Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

« Émile m’avait appris aussi à avoir une dévotion particulière pour la Vierge Marie »

Un témoignage de François WELLOT-SAMBA,
Chœur « Les amis du grégorien »

Il n’y a pas l’amour, il y a les preuves d’amour.

« Simon Joannis, diligis me plus his ?... pasce oves meas : Simon fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ?... pais mes brebis », Jn 21,15,17.

J’ai connu et côtoyé le cardinal Émile Biayenda, alors que nous étions encore, tous, jeunes séminaristes en formation sacerdotale au petit séminaire Saint Paul de Mbamou en 1948. « Ya Émile », ainsi que nous aimions appeler notre bien-aimé aîné pour sa candeur d’agneau, était l’amour de notre promotion dite expérimentale parce que constituée essentiellement, contrairement à la tradition, d’adolescents de onze à quarte ans.

Du 1er septembre 1948, - date à laquelle, en sa compagnie, sur instructions du Révérend Père Morizur, directeur, alors du petit séminaire, nous remplissions à l’hôpital général de l’ex-A.E.F. de Brazzaville, nos formalités d’entrée, au 30 juin 1952, - terme échu de ses études secondaires, ya Émile était pour nous, par la constance, un conseiller séduisant.

Personnellement, je lui dois tout ce que de positif je peux être.

En effet, de loin, le plus jeune et le plus petit de tous les séminaristes, j’étais aussi le plus taquin, saisissant le ridicule avec justesse qui assommait, porté à la raillerie. Seul « ya Émile » savait contenir mes débordements, mes foucades. Yâ Émile m’avait appris aussi à avoir une dévotion particulière pour la Vierge Marie et la Sainte Famille. En en-tête de ses correspondances, on lisait toujours le sigle « J.M+.J. » coiffé d’une petite croix, pratique séduisante que, du reste, j’ai gardée. Je lui en sais gré.

Il n’est que de mon devoir de continuer à lui obéir même quand, de l’outre-tombe, il peut me donner des instructions, d’agir non par une quelconque impulsion ou admiration grégaires, mais par amour, civilités. Et pour marquer mon attachement pour « ya Émile », mendier la transfusion de sa patience et sa paix, et pourquoi pas, sous la plaque de verre transparent recouvrant ma table de travail, j’ai placé, en face de moi, voici plus de quinze ans, sa carte de photo.

Par délire de l’amour pour le cardinal Émile Biayenda,

Par respect pour son institution à perpétuer, à savoir le chœur « Les amis du grégorien », c’est un legs,

Que la mer couvre ou découvre les plages et les écueils, en tout cas contre vents et marées, intra ou extra muros, l’Antenne de la paroisse Saint Jean Marie Vianney remise aux mains de l’Immaculée Conception, naviguera toujours...

Laudetur Jesus Christus, In aeternum, Amen

Loué soit Jésus-Christ, A jamais.

Amen.


La beauté intérieure

Les Hommes et Femmes
Sont venus du monde entier
Regarder un visage :
Ils n’y ont trouvé aucun charme.

Des peuples nombreux
Vinrent il y a deux mille ans
Regarder naître un grand Roi :
Se fut le fils de Marie et Joseph.

Paradoxe et mystère
Vont toujours ensemble,
Comme se compénètrent
La mission du Maître et Serviteur.

De ce qui est faible
Dieu a bâti une Cité,
En ce qui dépassionnant
Il a enfoui une sagesse.

  Ils ont été attirés
Comme jadis en Galilée
Par la sagesse Kongo
D’une figure sans beauté.

Son regard n’a été
Ni désireux, ni romantique,
Il recouvrait plutôt l’éclat
D’une beauté intérieure.

Le rayonnement de sa vie
Est parvenu à des horizons lointains,
L’humanité est venue contempler
La beauté de son âme.

Ils ont été nombreux
à être sans cesse captiver
Par la parole de ses lèvres,
Mais encore par sa vie.

Émile n’avait ni charme,
Ni élégance, ni éloquence
Qu’une âme toute disposée
Attirant a lui l’humanité.


Gabriel MASSEMBO
Avec le concours de
Sœur Arlette BINDIKA


 
 
 
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