


jeudi 22 janvier 2026






Père Paul PREAUX, Recteur du sanctuaire à la paroisse Notre Dame de Montligeon en France.
En séjour à Brazzaville, le Père Paul PREAUX, recteur du sanctuaire à la Paroisse Notre Dame de Montligeon en France, avant de regagner son pays, a visité l’appartement du Cardinal Émile Biayenda. A l’issue de sa visite, très volontiers, il a répondu à nos questions.
La Mémoire Biayenda : Père Paul Préaux, lors de votre séjour à Brazzaville, vous avez eu la chance de visiter l’appartement où vécut le cardinal Biayenda ainsi que sa tombe. Avec quelles impressions repartez-vous dans votre pays ?
Père Paul Préo : Mon arrivée, ici, à Brazzaville et maintenant que j’ai vu d’abord sa maison et lorsque j’y suis rentré, j’ai du coup pensé à la maison du saint curé d’Ars, une maison toute simple. Ce n’est pas un palais épiscopal comme on peut l’imager souvent. Je suis rentré dans une maison modeste où habitait un grand homme. Je l’ai ressenti très fort, cet homme, c’était un grand homme, un Congolais, mais aussi un grand homme d’Église, de l’Église universelle.
En voyant sa tombe et écoutant son récit, là le Cardinal Biayenda nous donne, ce que le cœur de notre foi nous rappelle à tous les chrétiens catholiques, tous les chrétiens tout court, notre foi qui s’enracine au mystère de la mort aussi de la résurrection. Jésus n’est pas venu pour nous parler d’un Dieu des morts, mais celui des vivants. Nous croyons que ceux qui meurent dans la mort de Jésus, ceux qui sont dans la foi même s’ils meurent vivront pour la vie éternelle et le Cardinal Biayenda est un vivant dans la vie de l’au-delà. Qu’il protège et soutienne la foi du peuple du Congo et ceux qui sont au-delà de ce pays.
Moi-même qui vous parle, j’ai été revigoré dans ma foi de baptisé, de prêtre. Rien que la présence du Cardinal Émile Biayenda, un témoignage tout simple. Mais, je l’ai senti en particulier lors de la session internationale de la fraternité des Montligeon tenue à Brazzaville, qui s’est déroulée pendant qu’il pleuvait, abondamment, à Brazzaville. Mais lorsque nous lui avons demandé un signe matériel, son intercession, je peux vous le confirmer que tout le temps qu’a duré la session, le temps était très clément. Mais, une autre grâce, que personnellement, je lui attribue, c’est la grâce de la réconciliation entre certains frères Montligeonais pas seulement du Congo Brazza, mais d’autres délégations où il y avait des tensions, il y a eu un soir, ici, à Brazzaville, une soirée de réconciliation entre les membres. Vraiment, c’était une belle occasion que le Cardinal Biayenda nous a faite.
La réconciliation, parce qu’on ne peut pas vivre dans la paix sans réconciliation. Et, certainement, lui qui a été un apôtre de la paix, de la réconciliation, il nous encourage à continuer sur cette terre à poser des actes de réconciliation, de pardon mutuel, pour ne pas simplement ruminer des rancœurs et je ne sais quoi d’autres. Voilà le message que je tenais à laisser au peuple chrétien du Congo et aux hommes de bonne volonté.
La M.B. : Père, pourrions-nous savoir, si vous avez connu le Cardinal Émile Biayenda de son vivant ?
Père P. P. : Non, je n’ai pas connu le Cardinal Biayenda. Quand il est mort en 1977, j’avais à peine 13 ans, je n’étais pas grand. N’empêche que, je l’ai connu de son vivant au ciel, aujourd’hui. Pour moi, c’est presque mieux et plus fondamental.
La M.B. : Son procès de béatification et de canonisation est déjà introduit à Rome et que l’étape de l’enquête diocésaine a pris fin en juin 2003. Votre point de vue ?
Père P. P. : Eh bien, je me réjouis pour l’Église du Congo, et je pense qu’il y a beaucoup de saints congolais, africains. Mais, si jamais le Pape estime nécessaire de l’élever à la béatification d’abord et à la canonisation ensuite, je m’en réjouirais beaucoup pour toute l’Église du Congo Brazzaville, parce que vous avez un grand homme qui se repose dans la Cathédrale Sacré-Cœur. En lui, on a ressenti un homme de paix, un homme simple, un grand homme d’Église.
La M.B. : Quel message particulier laissez-vous à la chrétienté du Congo, en général et aux hommes de bonne volonté, en particulier ?
Père P. P. : Au chrétien du Congo ! "In verbo tuo laxabo rete" : "Sur ta parole, je vais jeter les filets", c’était la devise du Cardinal Émile Biayenda. Je dirai tout simplement : restez ce que vous êtes. Moi, je viens d’un pays, d’un continent où il y a du bien être mais il y a peu de foi, il y a perte de foi. Restez dans la foi et n’oubliez jamais vos origines, la foi de vos ancêtres. Restez des hommes et des femmes de prière tournés vers l’Eucharistie avec la Vierge Marie et aussi dans le sacrement du pardon et de la réconciliation, ça c’est vraiment pour nous le fondement de notre foi.
