Mgr Bienvenu MANAMIKa Archevêque de Brazzaville

lundi 4 mai 2026


L'église Ste Anne


Mgr THÉOPHILE MBÉMBA


Mgr BARTHÉLÉMY BATANTU


L'église St Pierre Claver


Mgr ANATOLE MILANDOU


Mgr BIENVENU MANAMIKA BAFOUAKOUAHOU

LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

Émile Cardinal Biayenda, le Mfumu-Nganga Nzambi (chef des prêtres de Dieu !) (3)

Pour l’excursion à Kinkala, le Cardinal Biayenda, accompagné de son Vicaire Général, M. l’Abbé Louis Badila, est allé lui-même choisir le pullman (autobus) loué à la Direction des transports urbains. Les deux agents, un chauffeur et son assistant, qui s’occupent du véhicule seront fortement impressionnés, à leur retour, par l’amabilité et la simplicité du Cardinal Émile Biayenda. Il s’est occupé, avec jovialité, de ses hôtes évêques et prêtres, en ayant la même attention et la même bienveillance pour les deux agents. Il a même fait le service à table durant le repas pris en plein air, sous les bois de fer de la paroisse Ste Monique de Kinkala.

Sœurs Marie Brigitte Yengo et Marie-Jeanne Ndissa sont reçues en direction individuelle et commune, la veille de leurs vœux. La cérémonie du dimanche 20 février sert aussi de clôture solennelle aux assises de la réunion des Évêques. C’est donc, en leur présence, que le Cardinal Émile Biayenda, Supérieur ecclésiastique de la jeune Congrégation congolaise, reçoit les vœux des deux jeunes religieuses.

Le repas au parc de Zungula est fraternel, l’ambiance sereine, l’avenir plein d’espoir à la manière de l’équipe des Diables-Noirs qui a été battue au Gabon par Vautour-Club Mangoungou, 4 buts à 2. La joie de l’Archevêque de Brazzaville se trouve aussi complétée par les Petites Sœurs des pauvres qui, « A notre Maison », accueillent leurs premiers pensionnaires, le 22 février. Une œuvre du Cardinal Biayenda vient d’entrer dans les archives de l’Église du Congo.

Ce 27 février 1977, le mercredi des Cendres, début du temps liturgique du Carême, rappelle à tous les chrétiens catholiques la fragilité de l’être humain en proie au péché. Cette célébration est aussi un appel à la conversion et au renouvellement de l’engagement chrétien fortifié par l’expérience de l’Exode… A la messe qui a lieu en soirée, le Cardinal Émile Biayenda se fait imposer les cendres avec beaucoup d’humilité. Après quoi, il se fait accompagner par M. l’Abbé Emmanuel Vindou, pour aller voir, au Cinéma Vog le terrible film intitulé « L’exorciste ». Par la suite, il en recommandera la vision aux autres collaborateurs vivant à l’Archevêché, tout en invitant au discernement les plus jeunes, surtout les religieuses.

En dépit de l’existence du groupe charismatique catholique « Évangile, Prière et Vie » (EPV), l’Archidiocèse ne compte qu’un exorciste officiellement désigné par feu Monseigneur Théophile Mbemba, et maintenu par le Cardinal Biayenda. Il s’agit de Monseigneur Auguste Roch Nkounkou, un des doyens des prêtres congolais, Prélat de sa Sainteté le Pape, et curé de la paroisse St Michel de Goma Tsé-Tse ; une personnalité typique, une légende vivante de sagesse spirituelle et de puissance mystique.

Le Cardinal Émile Biayenda, fortement façonné par l’apostolat de la Légion de Marie et la spiritualité de la Fraternité sacerdotale Jésus-Caritas (Charles de Foucauld) ne s’est jamais prévalu d’illustrer des élans exubérants et charismatiques. Pourtant, c’est, grâce à lui, par son écoute et son encouragement que le Père Auguste Durand, le Frère Marie-André Nganga et un bon nombre de laïcs ont pu introduire, lancer et enraciner le Renouveau Charismatique Catholique au Congo.

Le Cardinal Émile Biayenda était là, comme le semeur, qui ne se lasse pas de jeter la graine en terre pour qu’elle pousse en son temps. Charismatique déclaré ? Non ! Cependant, chaque fois qu’on participait à une célébration eucharistique, une ordination diaconale ou presbytérale, une profession religieuse ou une consécration d’église présidée par le Cardinal Émile Biayenda, il se dégageait une si forte intensité spirituelle qu’on ne pouvait douter de la profondeur mystique de ce prêtre. Et les fidèles de s’exclamer souvent : voilà un vrai Mfumu-Nganga Nzambi (chef des prêtres de Dieu !).

