Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
Accueil > JOURNAL LA MÉMOIRE > 80 > « En lui seul, le Cardinal Émile Biayenda incarnait plusieurs qualités (...)

LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

« En lui seul, le Cardinal Émile Biayenda incarnait plusieurs qualités humaines »

Par la Communauté des Sœurs Dominicaines

Calme, conciliant (apparemment du moins), lorsqu’à Poto-Poto, circulait le bruit qu’on allait l’assassiner, Sœur Martin était allée à l’Évêché, le voir, pour savoir ce qu’il en était de ces bruits et rumeurs, dont il était conscient, mais il restait paisible à son poste, tout en rédigeant son testament.

En lui seul, le Cardinal Émile Biayenda incarnait plusieurs qualités humaines : bon, simple, accueillant, souriant, humble...Et comme vertus, il avait : la compassion, la grande foi, et l’espérance en Dieu. Optimiste, il avait un esprit évangélique et le souci apostolique de communiquer ses convictions. Il savait s’attaquer au mal, au pêché. Le Cardinal Biayenda s’insurgeait contre les situations injustes comme : le mauvais traitement infligé aux veuves, l’expulsion des orphelins du toit paternel et les pauvres. Il était très aimant et miséricordieux envers tous ceux qui l’approchaient, ou vers qui il allait.

Comme Curé de la paroisse St Jean Marie Vianney de Mouléké en 1964, il aimait rendre visites aux familles à domicile.

Il fut, un moment, Mgr Émile Biayenda nous avait interdit de recevoir des postulantes, des vocations, car, obéissant à la consigne de son prédécesseur, Mgr Théophile MBEMBA, qui voulait que toute vocation aille dans la Congrégation autochtone : les Sœurs Congolaises du Rosaire. Plus tard, succédant à Mgr Théophile Mbemba, il a reconnu cette erreur, il est revenu sur la décision.

Nous attribuons au Cardinal Émile BIAYENDA les grâces de plusieurs vocations.

Comme autres témoignages personnels ou souvenirs édifiants, nous retenons, du Cardinal, son amour pour nos familles. La visite et l’accueil que ma mère avait reçus de sa part, à son évêché, sont inoubliables.

Sa délicatesse pour soigner, réconforté, assister Mgr MBEMBA à ses derniers moments, jusqu’à lui chercher, partout les carottes qu’il désirait manger, avant sa mort, nous a vraiment édifiées.

Communauté des Sœurs Dominicaines
Sous la direction de Sr Martin
10, rue Mbochis Brazzaville

 



 

Jamais Émile Biayenda ne descendait à l’eau tant qu’il y avait des filles

Par Léon LEBANITOU,
30 rue Kinkala Moungali – Brazzaville

Émile BIAYANDA fut mon ami d’école, à la « mission catholique de Kindamba ». Nous sommes rentrés ensemble et nous étions dans la même classe. C’est le 4 août 1940 que nous nous sommes séparés, lorsqu’il devait se rendre à Boundji, pour y continuer ses études.

Mon confrère d’alors était très bien et était différent des internes de la mission. Il participait à toutes les activités : les cours qui se terminaient à 16h 15mn.

Ensuite, nous allions aux travaux champêtres et, après le bain, nous rentrions à la mission. A la rivière, il fallait se bousculer, se battre, pour puiser l’eau et des filles et garçons ensemble. Mais, jamais, Émile ne descendait à l’eau tant qu’il y avait des filles. Il attendait, du haut de la montagne, que la dernière soit montée ; pour descendre, à son tour. En tout cas, il prenait tout son temps.

Émile avait souvent ses bras croisés par derrière, priait à tout moment. Il ne prenait jamais part au jeux bruyants et ne jouait ni au ballon ni au « kongo ». Il ne se disputait avec personne.

Émile BIAYENDA aimait la justice et l’égalité entre nous. Il était compatissant envers ceux qui souffraient. Par exemple, quand c’était son tour de partager la ration, il n’était pas content de s’apercevoir que quelqu’un n’ait pas eu sa part. Il était ferme et exigent envers lui même. En tout cas il aimait prier. Il n’avait jamais parlé de sa vocation. De caractère, il était calme, très obéissant. Il est venu à la mission, en 1937, et en est parti en 1940.

Léon LEBANITOU,
30 rue Kinkala Moungali – Brazzaville

 


 
 
 
Haut de page