Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

Par Marie : c’est aller à Dieu

Il nous faut nous quitter. En nous quittant, en quittant les apôtres le Christ nous a laissé à sa Mère, la Très Sainte Vierge Marie. O Marie, veillez sur nous, veillez sur la famille élue de vos futurs lévites. Ecce mater nostra !

Le sacerdoce est fait pour la gloire de Dieu et le salut des hommes. Il a communié à l’Incarnation. Marie a accepté en disant « Fiat ». Oui, je veux. En Marie, Jésus s’est formé un cœur pour aimer, un sang, lequel il allait répandre pour la rédemption : une nature tout exprès compatissante, douce, innocente, délicate, un tempérament de miséricorde, un cœur d’affection et de passion sainte. C’est ainsi que Marie a formé tout l’être sacerdotal de Jésus.

Prêtres, vous offrirez des sacrifices, vous serez une hostie vivante. Marie a aidé le Christ à s’offrir à son Père le jour de la Présentation. Le vieillard Siméon inspiré dit à Marie que cette offrande est agréée : cet enfant est le Salut d’Israël et des païens ; il sera la lumière des nations.

Marie fut avec Jésus au sacrifice du Calvaire. Là, se réalisa tout d’abord la prophétie de Siméon : « Un glaive de douleur te percera le cœur ». Puis cette autre prophétie du Christ lui-même qui, à Cana lui disait trois ans plutôt « Femme, mon heure n’est pas encore arrivée ». Maintenant cette heure était arrivée : l’heure de corédemption et médiatrice de toutes les grâces divines désormais à distribuer aux hommes. « Sic est voluntas Dei, qui totum nos habere voluit per Mariam ». Pas une bénédiction céleste, pas un don excellent ne descendant du Père des Lumières et mérité pour nous par notre divin Rédempteur, qui ne passe par ses mains maternelles et qu’elle ne communique librement, suivant la parole d’un de ses plus zélés apôtres. Saint Louis Marie Grignon du Montfort : « A qui elle veut, comme elle veut, quand elle veut, suivant la mesure qu’il lui plaît ».

Jusqu’à notre autel la Vierge sera là. C’est la Dame de la vocation ; c’est la Reine du clergé, c’est la Mère du sacerdoce : « Mater sacerdotii ». Elle a coopéré avec la Très Sainte Trinité à nous donner le sacerdoce et c’est encore elle qui donne la grâce de l’exercice saintement : lumière, force, douceur, patience, charité, dévouement, abnégation, esprit de sacrifice, union avec Dieu en Jésus-Christ, secours sans nombre indispensables pour triompher de nos ennemis et de toutes les difficultés, tout nous vient par Marie.

Marie est notre Mère. Agissons avec elle avec confiance et simplicité. « Dis moi qui tu hantes et je te dirai qui tu es ». Hantons, nous autres la Vierge Marie et tel qu’un fruit passant entre des mains parfumées, nous deviendrons aussi comme cela. Efforçons-nous, on s’efforce de réaliser comme une devise de faire toutes choses par Marie, avec elle, en elle et pour elle. J’emprunte cela à un auteur.

Par Marie : c’est aller à Dieu, faire nos prières, nos adorations, nos actions de grâces, l’oblation de tout ce que nous entreprenons et accomplissons, de nos occupations, de nos œuvres, de nos travaux, de nos mortifications, de nos actes même les plus ordinaires, par la médiation de Marie, par ses mains, par son cœur.

Avec Marie : tout avec son aide, son assistance, sa protection, sa bénédiction, son approbation. Le prêtre de Marie ne veut rien sans elle, sans l’avoir consultée, suppliée, sans lui confier tout ce qu’il fera, tout ce qu’il a fait. En conséquence, son cœur débordera de confiance filiale.

En Marie : selon son esprit. Cette disposition suppose une grande connaissance de l’intérieur de Marie par l’étude de ses mystères, de ses titres, de ses vertus.

Pour Marie : c’est lui faire hommage de toutes nos actions, de tous nos mérites, sachant bien qu’elle en disposera pour la plus grande gloire de Dieu et le plus grand bien de nos âmes.

Heureux le prêtre qui a l’habitude d’agir ainsi ; en passant par Marie, il deviendra infailliblement un autre Jésus-Christ : « Sacerdos alter christus ». Saint Augustin appelle quelque part Marie, un moule divin destiné à produire Dieu. Jésus le premier, si l’on peut ainsi dire, a été soumis à l’action, à la forme de ce monde mystique. Il en est sorti l’Homme-Dieu. Quiconque s’y jette devient Dieu suivant l’image et les traits de Jésus.

Chers frères, vous qui cheminez lentement, mais sûrement vers l’autel, vous êtes les préférés de Jésus et de la Vierge Marie. Vous êtes destinés à devenir d’autres Christ, et sachez que nul, mieux que la Sainte Vierge, ne pourra jamais former Jésus en nous. Ainsi dit maintenant, ne faites rien sans la Sainte Vierge. Dans le calme, aimez-la, priez-la, acquérez de bonnes habitudes. Dans les tempêtes, comme le marin au sein des flots, regardez l’étoile, invoquez Marie : Respice stellam, voca Mariam. Dans vos doutes, consultez Marie ; dans vos tentations, prononcez son nom tout puissant. Dans vos faiblesses, vos insuccès, la nostalgie, prosternez-vous devant son image, implorez son secours qu’on n’a jamais demandé en vain. C’est elle qui vous guidera par la main jusqu’à l’autel, qui formera Jésus en vous, qui vous gardera prêtres pieux, saints, zélés à jamais.

Amen !


Salve Regina, mater miséricordieux...
Texte de retraite spirituelle animée par
l’Abbé Émile Biayenda
écrit le Samedi, 27 juin 1964 à 3h00


 
 
 
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