Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

« Cher frère Diacre, enraciné dans l’amour et la foi, montrez-vous pur et sans reproche devant Dieu et les hommes »

Cardinal Émile BIAYENDA, 31 Mars 1974

Chers frères,
Chères sœurs,
Chers parents et amis de Mr l’abbé Marcel MIAYOUKOU

..Il y a quelque années, nous étions ici pour une semblable cérémonie : le Diaconat de Mr l’abbé Bernard NSAYI et, depuis, nulle part dans notre Diocèse, elle ne s’est répétée. Nulle part aussi n’a eu lieu une ordination sacerdotale comme nous l’espérons bien avec M. l’abbé MILANDOU, le 23 juin prochain, à Kinkala.

C’est dire la joie très légitime qui nous anime, aujourd’hui, et notre raison d’espérer toujours.

Frères et sœurs, l’un d’entre nous va donc devenir Diacre : M. l’abbé Marcel MIAYOUKOU qui, après ses années de petit séminaire et de grand séminaire, vous est arrivé ici pour préparer, dans le concret et la réalité de la vie, l’étape combien sérieuse qu’il va franchir, aujourd’hui, avant d’accéder au sacerdoce.

Prenons un instant Pour essayer de mieux comprendre la charge que l’Église va lui confier. Le Diacre, fortifié par l’Esprit-Saint, a pour mission d’aider l’Évêque et ses prêtres dans le service de la parole, de l’autel et de la charité.

L’institution des diacres remonte des premiers temps des Apôtres et de l’Église (cfr. Act. v, 1 6). « En ce jour-là, comme le nombre des disciples allait croissant, il y eut des plaintes des Hellénistes contre les Hébreux, parce que leurs veuves avaient été négligées dans la distribution quotidienne. Les 12 convoquèrent alors une assemblée des disciples et dirent : « Nous n’estimons pas à propos de délaisser la parole de Dieu pour faire le service des tables. Choisissez donc, frères, parmi vous, sept hommes de mérite reconnus, remplis de l’Esprit et de sagesse : nous leur confierons cet office. Et nous continuerons de vaquer à la prière et au ministère de la parole ». Cette proposition. plut à l’assemblée, qui choisit Etienne, un homme plein de foi et de l’Esprit Saint, Philippe, Prochore, Niconor, Timon, Parménas et Nicolas, prosélyte d’Antioche. On les présenta aux Apôtres qui, après avoir prié, leur imposèrent les mains ».

Vous voyez ainsi, chers frères, que ce que va devenir notre témoin, existe depuis le début de l’Église. C’est essentiellement un service (diaconat), du peuple de Dieu pour le peuple de Dieu.

Le Diacre annonce l’évangile, prépare les éléments du sacrifice à l’autel, distribue la sainte communion. Il est envoyé pour porter la parole de Dieu aux croyants et aux incroyants diriger les prières de l’assemblée - célébrer le baptême solennel, assister au mariage, le bénir, donner le viatique et présider la liturgie des funérailles.

Quand, tout à l’heure, M. l’abbé Marcel MIAYOUKOU sera consacré par l’imposition de nos mains, geste qui date des Apôtres, cela l’unira plus étroitement au service de l’autel et à la charité aux Évêques et aux Prêtres.

Cela l’incitera à agir en fidèle disciple du Christ venu pour servir et non pas pour être servi.

Le Seigneur nous a donné l’exemple pour le suivre. Et déjà, à Rome un autre illustre Diacre, Saint Laurent, persécuté et sommé de livrer à ses ennemis les trésors de l’Église qu’il pouvait détenir, s’empressa de répondre : « Mes richesses et mes trésors, ce sont les pauvres ».

Cher frère Diacre, accomplissez, en tout, la volonté de Dieu, de tout votre cœur, avec joie, empressement et amour. Nul ne peut servir deux maîtres à la fois : Dieu et Mâmon. Enraciné dans l’amour et la foi, montrez-vous pur et sans reproche devant Dieu et les hommes. Gardez l’espérance annoncée par l’Évangile. Gardez le dépôt de la foi dans une conscience pure. Vous aurez, de la sorte, servi et édifié le peuple de Dieu. Un jour, vous entendrez : «  C’est bien, serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton Maître  ».

Quant à moi, quant aux chers parents et à toute la chrétienté ici rassemblée, nous sommes en joie, pleins de sentiments, de fierté et de ce que le Seigneur, pour son Église et son peuple, veut réaliser en vous.

Les amis les professeurs du séminaire, les prêtres, les religieux, les religieuses de la Mission de Moungali et d’autres paroisses, les représentants des militants, les Mabundu, des diverses communautés chrétiennes, venues de loin sont présents pour assister, vous témoigner leur amitié, leur sympathie, vous porter et vous recommander à Dieu dans leur prière.

Tous formulent pour vous, des vœux de bonheur, de fructueux apostolat et de sûre ascension vers le sacerdoce.

Toute vocation consacrée dans l’Église est don de Dieu à son Peuple. C’est lui qui appelle, c’est l’homme qui répond. Dans la Bible, nombreuses sont les personnes appelées par Dieu.

Tels Abraham, Moïse, le prophète Elie, les Apôtres, la Vierge elle-même. Tous ont eu peur à cet appel, ils ont craint les difficultés, mais le Seigneur leur a promis d’être avec eux. Ce même Seigneur appelle encore, en 1974, des personnes, des jeunes gens, des jeunes filles à se consacrer à lui, d’une façon spéciale avec leurs qualités et leurs défauts. Et c’est heureux qu’il en soit ainsi, un homme pris parmi les hommes avec toutes ses limites toute sa générosité, pour qu’il aime et comprenne les faiblesses des autres. La joie très légitime que nous éprouvons, aujourd’hui, nous la devon à votre bon cœur, à votre générosité et à celle de vos chers parents, vos frères et vos sœurs qui ont accepté et choisi le Christ.

Le Seigneur aime ceux qui donnent avec un cœur joyeux. Nous savons qu’il rendra 100 pour 100 avec la vie éternelle à ceux qui auront quitté pour lui : maisons, frères, sœurs, pères, mères, enfants ou terre (Mt 19,29).

Chers frères, notre rencontre et notre prière, toute de fraternité, est signe de la présence et de nombreuses bénédictions du Seigneur parmi nous. Il va ainsi de toute âme qui reste fidèle à sa vocation, pour servir Dieu et ses frères. La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux.

Prions le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. Un peu partout existe, maintenant, une commission pour les vocations...

... Oui, chers frères, prions et sachons aussi tendre la main a ces enfants qui, par respect de fidélité à l’appel du Christ, quittent tout pour lui et leurs frères.

Amen !

Extrait de l’homélie de l’ordination diaconale de l’Abbé Marcel MIAYOUKOU,
le 31 mars 1974

 


 
 
 
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