Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

Les sacrements sont des signes de grâces et de foi que le Seigneur nous a laissés

Chers Confirmands,
Chers parents,
Bien chers frères,


 

L’année dernière, à cause de mon absence du diocèse provoquée par la cérémonie du Consistoire à Rome, c’était le Vicaire Général, à pareille période, qui était avec vous. De ce fait, la rencontre d’aujourd’hui avec vous sera la première depuis mon retour de Rome et notre prière commune au stade Félix Éboué. Je suis heureux de vous saluer donc ce matin en mon nom personnel et en celui de Notre Saint Père, le Pape Paul VI.

Aussi, cela me sera aussi l’occasion de remercier tout particulièrement le cher Père Boeglin, les catéchistes et tous ceux qui partagent avec lui, le souci de l’animation chrétienne de cette paroisse, de féliciter les enfants qui ont été assidus à la préparation du sacrement qu’ils vont recevoir ce matin et les parents qui ont su les présenter à temps à la paroisse.

Mes chers frères,

Les textes liturgiques que nous venons d’entendre nous maintiennent encore dans l’ambiance pascale. Ils sont des preuves qui ont aidé les Apôtres et les premiers chrétiens à fixer définitivement leur foi en Jésus, fils de Dieu, Sauveur et fondateur de cette famille où nous sommes renais par le Baptême. Aujourd’hui encore, la vérité de notre foi au Christ Ressuscité, se mesure à notre foi à l’Église. Ne nous y trompons pas, car malgré les timidités qui se sont toujours révélées au sein de l’Église, comme ces premiers chrétiens dont nous parlent les Actes des Apôtres, malgré ses déchirements intérieurs, ses tâtonnements, c’est Elle qui est porteuse du message de vie pour les hommes. C’est elle, qui est, le Christ l’a dit, le levain qui peut soulever le poids d’inquiétude, d’injustice et de haine qui écrase les hommes. C’est Elle la lumière qui peut révéler le sens de la marche des hommes. L’Église, c’est-à-dire nous autres baptisés, si nous croyons, nous accepterons de quitter l’ombre du Temple pour aller rayonner partout notre foi dans le Christ.

La jeune chrétienté toute entière de l’Église naissante vivant de la foi au triomphe du Christ : elle débordait de joie dans l’attente bienheureuse que le Christ Ressuscité, vivant, reviendrait et qu’en lui tous les hommes ressusciteraient.

C’est cette foi-là, mes frères, qui de tout temps : hier, aujourd’hui et demain, a suscité des âmes généreuses, martyrisées, frappées, mises en prison, privées de leurs droits, crucifiées même, parce qu’elles n’ont pas voulu renier leur foi en Jésus Christ. C’est cela qui a toujours suscité des Missionnaires et des vocations religieuses pour quitter tout et aller aux plus déshérités. C’est cela qui vous porte ou vous fait un devoir de vous engager là où vous êtes, à faire avancer le royaume de Dieu. C’est cela qui émeut tant de personnes même incroyantes mais qui imitent comme d’instinct le Christ dans le don qu’elles font d’elles-mêmes et de leur vie à leurs frères d’humanité.

Celui qui s’est incarné, qui a porté nos douleurs inhérentes à la vie humaine (Isaïe 53, 4) siège maintenant à la droite du Père et lui montre ses plaies en intercession pour nous. Ce Christ glorieux est le Christ actuel, présent dans l’Eucharistie. Il vit dans les âmes qui sont en état de grâce, de son amitié. Il vit aussi dans le pauvre selon l’Évangile, il nous parle, nous enseigne, nous guide en son Église, car c’est son corps mystique dont le baptême nous a rendus membres. (En ce Jésus, nous avons le mouvement et l’être) (Actes des Apôtres 7, 28). « Je suis la résurrection et la vie », dit Jésus à Marthe. Notre résurrection est une participation à la sienne. Notre vie est une mort et une résurrection continuelle par les efforts que nous déployons pour faire le bien et pour nous débarrasser un peu plus chaque jour du péché, et parvenir à cet état déjà existant de ressuscité dans le Christ. Toute notre vie chrétienne se fonde sur cette résurrection, la résurrection de Jésus Christ : « Mon Seigneur et mon Dieu... ».

Oui, mes frères, disait Saint Paul, du moment que « vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d’en haut, car vous êtes morts et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu » (Col. 3, 3).

Aujourd’hui Jésus nous souhaite sa paix. Il nous en indique le moyen : c’est par la réconciliation, le thème même de l’Année Sainte, c’est-à-dire le sacrement du pardon, de la pénitence. C’est aussi par l’envoi en mission, le devoir de faire connaître et propager à tout moment et à tout âge son nom et ses miséricordes envers les hommes, par le don ineffable du Saint Esprit : « Recevez l’Esprit Saint ».

Cet Esprit est efficace. Il est descendu sur les Apôtres le jour de Pentecôte, il travaille, il vivifie, il renouvelle son Église et la face de la terre. Nous l’avons reçu à notre baptême et à toutes les étapes spirituelles importantes de notre vie. Nous lui devons divers charismes qui nous font agir dans l’Église, dans la vie quotidienne pour notre bien et celui de tous. Nous lui devons notre persévérance dans le bien et les engagements chrétiens ou civiques que nous pouvons exercer dans la vie. C’est par lui que nous avons la faculté d’appeler Dieu « Abba », c’est-à-dire Père. Cet Esprit du Christ et de Dieu le Père, nos enfants vont le recevoir ce matin par ce sacrement de confirmation qui, avec le Baptême et l’Eucharistie qu’ils ont déjà reçus, va compléter leur initiation à la vie chrétienne. Clergé et paroissiens de St François d’Assise qui, ici présents, nous sommes témoins des merveilles du Seigneur parmi nos enfants. Tandis que se renouvellent en nous, en chacun de nous, les exigences des dons de Dieu sur nous-mêmes en notre qualité d’adultes de parents chrétiens ou de membres de cette communauté paroissiale.

La cérémonie de ce matin ouvre une série de plusieurs autres que nous aurons à travers le diocèse. Aujourd’hui le sacrement de confirmation sera conféré à une vingtaine d’enfants seulement ; au lieu de la cinquantaine que nous avons régulièrement connue au cours des années antérieures. Ceci est dû au fait que beaucoup de familles ont trop attendu le dernier moment pour présenter et faire inscrire leurs enfants au catéchisme.

N’oublions jamais que les sacrements sont des signes de grâces et de foi que le Seigneur nous a laissés, mais dont l’usage doit être précisément le reflet de cette foi et de la profondeur de nos convictions chrétiennes.

La foi n’est pas un gain acquis une fois pour toute, elle exige efforts et rénovation. (Recyclage, colloques, ...) Tout enfant a besoin de bons exemples que lui donnent ses parents dans leur foyer. De même, le jeune homme qui devient adulte a besoin d’être soutenu par une société où il trouve de bons exemples en paroles et surtout en actes.

Il nous faut une foi d’adulte, une foi agissante, vivante, plus en profondeur, moins superficielle, plus personnelle. Les parents doivent assumer les démarches de leurs enfants.... Amen !

Émile Cardinal Biayenda
Homélie de confirmation à la paroisse Saint François d’Assise du Plateau,
le 21 avril 1974

 


 
 
 
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