Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

« La Congrégation pour la Cause des Saints nous a recommandé : la mise sur pied d’une Commission historique »

Mgr Daniel Mizonzo, Évêque du diocèse de NKAYI

« Nous devons tous garder la vertu théologale d’espérance et surtout le cœur et l’essentiel de la prière pour la cause de Béatification et de Canonisation du Cardinal Émile BIAYENDA », c’est le résumé de l’interview qu’a bien voulu nous accorder son Excellence Mgr Daniel MIZONZO, Évêque de Nkayi.

La Mémoire : Père Évêque, l’Église du Congo venait de décréter l’« Année Sainte en souvenir du bon Cardinal Émile BIAYENDA ». S’il vous était demandé de faire un bilan, que diriez-vous à propos ?

Mgr MIZONZO : J’étais à Rome lorsque mes confrères Évêques et Ordinaires avaient décrété « l’Année du Cardinal Émile BIAYENDA ». Collégialement, j’avais adhéré à cette décision lors de la Session pastorale de la CEC en février 2007.

En tout cas, c’est une bonne idée pour le processus de la Cause de Béatification du Cardinal Émile BIAYENDA.

Quant au bilan, je ne pense pas que c’est le moment d’en faire. En ce qui concerne notre Diocèse nous avions une série de séances de prières à ce sujet.

La M.B. : Vous avez connu le Cardinal Émile BIAYENDA, pourriez-vous nous dire dans quelles circonstances et quel souvenir gardez-vous de lui ?

Mgr D. M. : Créé Cardinal en février 1973, j’étais au Séminaire Saint Jean de Brazzaville en classe de Première. Mais avant de devenir Cardinal, Mgr BIAYENDA, Archevêque métropolitain de Brazzaville, est venu un jour au Séminaire Saint Jean pour une visite de rentrée des séminaristes. il était accompagné de l’Abbé BADILA, son Vicaire Général. Je l’avais aperçu de loin dans le groupe des séminaristes, au réfectoire, lui mangeant à la table des professeurs.

Le souvenir à l’âge de 20 ans c’est sa simplicité, et sa voix grave.

La M.B. : Le 22 mars 2007, lors de la célébration du 30ème anniversaire de la mort du Cardinal BIAYENDA, la paroisse cathédrale Saint Louis de Nkayi, tout comme les autres paroisses à travers le pays, a connu une ambiance de fête. L’église cathédrale de Nkayi ce jour-là était archicomble et à l’issue de la messe y afférente, vous aviez pris la parole en disant entre autres : « Pourquoi cherchez-vous encore des miracles : la réussite de cette fête et la mobilisation effective de nos fidèles en semaine, n’est-ce pas là aussi un des miracles que l’on peut attribuer à notre vénéré pasteur le bon Cardinal Émile BIAYENDA ? » Ma question est celle-ci : est-ce donc la première fois qu’un tel rassemblement a pu avoir lieu à Nkayi ?

Après la visite de l’appartement du Cardinal Émile Biayenda, Mgr Daniel Mizonzo signe le livre d’or

Mgr D.M. : Le 23 mars 2007, lors de mon retour de Rome, il y a eu la célébration du 30ème anniversaire du décès du Cardinal Émile BIAYENDA. J’avais salué l’événement en des termes et paroles que vous rapportez.

Pour le Cardinal Émile BIAYENDA c’est la première fois que l’événement est célébré de cette manière.

La M.B. : Père Évêque, nous avons constaté petit à petit que les groupes Émile BIAYENDA commencent à prendre naissance dans différentes paroisses de votre diocèse. Auparavant, nous avons maladroitement publié dans une de nos éditions, un article auquel vous avez énergiquement réagi. A travers cette interview, nous profitons de cette occasion pour demander solennellement pardon et faire notre mea-culpa. Alors Père Évêque, à quand la sortie officielle de la Confrérie Émile BIAYENDA ?

Mgr D.M. : Les curés ne m’ont pas encore signalé la naissance d’un quelconque groupe Émile BIAYENDA dans leurs paroisses. Il revient à eux seuls de discerner la naissance des Bimvuka (groupes ou mouvements d’apostolat des laïcs) dans leurs paroisses respectives.