Le week-end de la fin du mois de février est très éprouvant pour le bon pasteur de Brazzaville. Trois professes des Religieuses Congolaises du Rosaire sont malades : Élisabeth, Jacqueline et Angèle-Marie. Le Frère Marcel de St Joseph est malade aussi ; le Frère Prosper Mbilampassi, de la même congrégation, que le Cardinal Biayenda vient d’envoyer en formation en Belgique, devra quitter ses vœux de religion pour écart de mœurs. L’Archevêque qui est le Supérieur ecclésiastique de ces deux Œuvres est fort éprouvé.

Le 1er mars se passe en sorties : à Fatima, au chantier de la paroisse naissante ; au Foyer Abraham, pour un entretien avec les deux carmélites. Le lendemain, le Frère Basile Kifoula, de St Joseph, vient lui annoncer que tout son élevage, près de 400 poulets, a péri faute de nourriture suffisante. Une catastrophe pour la jeune congrégation. Le Cardinal Biayenda réconforte et conseille ; il se donne lui-même des motifs d’espérer un avenir plus serein pour le diocèse qu’il conduit. Il s’en va rendre visite aux Petites Sœurs des Pauvres et à leurs premiers pensionnai
res. Après être encore passé au chantier de Ngangouoni, il prend la route pour Mbamou.

2. Les derniers jours du Cardinal Émile Biayenda

Du 4 au 7 mars 1977, il est l’hôte du Petit Séminaire St Paul de Mbamou. M. l’Abbé Anatole Milandou en est le Directeur. C’est à Mbamou que ce 5 mars, Son Éminence le Cardinal Émile Biayenda achève sa quatrième année de cardinalat (5 mars 1973 – 5 mars 1977).

Il entre donc dans la cinquième année de cette promotion, pour sept ans d’épiscopat. Il pleut abondamment, toute la journée. Après une simple messe d’action de grâces, il s’attèle à passer la direction individuelle des séminaristes. Cela lui prend toute la journée. Le lendemain dimanche, il reprendra le même exercice, jusqu’à 19 heures. Il a toujours entretenu cette volonté d’aller jusqu’au bout d’une mission reçue et acceptée. L’anniversaire du cardinalat est passé sous silence. Faire la fête n’a jamais été son fort ; mais c’est toujours avec une profonde reconnaissance qu’il accepte et participe aux fêtes auxquelles il est convié. Sa conférence aux élèves et son entretien avec les ouvriers du Séminaire ont-ils l’allure d’un adieu ? Non ! La direction individuelle l’a fatigué, certes, mais il se sait appelé à accomplir sa mission avec la force de Dieu et non selon sa propre volonté.

A son retour à Brazzaville, il choisit de souper chez son grand frère, M. Martyr Milongo. Pour renouer avec l’actualité de la capitale du Congo, il aura le temps d’écouter le compte-rendu de son Vicaire Général ; mais il est aussi sage de prendre le pouls populaire dans le quartier. Chez son frère aîné, l’Archevêque est à un carrefour : il peut avoir les nouvelles des membres de la famille du village et celles de la vie politique et sociale de la capitale Brazzaville. Le repos du lendemain cède le tour à la visite du chantier de Ngangouoni. La capitale entre dans une ambiance politique de fête : l’Union Révolutionnaire des Femmes du Congo (URFC) célèbre ces 12 et 13 ans d’existence et d’activités politico-sociales.

La fête englobe aussi la célébration de la Journée internationale de la femme. Diverses manifestations ont lieu : défilé populaire, meeting, exposition des œuvres de la femme congolaise, projection de films et match féminin de Football. La sélection des femmes de Loubomo (Dolisie) bat celle des Brazzavilloises par de 2 buts à 0.

Au cours du meeting, dimanche 13 mars, à l’Hôtel de ville, le Commandant Marien Ngouabi remercie la présidente de l’URFC, Mme Joséphine Mountou-Bayonne. Il lance des reproches aux intellectuels congolais « formés grâce à l’effort du peuple », de ne pas comprendre qu’un pays qui veut, avant tout, compter sur ses propres efforts, comme le Congo, n’a pas à attendre continuellement tout de l’assistance étrangère. Ensuite, il dénonce les échecs actuels de la vie socialiste du Congo. Les difficultés présentes ne signifient pas l’échec de cette voie. Elles traduisent tout simplement « notre faiblesse organisationnelle ».

Puis, d’un ton assez sévère, « }évoquant le 3ème Congrès extraordinaire du Parti, le président Marien Ngouabi a indiqué que celui-ci aura bien lieu malgré les campagnes de dénigrement, de discrédit, de calomnie et de médisance orchestrées par les détracteurs du PCT. Coupant court aux rumeurs circulant à propos de l’audience qu’il a récemment accordée à l’ancien président Massamba-Debat, sur sa propre demande, le Commandant Ngouabi a dit avec force qu’il ne sera jamais question, au Congo, que le président du Comité Central du PCT remette le pouvoir à quelqu’un qui est en dehors du PCT…} ».

 




 
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