Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

« Si le Cardinal Émile Biayenda avait déjà été béatifié ou canonisé, le crois que ce pays ne sombrerait plus dans ces différentes crises »

Révérende Sœur Claire COUÊT de la Congrégation des Religieuses de Saint Joseph de Cluny

La Révérende Sœur Claire COUÊT est de nationalité française, et membre la congrégation des Religieuses de Saint Joseph de Cluny, elle est arrivée au Congo, le 18 février 1992. C’est après cette période qu’elle parler lu Cardinal Émile Biayenda.
Le lundi 14 août 2006, nous l’avons trouvée en pleine retraite. Mais cela ne l’a pas empêchée de bien vouloir accorder quelques minutes pour répondre à nos questions.

La mémoire Biayenda : Ma sœur, le Cardinal Biayenda est mort avant que vous ne veniez travailler au Congo, nous voudrions savoir si vous l’avez vu de son vivant.

Sœur Claire COUÊT : Non !

La M.B. : Par quel canai alors l’aviez-vous connu ?

Sr C.C. : Je suis arrivée en 1992, et je l’ai connu par le canal des sœurs qui, quelque temps plus tard, commençaient à parler, des circonstances qui ont fait qu’il trouve la mort : J’ai appris, ce jour là e Cardinal avait accompagné nos sœurs chez le président de la République Marier Ngouabi, pour un problème de notre concession et après cette audience régulièrement programmée, quatre jours après cette audience, lui aussi sera assassiné. Donc, Émile Cardinal Biayenda, je l’ai connu dans les conversations, ensuite, j’ai eu l’occasion de lire effectivement ses écrits, ses cahiers journal, je pense que tous ses documents ont été sauvés, après les périodes de folies que le pays a connues.

Après la guerre 1993 1994, j’ai entendu parler de Charlotte Pemba qui avait eu un message du Cardinal Émile Biayenda.

Le Cardinal, après tout cela, je l’ai considéré comme une grande figure de l’Église Congolaise, de l’Église Universelle. Ce qui m’a frappée en lui, c’est le don total de sa vie et en écoutant les différents témoignages sur lui, je me suis dit qu’il étai un homme exceptionnel. Vous savez, le Cardinal Biayenda, depuis son jeune âge, je peux dire depuis le Séminaire en 1958, tout ce qu’il faisait la journée, était mentionné dans un cahier journal. Et, lorsque je les ai parcourus, je me suis dit que ce monsieur était Comme destiné et qu’il savait déjà son avenir.

Ce qui m’a encore frappée en lui, en parcourant ses écrits, c’est sa façon d’écrire. J’ai senti, dans son écriture comme quelqu’un qui avait en lui deux vitesses, un homme qui avait une écriture simple qui donnait l’aspect d’un homme qui avait la paix intérieure, et quelquefois il avait une écriture large, pas trop lisible, une écriture de quelqu’un fatigué, qui avait en lui un grand souci, quelqu’un dépassé par les problèmes des autres, quelqu’un qui portait en lui les souffrances des autres. Voilà comment j’analysais, à ma manière, ces deux différentes écritures. Je sais encore de lui qu’il avait été créé Cardinal avec Mgr Agré et un Indien dont le nom m’échappe.

La M.B. : Alors, ma sœur, en parcourant ses écrits et en écoutant les différents témoignages sur lui, quel type d’homme était donc le Cardinal Biayenda ?

Sr C.C. : En lui, je vois que c’était un homme de Dieu, quelqu’un de très précis, très ordonné, très humble, très charitable, disponible, à l’écoute de ses frères ; un homme plein de tendresse et d’amour, un homme lent à la colère. Je ne sais pas ce que je peux encore dire de plus sur lui, c’était un homme exceptionnel. Il n’y a qu’à lire ses cahiers journal pour s’en rendre compte.

La M.B. : Maintenant que sa Cause est déjà introduite à Rome, ici, sur place, nous observons, malheureusement, un fait, certaines entités veulent faire de celui ci leur propriété privée, oubliant que Émile Cardinal Biayenda est un homme d’Église. Quels conseils pouvez vous leur apporter ?

Sr C.C. : C’est ce que j’ai toujours déploré quand j’entends ce genre de débat. Ayant été notre pasteur et après avoir versé son sang pour les Congolais, cela prouve à juste titre, qu’il appartenait à l’Église du Congo, à l’Église universelle. Nous devons donc implorer le Seigneur pour qu’aboutisse son processus. Donc, si nous disons qu’il appartient à un tel ou ne telle, nous n’avancerons pas la chose, mais au contraire, nous contribuerons au blocage de sa béatification et sa canonisation. C’est vrai, pour répondre à votre question, j’ai eu vent de cette situation, ici même, nous avons été insolencées par ... que Dieu le lui pardonné.

