Mgr Anatole MILANDOU Archévèque de Brazzaville
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LA MÉMOIRE BIAYENDA


 
 
 
 

La béatification et la canonisation du Cardinal Émile Biayenda, une marche de l’Église du Congo vers le royaume de Dieu

La mort du bon Cardinal Émile Biayenda est une graine qui ne cessera de germer dans la conscience du peuple de Dieu et de tout le peuple Congolais, à cause de la suppression inopinée de sa vie dans le Christ. C’est pourquoi, notre désir de voir aboutir le processus de sa cause de béatification et de canonisation demeure permanent quoiqu’il ne transcende pas la finitude humaine

La date du 22 mars reste et restera absolument une référence inoubliable pour le peuple congolais en général et l’Église catholique en particulier d’autant plus que le martyre de son Prince, j’ai nommé le bon Cardinal Émile Biayenda constitue un affluent de sang qui se jette dans le fleuve du sang du Christ pour sceller une alliance telle que l’Évangile ou le règne de Dieu se pérennise dans le temps et dans l’espace.

Fr. Michèle Roland MAMBA

Dans le souci de poursuivre notre méditation, une question inéluctable et intarissable nous vient à l’esprit, à savoir : Pourquoi Biayenda ne s’est-il pas déplacé de Brazzaville face à la mort qui le guettait ? En réponse à cette question, il y a lieu de souligner qu’hormis son cardinalat, Biayenda avait bien saisi le sens de ses premières années de catéchuménat dont le point culminant, le baptême, nous fait participer au sacrifice du Christ. En d’autres termes, il sied de dire que le chrétien doit être prêt à donner sa vie pour le Christ.

En effet, si Émile Cardinal Biayenda ne sait pas laisser dominer par la peur en étant fidèle à son poste de pasteur de l’Église jusqu’au dernier jour de sa vie, comme l’ont témoigné nos regrettés frères et sœurs, Marie Alphonse Ndoudi, Antoine Létembet-Ambilly, Joseph Kinouani, Maman Maloumbi, c’est parce que les sacrements de baptême, de la confirmation surtout habitat rouge l’avaient réellement transformé selon l’esprit de l’Évangile.

Dans cette optique, il faut noter que la mort de Biayenda et le processus de sa cause de béatification et de canonisation introduit à Rome depuis 2003, ne peuvent souffrir d’aucune entorse tant que l’Évangile sera annoncé… le sacrifice de Cardinal Émile Biayenda est le lieu de l’accomplissement suprême de l’Évangile. De même l’Évangile sert de béquille au caractère purement divin et ecclésiologique que revêt cette mort. Bien plus, l’aboutissement de sa cause de béatification sera pour l’Église du Congo, une chance qui mesurera le degré de sa foi avec liesse et focaliser sa marche vers le royaume des cieux. En fait avoir un modèle de foi dans la dimension universelle traduit ipso facto la maturité de l’Église locale.

En fin de compte, comme le dit souvent Son Excellence Mgr Yves Marie Monot : « l’Église du Congo doit implorer avec insistance la miséricorde de Dieu pour que Biayenda soit d’abord élevé au rang des bienheureux et plus tard à celui des saints ». Cette élévation ne sera non pas un sentiment de triomphalisme, mais simplement un couronnement de la marche vers la terre promise, le royaume des cieux d’un humble serviteur de Dieu.

Seule l’unité vraie fera de l’Église et du Congo un peuple saint enraciné dans les projets bienveillants de Dieu.

 


 
 
 
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