Les Bimvuka ne sont ni des congrégations des personnes à vie consacrée, ni des sociétés à vie apostolique pour qu’un Évêque ou un Ordinaire du lieu soit directement concerné.

A Nkayi, même, depuis 2006, l’Évêque que je suis, j’ai accueilli avec joie la société de vie apostolique en fondation : « Les Sœurs amies du Cardinal Émile BIAYENDA ». Elles étaient fort gênées par votre fameux article. Le diocèse de Nkayi a été très indigné...

La M.B. : S’il y a un message à donner aux chrétiens catholiques du Congo et même à ceux qui sont à l’étranger, que leur diriez-vous à propos du processus de la Cause du Cardinal Émile BIAYENDA ?

Mgr D.M. : Le processus de la cause de Béatification du Cardinal Émile BIAYENDA suit son déploiement normal. Il faut y mettre le facteur temps.

Le message, c’est l’essentiel de la prière, qui est nôtre, à savoir : « Seigneur Dieu notre Père, accorde à ton serviteur, le Cardinal Émile BIAYENDA, la grâce d’être glorifié parmi tes élus du ciel (…)

C’est Dieu qui partage sa Béatitude et sa sainteté aux hommes et aux femmes. Vous savez, la Toussaint, c’est la « fête de la Démocratisation de la sainteté ».

La M.B. : Le Cardinal Émile BIAYENDA, vous l’avez connu comme prêtre, Évêque puis Cardinal, de ses trois étapes laquelle vous a marqué le plus ?

Mgr D.M. : Je l’ai connu comme Archevêque de Brazzaville - un homme simple - deux ans durant, et comme Cardinal jusqu’à son décès. Encore une fois, sa simplicité, son humilité sont frappantes.

Il était et le demeure : « Pasteur et Guide de la communauté diocésaine ». Il a évangélisé par son exemple et par son témoignage à tout point de vue. Il ne manquait pas de venir humblement aux formations permanentes au Grand séminaire Libermann de Brazzaville.

Bien sûr, l’étape du cardinalat est la plus prestigieuse pour lui, dès l’accueil à lui réservé au Stade Éboué le 20 mai 1973.

La M.B. : Avez-vous un souvenir particulier sur la personne d’Émile BIAYENDA dont l’image ne vous quitte guère ?

Mgr D.M. : Comme souvenir, c’est son assiduité aux formations permanentes au Grand séminaire ; son humilité, sa simplicité, sa disponibilité. Pourtant docteur en sociologie, Archevêque et Cardinal, il était proche non seulement de ses prêtres, mais des grands séminaristes que nous étions. C’était, comme l’on dit aujourd’hui d’un Évêque, un père, un ami, un frère.

La M.B. : Lors de votre visite Ad limina à Rome, vous avez été reçu à la Sacrée Congrégation pour les Causes des Saints, sur quoi a porté votre entretien, pourriez-vous nous dire ce qui reste encore à faire ?

Mgr D.M. : Le Dicastère ou la Congrégation pour la Cause des Saints a recommandé une urgence : la mise sur pied d’une « Commission historique » pour la cause de Béatification du Cardinal Émile BIAYENDA. C’est nécessaire et très urgent. Il nous a recommandé d’accepter le facteur temps.

La M.B. : Le Saint-Père vient de publier l’instruction « Sanctorum Mater » sur les enquêtes de Béatification et de Canonisation. Cette rigueur prônée par le Pape diminue-t-elle nos chances de voir aboutir la cause ?

Mgr D.B. : Non, au contraire ! L’instruction « Sanctorum Mater » permet l’aboutissement canonique de la cause et nous met à l’abri des erreurs et dérapages du point de vue du processus et de la méthodologie.

La M.B. : Votre mot de la fin Excellence ?

Mgr D.M. : Le facteur temps est à inclure dans le processus de la cause de Béatification du Cardinal Émile BIAYENDA.

Nous devons tous garder la vertu théologale d’espérance et surtout le cœur et l’essentiel de la prière pour la cause de Béatification et de Canonisation du Cardinal Émile BIAYENDA à savoir : « Seigneur Dieu notre Père, (…), accorde à ton serviteur, le Cardinal Emile BIAYENDA, la grâce d’être glorifié parmi tes élus du ciel… »

Propos recueillis par
Grégoire YENGO DIATSANA


 
 
 
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