Je remercie tous les Congolais, son excellence Mgr Anatole Milandou, Archevêque de Brazzaville et tous les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux, religieuses, les séminaristes, tous les consacrés qui étaient avec nous lors de notre session et tous les chrétiens catholiques de Brazzaville pour leur accueil et leur témoignage de foi. Gardez-nous dans votre prière.
La M.B. : Comment avez-vous connu la vie du Cardinal ?
Père P. P. : J’ai reçu par Mgr Anatole Milandou, sa vie écrite par l’Abbé Adolphe Tsiakaka, ça m’intéresse beaucoup. Je vais me plonger dans ce livre et découvrir un peu ce grand personnage encore mieux, prendre encore les revues que vous m’aviez confiées sur le messager, découvrir encore mieux sa vie. Je souhaiterai qu’un jour que l’on publie toutes ses œuvres pour que l’on puisse aussi profiter de ses écrits, de sa spiritualité. Ça sera, aussi, une grande joie pour toute l’Église Catholique et pour vous les congolais ; il faut vraiment que vous mettiez cela en œuvre, afin que chaque congolais puisse lire, chacun dans sa langue, la spiritualité qui a habité cet homme qui à 46 ans était devenu le Prince de l’Église et mort à l’âge de 50 ans.
La M.B. : Père, peut-on dire que, ce voyage, est le dernier que vous effectuez au Congo ?
Père P. P. : C’est mon dernier séjour au Congo ? Je ne sais pas. Peut être qu’il faut demander au Seigneur, lui qui gère le programme de chacun de nous. Moi, je ne suis qu’un apôtre, un envoyé, là où on me dit d’aller, j’y vais. Je ne pense pas et ne souhaite pas que cela soit le dernier séjour au Congo.
Propos recueillis par le Père Maurice Milandou & Grégoire Yengo Diatsana
Le Cardinal Frédéric ETSOU Nzabi Bamungwabi n’est plus. Il a été rappelé à Dieu, le samedi 6 janvier 2007.
L’homme de Dieu, l’homme de l’espérance, le sage qui aimait dire aux fidèles chrétiens que « l’Évangile de Dieu ne doit pas s’arrêter après la mort de son serviteur mais, il doit continuer à être perpétré de génération en génération ». Le Cardinal Frédéric ETSOU Nzabi Bamungwabi a été un berger qui a su conduire, fidèlement, le peuple chrétien à lui confié par le Seigneur.
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La chrétienté du Congo Brazzaville se souviendra toujours et encore de ce qu’il a fait lorsqu’il s’est agi de constituer le dossier ayant trait à la Cause de Béatification et de Canonisation du Cardinal Émile Biayenda. C’est auprès de lui, en 1994, que Mgr Barthélemy Batantu, alors Archevêque de Brazzaville avait pris conseils.
C’est grâce donc à son appui combien inestimable, par ces conseils et orientations que l’Abbé Antoine Matenkadi, Vicaire Judiciaire de Kinshasa sera mis à la disposition de l’Archevêché de Brazzaville, pour nous aider à mettre en place certaines commissions, afin de démarrer les travaux. C’est lui, « Koko » Cardinal Frédéric ETSOU Nzabi Bamungwabi qui proposa à l’Église du Congo, le premier Postulateur, le révérend Père Maria Valabeck, de vénérable mémoire. Ceci démontre combien, il était très attaché à cette cause.
Nous nous souvenons encore de lui, lorsqu’il présida la messe à la paroisse Sainte Marie de Ouenzé, messe ayant pour point de chute le jumelage entre le foyer chrétien de Brazzaville et le « Nganda libota » de Kinshasa.
Le 1er avril 2001, il traverse le Pool Malébo pour participer à la passation de service entre Mgr Barthélemy Batantu et Mgr Anatole Milandou.
Le 24 avril 2005, malgré son état de santé, il revient à Brazzaville pour participer aux obsèques de son très cher Mgr Barthélemy Batantu.
Ainsi donc, en signe de reconnaissance pour ce grand homme d’Église qui vient de nous quitter, Mgr Anatole Milandou, Archevêque de Brazzaville, avant de se rendre à Kinshasa, participer aux obsèques de cet illustre et éminent Pasteur, avait recommandé aux fidèles chrétiens d’organiser des messes d’action de grâce en mémoire du Cardinal Frédéric ETSOU Nzabi Bamungwabi.
Intervenant au Stade des Martyrs à Kinhasa, Mgr Louis Portella-Mbuyu, au nom de la Conférence Épiscopale du Congo avait dit : « ...Nous sommes venus à Kinshasa non pas pour des raisons protocolaires, mais pour participer aux obsèques du Cardinal Frédéric Etsou, l’ami des congolais de Brazzaville. Il était très attentif et très proche des problèmes de l’Église du Congo Brazzaville...
C’est pourquoi, vous avez remarqué la très forte délégation de plus de 150 personnes avec à sa tête l’épouse du chef de l’État Maman Antoinette Sassou-Nguesso qui a témoigné d’une présence lumineuse de la population Congolaise... ».
Signalons qu’à la messe de requiem et à l’inhumation, le président de la République Denis Sassou Nguesso y a personnellement pris part aux côtés de son homologue du Congo Démocratique, Joseph Kabila Kabangué.
A travers nos colonnes, le Journal « La Mémoire Biayenda » présente ses sincères condoléances à la famille du disparu et à toute l’Église Catholique du Congo Démocratique.
Grégoire YENGO DIATSANA

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