Quel conseil pourrais je donner à ce sujet, que chacun ou chacune prie pour le Cardinal Émile Biayenda et aussi que nous ayons le sens de l’Église et non le contraire. Émile Cardinal Biayenda était un homme de Dieu, nous sommes tenues de l’imiter.

La M.B. : Dans près de 6 mois, nous allons célébrer les 30 ans de sa mort. Si l’on vous demandait de dire un mot à ce propos, quelles suggestions feriez-vous aux autorités ecclésiastiques comme activités à mener ?

Sr C.C. : Je leur suggérerai d’abord un grand pèlerinage à la Montagne où il a subi le martyre ou à l’endroit où il avait rendu l’âme, Vous savez, notre regrettée sœur Thérèse GLAUD, avait un bon témoignage sur le Cardinal. Elle nous disait A l’époque elle vivait à Linzolo (à 25 k m de Brazzaville) - Un jour, avec sœur Maurice, Sœur Angela, une autre Sœur plus jeune et deux petites, elles étaient allées en promenade sur la route du Nord. C’était un mois après la mort du Cardinal. Elles avaient voulu faire la route du nord. Passant au niveau du cimetière d’ITATOLO, la sœur GLAUD a demandé aux Sœurs d’arrêter.

« Arrêtez, s’il vous plaît, je vais voir la tombe du Cardinal » dit elle aux autres, Arrivée à un endroit ses genoux étaient comme collés ; ils s’entrechoquaient « Mon Dieu, s’exclame-t-elle ! ». Puis, tout d’un coup, un jeune homme qui étai comme caché dans l’herbe est sorti. La sœur GLAUD croyait en son for intérieur que c’est le gardien du cimetière. Ce garçon s’est approché d’elle, il l’a regardée et tout gentiment il lui dit : « Ma sœur, vous cherchez le trou où on avait enfoui le Cardinal ? C’est là le trou ! ». En fait, la sœur n’était pas loin du bon endroit. Elle a bien vu l’endroit Ce jeune qui ne la quittait pas des yeux lui a parlé et lui a dit des choses invraisemblables qu’elle n’avait pas entendues jusque là sur la mort du Cardinal ... « Ce garçon, était il réellement un gardien de ce cimetière ou bien, c’est le Cardinal lui même, qui s’était manifesté pour lui montrer là où il avait été enfoui sous terre ? », nous avait elle révélé...

Revenant à votre question, je sais que ce jour là, il y aura une grande célébration eucharistique, j’en suis sûre ; qu’il y aura beaucoup d’invités et même ceux qui viendront d’ailleurs.

En dehors de tout cela, il faut communiquer, qu’il y aie des émissions sur lui, à « Radio Magnificat ». Que cette radio nous communique sa grille de programme parce que nous ne sommes pas tenues de suivre à longueur de journée ces émissions surtout que la majorité sont en langues vernaculaires. A l’occasion donc des 30 ans de sa mort, je suggère qu’il y aie des bandes dessinées et dans la mesure du possible, tourner un film sur le Bon Cardinal Émile Biayenda, enfin, mettre sur CD tous les chants dédiés au Bon Cardinal Émile Biayenda. Dès la rentrée de l’année pastorale, il faut mettre à l’entrée de chaque paroisse une grande banderole annonçant déjà l’événement. Multiplier beaucoup de dépliants qui seront mis à la portée des fidèles chrétiens. Que la fête soit nationale et non diocésaine. Voila ma petite contribution.

La.M.B. : Ma sœur, vous avez l’habitude de parcourir nos colonnes, quelles sont vos impressions à ce sujet ?

Sr C.C. : D’abord, il faut continuer les parutions, je vous encourage davantage. Puis-je vous suggérer quelque chose ?... Eh bien, faites encore un peu plus, c’est-à-dire, mettez votre journal dans les kiosques de la place pour faire connaître de plus en plus le Cardinal à la jeune génération née après 1977, car, dans les kiosques publics vous pourriez avoir en retour, des témoignages des gens qui ne sont pas avec nous, c’est à dire les gens des autres confessions religieuses.

C’est bien ; mon frère, continuez de nous faire revivre et de faire connaître aux jeunes, Émile Biayenda.

La M.B. : Votre dernier mot ma sœur ?

Sr C.C. : Je dis souvent à qui veut m’entendre : «  Si le Cardinal Émile Biayenda avait déjà été béatifié ou canonisé, je crois que ce pays ne sombrerait plus dans ces différentes et répétitives crises. La société est malade, donc nous devons solliciter son intercession pour que Dieu nous aide à la relever. Sa béatification dépend de nous. Que faisons-nous pour montrer aux yeux du Vatican que nous attendons impatiemment leur conclusion ?  »

Propos recueillis par Grégoire YENGO DIATSANA

 


 
 
 
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