur nous et sur chacun d’entre nous, de son appel, de son plan sur nous pour nous conduire à notre salut. C’est qu’ils veulent s’appuyer sur nous tous par notre sympathie, notre prière, notre attitude respectueuse et confiante, notre disponibilité à les aider dans leur engagement, nos bons conseils à tous ceux que nous sentons, qu’ils ont quelque chose d’appel particulier de Dieu en eux.

Cardinal Émile Biayenda

Chers Frères biens aimés, en présence de tels jeunes gens si décidés à marcher sur une si belle route, mais combien, notamment de nos jours, pleine d’épreuves et d’embûches, nous nous réjouissons et nous bénissons le Seigneur. Après tant de retour en arrière, dont hélas ! Nous sommes souvent devenus témoins, faut-il tenir mitigées notre joie et notre action de grâce ? Et cela va loin, mes Frères, les vocations ou la grâce qui aide, manquent-elles ?

Dieu veut dans son Église la perpétuité de la prière et des œuvres. Or, la prière et les œuvres sont alimentés par les âmes que la vocation religieuse dégage de tous les biens terrestres.

S’adressant aux âmes consacrées, le Pape Pie XII déclarait un jour : « Les buts qui brillent sous vos yeux dans la vie de contemplation ou d’action, ceux aussi que tous les enfants de l’Église, prêtres et laïcs, doivent poursuivre, ce sont la perfection et le salut de l’humanité ». Mais cependant, il vous appartient d’user des moyens les plus efficaces c’est-à-dire des conseils évangéliques par la profession des vœux, pour vous sanctifier et procurer le salut de l’humanité...

Ainsi, les vocations ne manquent pas : elles meurent ! disait Monseigneur Garonne, maintenant Cardinal, mais alors Archevêque coadjuteur de Toulouse. Notre devoir est de les aider à se maintenir toujours vivantes. Il y a, en effet, des vocations :

Voilà, mes frères, des pistes de réflexion, voilà des tâches de notre apostolat.

Il y a deux semaines, exactement du 13 au 18 Août 72, je me trouvais en compagnie d’autres Évêques venus de toute l’Afrique et de Madagascar, à Kampala, en Ouganda, au pays de nos Frères Martyrs, Charles Lwanga, Kizito et leurs compagnons martyrs. Le 15 Août, fête de l’Assomption, nous avons célébré à Nanungongo sur le lieu même du martyre de Charles Lwanga, là où il y a trois ans, venant en Afrique, le Pape Paul VI offrait lui-même le saint sacrifice de la messe. Plus de 15000 pèlerins sont venus prier avec nous et les personnes consacrées : prêtres, religieux, religieuses Ougandais étaient là par centaines...

Les Évêques d’Afrique et de Madagascar se sont rencontrés là-bas, dans ce pays arrosé jadis du sang des martyrs, où le clergé et le laïcat sont si développés pour parler des laïcs de toute notre Afrique. Eux-mêmes, c’est-à-dire, en votre nom, ont parlé et ont promis à tout l’Épiscopat africain d’être partout le levain dans la pâte, le sel de la terre. Cela suppose fidélité à sa vie de baptisés ; cela suppose priorité de Dieu sur nos vies, comme nous l’enseignent ce matin les Frères (le frère Jean) Maurice et Anselme. Cela suppose et réclame beaucoup de générosité dans nos vies : donner son temps, sa prière, son argent, sa sueur pour l’avènement du règne de Dieu.

Dans notre Congo, nous voulons aussi déployer un grand effort pour favoriser l’éveil des vocations et leur persévérance. C’est un travail de toute la chrétienté et de toute l’Église. Nous voulons aussi inculquer à tous les parents et toutes nos communautés chrétiennes la grande et honorable tâche que nous avons de travailler à la formation et à l’éducation de nos enfants et de notre jeunesse.

Si nous faisons cela, le Seigneur nous bénira et nous donnera le joie d’avoir un clergé prospère, nombreux. Oui, c’est très important : « La moisson est grande, prions le Maître de cette moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson... »

Serment à l’occasion des Vœux Perpétuels des
Frères Maurice NICOLET et Anselme KITEHOLO, Frères de Saint Gabriel,
à Saint-Pierre Claver de Bacongo, le 3 septembre 1972

 


 
 
 
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