Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

« J’ai vu en grandeur nature, le Cardinal Émile Biayenda, debout devant moi, mais ses pieds étaient comme suspendus »

M. Tite BAVEDILA, Directeur Général de l’Imprimerie Saint Paul de Brazzaville

Monsieur Tite BAVEDILA, est l’actuel Directeur Général de l’Imprimerie Saint Paul de Brazzaville. Un jour, de bon matin, il a assisté à l’apparition, dans sa chambre, du Cardinal Émile Biayenda. Voici son témoignage.

La Mémoire Biayenda : M. le Directeur Général, le Cardinal Émile Biayenda, de vénérable mémoire est décédé le 22 mars 1977. Nous voudrions savoir si vous l’aviez connu de son vivant.

M. Tite BAVEDILA : Personnellement non. Mais comme homme d’Église, oui, puisqu’il était parmi les grandes figures que notre pays a connues.

La M.B. : Quels souvenirs gardez vous encore de lui ?

M.T.B. : Ah ! ça ne peut être que des beaux souvenirs. Rien que par son apparence, tout son être exprimait une certaine sérénité, une certaine paix intérieure et une certaine innocence. J’ai encore en mémoire son retour de Rome, après qu’il ait reçu sa barrette cardinalice en 1973, avec un large sourire.

La M.B. : Qu’est-ce que le Cardinal a apporté dans votre vie ?

M.T.B. : C’est justement, le grand témoignage, que je voudrais vous apporter. En effet, je suis nommé Directeur Général de l’Imprimerie Saint Paul de Brazzaville, alors que, je suis de confession Évangélique. Cela devrait surprendre beaucoup d’entrevous. Je peux vous affirmer que je suis à ce poste en mission commandée. Vous allez certainement me poser la question de savoir, de qui ai-je reçu cette mission ? Mais du Cardinal Émile Biayenda, bien sûr ! Une fois encore, cela peut paraître surprenant, car, l’histoire qui me lie désormais à lui, commence un matin de décembre 2005.

C’est extraordinaire, je n’ai pas cru mes yeux parce que, je suis parfois incrédule. Étant donné mon appartenance à l’Église Évangélique du Congo, une chose pareille était inimaginable. Qu’était-ce ?

Eh bien ! Ce matin-là du 17 décembre 2005, il était environ 5h30 du matin. J’étais en train de me réveiller, quand j’ai ouvert mes yeux et regardant du côte de ma garde-robe. J’ai vu apparaître en grandeur nature, le Cardinal Émile Biayenda, lui-même. Est-ce que je rêve, me suis-je dit. Non ! Il était là, debout, devant moi. Curieusement, il n’avait pas ses pieds parterre. Il était en lévitation, comme suspendu. Le Cardinal Biayenda portait sa calotte rouge, sa soutane noire et son bandeau rouge. Il était devant moi. Au même moment, ma femme qui dormait encore venait de se réveiller. Et j’ai vite fait de lui poser la question de savoir, si elle voyait ce que moi je voyais. Elle de me dire : « mais que me racontes tu là ? ». Et elle de poursuivre : « mais je ne vois rien ». Je lui ai demandé, de regarder du côté de la garde-robe, devant moi, le Cardinal Émile Biayenda, il est là devant moi, lui ai-je dit. Cette apparition a duré près de 30 secondes et puis, j’ai par la suite vu son image fondre sur la porte de ma garde robe et a disparu.

Je vous avoue que, j’en suis resté ému. C’était incroyable. Moi, Protestant depuis mon jeune âge, comment se fait-il que le Cardinal Biayenda, «  ait choisi que moi pour m’apparaître comme ça ». Qu’est ce que ce signe cache-t-il ?

J’ai après pensé à une hallucination. Et pourtant, c’est bien lui que j’ai vu tout entier devant moi, dans sa tenue noire, sa bande rouge et sa calotte rouge. Il avait l’air radieux.

La M.B. : Avez-vous reçu un message de sa part ?

M.T.B. : Quand il m’est apparu, il n’a dit mot. Il n’a jamais parlé. Pas un seul mot n’est sorti de sa bouche. Sauf qu’il était là, debout, en suspension devant ma garde-robe. Il a passé près de 30 secondes pratiquement, nous nous sommes regardés et pendant que je parlais à ma femme, il était là, debout.

La M.B. : Après cette apparition, il y’en a eu d’autres encore ?

M.T.B. : C’est la seule fois, qu’il m’est apparu. Maintenant, c’est la suite qui est intéressante.

Nous sommes, en décembre 2005. Et en janvier 2006, j’ai reçu un appel téléphonique d’un de mes petits qui travaille dans une société pétrolière à Pointe-Noire. En outre, je voudrais vous signaler que moi-même, je résidais à Pointe Noire.

Mon jeune frère Béchard TOMBET LOUNDOU me demandait d’aller à son lieu de travail, car il avait quelque chose d’important à me dire. Je suis allé à sa rencontre et il m’a donné les raisons de son appel. Il s’agissait d’aller travailler à Brazzaville à l’Imprimerie Saint-Paul. Je lui ai tout de suite répondu par la négative. Je n’ai que de mauvais souvenirs de cette ville.

