Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
Accueil > JOURNAL LA MÉMOIRE > 56 > « Notre souffrance unie à celle du Christ nous conduit au ciel (...)

LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

« Notre souffrance unie à celle du Christ nous conduit au ciel »

La souffrance humaine

Il est impossible d’expliquer la souffrance, on ne peut la comprendre et semble un mystère auquel nous croyons quand même.

Pour la comprendre, il faut adhérer à Jésus crucifié, non pas d’une manière purement spéculative, mais d’une façon réelle, palpable. Que ce Jésus crucifié se présente à nous tel qu’il l’était sur le calvaire.

La souffrance est un fait ; elle existe. L’humanité, le monde, rien ne peut y échapper ni moralement ni physiquement. Nous ne pouvons aimer la souffrance pour elle-même, mais lui faire accomplir son sens, son but qui nous est donné en adhérant à la croix.

Sens de la souffrance :

1° Elle n’est pas signe de l’abandon de Dieu ; pourquoi ? Jésus-Christ, Fils du Père céleste, en qui il a mis toutes ses complaisances, Marie qui fut sa Mère, pleine de grâces, ont tous deux souffert dans cette pauvre terre d’exil. Cela réconforte quiconque souffrant. C’est un bien, car Dieu l’a voulu et pour son Fils et pour sa mère, pour racheter les âmes. Ainsi doit-elle prendre une place royale dans notre vie. « Le salut est dans la croix, la vie est dans la croix » Imit. Lév. II,2.

2° Serait elle bien parce que châtiment, condition du pardon de nos péchés ? Jésus a souffert pour nous racheter, mais tout n’est pas rien que cela, car, par ses souffrances, il a entraîné tous les hommes à lui. « Et ego si exaltatus fuiro a terra, omnia traham ad mupoum » Jo XII,32.

Notre souffrance unie à celle du Christ nous conduit au ciel. Dieu revient à nous par le moyen de la souffrance. Elle est l’une des expressions de plus belle de notre charité pour le prochain. Par notre action directe, nous ne pouvons pas atteindre toutes les âmes. Un apôtre ardent du salut des âmes serait désespéré s’il ne pouvait universaliser son action : il le peut, de fait, par la souffrance accepter avec le Christ. Et comprendre cela, c’est supprimer, dans sa vie, l’ennui que nous ressentons quand nous souffrons. Sa foi seule peut nous y conduire. Il y en a, cependant, qui blasphèment à cause de la souffrance.

- Réponse : cela est bien dommage, car l’homme abuse de tout, même des choses les plus saintes. Pour nous, profitons-en. Le chemin large conduit à la perdition ; la voie étroite, caillouteuse, escarpée de la souffrance, seule, conduit au ciel.

On raconte que Staline était capable de subir et supporter une flagellation, en fixant ses yeux sur le livre de Karl Max. Comment, nous chrétiens, en fixant le Christ en croix, ne pourrions-nous pas supporter la souffrance pour Dieu et le prochain ?

Effort à faire

Accepter la souffrance, c’est aimer la pénitence et faire pénitence de ses péchés. La meilleure pénitence, pour moi, en ce temps, c’est en me renonçant, en acceptant sans murmure les incidents fortuits et imprévus qu’à chaque moment, Dieu peut m’envoyer.

C’est ne point hésiter devant une mortification à faire pour la gloire du Christ et la conversion des pécheurs.

Oui, il faut souffrir, gêner, faire pénitence, attentif à la consigne, à l’avertissement si charitable de notre Seigneur Jésus-Christ qui a dit :

Je vous le dis : si vous ne faites pas pénitence, vous périrez tous . Luc 13,5.

Émile BIAYENDA
au Grand Séminaire Libermann
6 Mars 1953.

 


 
 
 
Haut de page