Malheureusement, au moment où je prononçais ces mots, c’est comme une voix intérieure qui me parlait, en me disant : « Mais non ! tu ne peux pas décider sans prendre l’avis de ton épouse ». Je me suis ravisé. J’ai pris alors mon téléphone et j’ai appelé Marcelline, mon épouse. Dès que je lui en ai parlé, elle m’a répondu : « N’hésite pas ! ». Cela m’a surpris parce que ma femme, à cause de tout ce que nous avons subi, ne pouvait aucunement accepter que je revienne travailler à Brazzaville et en plus seul. M. Béchard m’a donc demandé de préparer un Curriculum Vitae que nous sommes allés déposer auprès de M. Charles Kaya, directeur général de l’Imprimerie Saint Joseph de Pointe-Noire et Président du Conseil d’Administration de l’Imprimerie Saint Paul de Brazzaville.

Ceci se passe en janvier 2006. Au moment où nous déposions le C.V., M. Charles Kaya a pris le soin de m’avertir que ce n’était pas gagné d’avance. Parce que les autres membres du Conseil d’Administration certainement, viendraient avec d’autres candidatures.

Il en a profité pour me faire un petit briefing des difficultés que connaît l’Imprimerie Saint Paul de Brazzaville. Et nous nous sommes séparés sur ces entre faits.

Plusieurs mois se sont écoulés. Alors que le souvenir de ma candidature commençait à disparaître, M. Kaya, m’a appelé depuis, pour m’annoncer que « sur les 5 candidatures présentées, la mienne avait été retenue par les membres du Conseil presque à l’unanimité ».

La M.B. : Votre dossier n’a-t-il pas connu l’intercession du bon Cardinal ?

M.T.B. : Je parie que c’est cela.

La M.B. : Et après, qu’y a-t-il eu encore ?

M.T.B. : Je suis arrivé à Brazzaville le 21 Juin 2006 et le 22, a eu lieu ma prise de fonctions. J’ai commencé le travail normalement le 23 juin. Lorsque j’ai quitté ma maison pour le service, j’ai pris un taxi qui m’a transporté à l’Imprimerie Saint Paul, en passant par la Cathédrale Sacré-Cœur. Arrivée en face celle-ci, j’ai eu une certaine sensation. Quelques instants après, je me suis souvenu que le Cardinal Émile Biayenda avait été inhumé dans ladite Cathédrale Sacré-Cœur. J’ai compris que son apparition dans ma chambre, à Pointe-Noire avait un lien avec ma présence à l’Imprimerie Saint Paul.

Aussitôt arrivé, au service, je me suis confié à la Sœur Marthe de la Congrégation des Congolaises du Rosaire, qui est avec moi à l’imprimerie. Après notre échange, elle m’a orienté vers la sœur Brigitte Yengo. Comme elle n’avait pas ces coordonnées téléphoniques, elle m’a confié à sa cadette Mme Kaya née Yengo Jeanne.

Je vous dis en passant que la révérende sœur Yengo, je l’ai connue à l’époque du Conseil Supérieur de la République, lorsqu’elle fut Premier Questeur. Je l’ai donc contactée. Et lorsque je lui ai révélé ce que j’avais vécu, elle m’a dit : « Tu es béni mon frère. Ne t’embarrasse surtout pas du fait que tu sois d’obédience Évangélique, car le Cardinal Émile Biayenda a prôné l’œcuménisme.

Tu n’as plus d’inquiétude à te faire dans l’exercice de tes nouvelles fonctions. Mets-toi vraiment en prière permanente, car vraiment tu es en mission commandée. C’est pour cette raison qu’il est venu te chercher lui-même en personne dans ta propre maison. Lui seul sait les motivations de ton choix. Tu devrais avoir son effigie dans ton bureau. Pour cela je te remets ces quelques photos de « tâta Biayenda » ».

C’est ainsi que, vous voyez dans mon bureau cette effigie du bon Cardinal Émile Biayenda.

Depuis lors, j’ai pris la résolution d’aller communier auprès de lui, devant sa tombe tous les lundis et vendredis matin. Deux jours dans la semaine, avant de commencer mon boulot.

Voilà donc le témoignage que j’entendais partager avec les autres frères et sœurs chrétiens.

La M.B. : En votre qualité d’imprimeur, que dites vous à propos de notre journal ?

M.T.B. : Votre journal est une belle initiative. Vous savez, nombreux sont ceux qui ignorent la grandeur d’esprit qu’avait le Cardinal Émile Biayenda. Beaucoup aussi ne l’ont pas connu. J’avoue qu’à travers vos colonnes, on apprend beaucoup de choses de lui.

En ce qui concerne sa vie, il y a encore de la matière. Il serait souhaitable que des recherches plus poussées, comme l’a fait l’Abbé Adolphe Tsiakaka dans son ouvrage « Émile Biayenda, la Grandeur d’un homme », que la sœur Angèle Marie Kongo m’a offert. Il faut que les gens écrivent beaucoup sur lui.

La M.B. : Votre dernier mot ?

M.T.B. : Premièrement, je dis merci à Dieu de m’avoir donné ce privilège, de recevoir chez moi cette illustre personne de vénérable mémoire. C’est vraiment étrange pour un chrétien de l’Église Évangélique, de vivre ce que, j’ai vécu ce jour-là. Je ne dirai pas que je suis fier, mais je suis surtout heureux, parce que je sais dorénavant que, le Seigneur est avec moi et ta Biayenda est aussi à mes côtés.

Propos recueillis par Grégoire Yengo Diatsana

 


 
 
 
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